Le variant anglais est 64% plus mortel, selon une étude

Plusieurs études ont démontré que les vaccins restaient efficaces contre le variant britannique.
Photo: Ben Stansall Archives Agence France-Presse Plusieurs études ont démontré que les vaccins restaient efficaces contre le variant britannique.

Le variant britannique du coronavirus est non seulement plus contagieux, il est aussi 64 % plus mortel que le coronavirus classique, selon une nouvelle étude confirmant les premières observations faites fin janvier.

Sur 1000 cas de contamination détectés, le variant d’abord apparu au Royaume-Uni fin 2020 entraîne 4,1 morts, comparativement à 2,5 pour le SRAS-CoV-2, concluent les auteurs de ces travaux publiés mercredi dans la revue scientifique British Medical Journal (BMJ).

« Il y a une haute probabilité que le risque de mortalité soit augmenté par une infection » au variant appelé VOC 202012/01 ou B.1.1.7, écrivent ces chercheurs des universités anglaises d’Exeter et de Bristol.

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C’est le nombre de morts, sur 1000 cas de contamination détectés, causées par le variant d’abord apparu au Royaume-Uni fin 2020, comparativement à 2,5 pour le SRAS-CoV-2, concluent des travaux publiés mercredi dans le British Medical Journal.

Fin janvier, le NERVTAG, le groupe qui conseille le gouvernement britannique sur les virus respiratoires, avait indiqué qu’il y avait une « possibilité réaliste » que l’infection par ce variant soit associée à un risque plus élevé de mortalité.

Ce groupe estimait que la létalité du variant (risque de décès parmi les personnes infectées) pouvait être de 30 à 40 % supérieure, en s’appuyant sur quelques études, dont celle qui a été publiée par le BMJ dans sa forme définitive.

Méthodologie

Ses auteurs se sont basés sur les données de 110 000 personnes déclarées positives à l’extérieur d’un centre hospitalier entre octobre et janvier, qu’ils ont suivies durant 28 jours.

La moitié d’entre elles avait été infectées par le coronavirus classique, les autres par le variant britannique.

Les chercheurs ont ensuite comparé la mortalité dans l’un et l’autre des deux groupes (141 décès contre 227), en prenant en compte des facteurs comme l’âge, le sexe ou l’origine ethnique. Conclusion : le variant sous la loupe était 64 % plus mortel.

Cela étant, le fait que les participants aient été testés en dehors d’un hôpital peut être un biais, puisque cela tend à sélectionner des cas à plus faible risque. Mais si ces conclusions peuvent être généralisées à l’ensemble de la population, le variant britannique « a le potentiel de provoquer une mortalité supplémentaire conséquente » par rapport au virus classique, jugent les chercheurs.

Vaccins efficaces

Pour Simon Clarke, un scientifique de l’Université de Reading qui n’a pas participé à l’étude, mais cité par l’organisme britannique Science Media Centre, « cela rend encore plus important le fait que les gens se fassent vacciner ».

Plusieurs études ont justement démontré que les vaccins restaient efficaces contre le variant britannique.

En revanche, d’autres variants, comme ceux d’abord détectés en Afrique du Sud ou au Brésil, pourraient poser davantage de problèmes. En outre, la perspective de l’émergence de nouveaux variants résistants aux vaccins inquiète les scientifiques.

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