Vers du parascolaire et un déconfinement progressif du sport au Québec

Pas question de permettre le hockey de sitôt, étant donné que la virulence du variant britannique du coronavirus risque encore de réduire à néant les efforts des Québécois pour aplanir la courbe de contagion.
Photo: iStock Pas question de permettre le hockey de sitôt, étant donné que la virulence du variant britannique du coronavirus risque encore de réduire à néant les efforts des Québécois pour aplanir la courbe de contagion.

Par souci d’améliorer la santé mentale des jeunes, les activités parascolaires pourront reprendre dès le 15 mars dans les écoles de tout le Québec, selon un plan qui sera dévoilé la semaine prochaine, mais dont on sait déjà qu’il exclura le hockey, a laissé filtrer le premier ministre François Legault, mercredi.

« Le sport, c’est important, il n’y a rien de mieux pour faire baisser le stress », a déclaré d’entrée de jeu le premier ministre lors de sa mise à jour quotidienne, en fin d’après-midi mercredi.

Il a toutefois rapidement tempéré : « On va tous convenir qu’il y a au moins certains sports où les rapprochements peuvent apporter une contagion. » Pas question de permettre le hockey de sitôt, par exemple, étant donné que la virulence du variant britannique du coronavirus risque encore de réduire à néant les efforts des Québécois pour aplanir la courbe de contagion. Les détails des activités parascolaires permises, sportives ou non, seront annoncés la semaine prochaine.

Déconfinement du sport en vue

Le gouvernement promet aussi tout un plan de déconfinement progressif dans le secteur du sport, après discussions avec les fédérations sportives de la province. Le sport, explique M. Legault, « est tellement important pour la santé mentale de tous les Québécois, mais en particulier chez les jeunes. »

« Ce n’est pas un relâchement, a tenu à préciser le directeur national de santé publique du Québec, Horacio Arruda. C’est toute une série de mesures qu’on va faire, et avec ça, on est capable d’assouplir, on est capable aussi de répondre à la détresse de santé mentale des gens, en ajoutant des activités qui vont être à moindres risques pour la transmission de la maladie. »

Cela est une excellente nouvelle pour les jeunes amateurs de sport et leurs fédérations sportives, explique Félix A. Lapointe, entraîneur-chef de l’équipe du Québec d’athlétisme. Il s’attend toutefois à ce que la pratique des sports soit adaptée pour minimiser les risques de transmission du virus.

« Fort probablement que ça va être limité aux activités d’entraînement où on respecte les 2 mètres. Mais il ne faut pas penser qu’à partir du 15 mars, les matchs de soccer ou de basket réguliers reprendront », avertit-il, tout en soulignant que les organisateurs sportifs ont déjà préparé divers plans de relance selon des scénarios de ce qui sera, ou non, permis. « Ça va faire un bien énorme aux jeunes que de pouvoir bouger à nouveau, faire du sport. »

« Un pari risqué »

Son enthousiasme tranche avec celui des experts en santé publique joints par Le Devoir, qui sont plutôt d’avis que le gouvernement québécois aurait pu être plus prudent, surtout étant donné la hausse du nombre de cas d’infection aux variants détectés.

« Le 15 mars, on est encore l’hiver, et les activités parascolaires vont être encore à l’intérieur. Il y a une possibilité qu’il y ait une éclosion, critique le Dr Hugues Loemba, virologue et professeur agrégé de médecine à l’Université d’Ottawa. [Permettre le parascolaire] peut être envisageable fin avril, puisque les jeunes iront dehors, et là il y a moins de risques. Pour moi, l’annonce peut créer une confusion avec le message principal, celui du danger des variants. »

« Pour le parascolaire, le pari est également risqué puisque le variant anglais est aussi contagieux chez les enfants que chez les adultes », indique par courriel Roxane Borgès Da Silva, professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal.

Pour sa part, la députée du Parti québécois et porte-parole en matière de sports Méganne Perry Mélançon a qualifié l’annonce d’une « première petite victoire pour les jeunes », tout en critiquant l’arrivée tardive de la mesure, sans échéancier clair.

À voir en vidéo