Dubé se dit «très sensible» à la vaccination chez les allophones

Le ministre de la Santé, Christian Dubé
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre de la Santé, Christian Dubé

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, veut s’assurer que les allophones ne restent pas dans l’angle mort de la campagne de vaccination contre la COVID-19 sans aller jusqu’à promettre davantage de ressources pour les organismes communautaires. Plusieurs groupes craignent que de nombreux aînés qui ne parlent ni anglais ni français soient laissés de côté parce que le gouvernement québécois a de la difficulté à les joindre, comme le rapportait Le Devoir mardi.

« Si les variants entrent dans ces quartiers-là, ça va faire des ravages », a dénoncé le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, lors de la période des questions en faisant allusion aux quartiers multiculturels de Montréal.

« Nous sommes très, très, très sensibles à cette question-là », a affirmé M. Dubé. Il a ajouté que le gouvernement est déjà en discussion avec certains organismes communautaires et qu’il offre son aide toutes les semaines à la directrice de santé publique pour la région de Montréal, Mylène Drouin.

« Il se fait un traçage supplémentaire dans certaines communautés pour s’assurer que notamment dans le cas des variants, nous suivons cela de très près », a-t-il indiqué.

Le ministre compte également sur les pharmacies de quartier pour vacciner les allophones. « Les pharmaciens connaissent très bien leur clientèle dans chacune des régions et dans chacune des communautés et c’est pour ça que nous avons accéléré le processus », a-t-il expliqué en faisant référence à l’entente signée récemment avec eux.

La co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, lui a rappelé qu’elle avait soulevé la question avec le premier ministre François Legault dès sa première rencontre avec lui au début de la pandémie. « Il y a des gens qui ne comprennent pas les consignes, donc ils se mettent en danger, ils nous mettent en danger, a-t-elle dit. Et c’est encore plus vrai avec la question des vaccins. Les gens sur le terrain nous disent “il faut aller à leur rencontre de porte en porte”. Ils ont besoin de ressources. »

« On fait un effort, a répondu M. Dubé. Peut-être que ce n’est pas suffisant pour la chef du deuxième groupe d’opposition, mais nous allons le faire. Nous allons continuer et nous allons parler justement à nos p.-d.g. pour nous assurer qu’ils font ces communications-là avec les groupes spécifiques. On va le faire. »

Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a traduit certains de ses feuillets d’information en 21 langues — de l’arabe au yiddish — et continuera de le faire tout au long de la campagne de vaccination. C’est le cas notamment du feuillet pour le consentement éclairé à la vaccination que les gens reçoivent au moment de leur injection. Certains organismes communautaires ont toutefois souligné qu’un certain nombre d’allophones sont également analphabètes et qu’il serait préférable que des compatriotes entrent en contact avec eux pour les convaincre de se faire vacciner.