Les variants ont fait leur chemin dans les écoles, confirme le Dr Arruda

Les variants du SRAS-CoV-2 — le virus qui cause la COVID-19 — se sont bel et bien frayé un chemin vers des écoles du Québec, et particulièrement dans la région métropolitaine, a confirmé mardi le directeur national de santé publique, Horacio Arruda.

À ce jour, Québec est parvenu à « séquencer » 137 cas, qui sont « majoritairement de souche britannique » et concentrés autour de Montréal, a-t-il précisé lors d’un point de presse visant à annoncer la participation des pharmaciens à l’effort de vaccination. 1095 cas « criblés » sont considérés comme suspects, a-t-il aussi souligné.

Selon les données de l’Institut national de santé publique, la grande majorité des cas de variants (94) sont de souche britannique et 84 de ceux-ci ont été repérés à Montréal. De 2, le nombre de variants de l’Afrique du Sud en Abitibi-Témiscamingue est passé à 40 en un peu moins d’un mois.

« En ce moment, on a l’impression que ça va bien, mais en réalité, il y a deux courbes et c’est trompeur », a averti le ministre de la Santé, Christian Dubé. « On a la courbe de la souche qu’on appelle la souche ancienne, qui continue de descendre, on le voit tous les jours. Mais en dessous, on a la courbe du variant britannique qui monte. »

La prolifération des cas de variants est à la hausse à l’échelle du pays. De 964 vendredi, le nombre de cas associés au variant britannique est passé à 1257 mardi, tandis que les cas reliés au variant sud-africain sont passés de 44 à 99 au cours de la même période. Trois cas de « variant brésilien » ont été recensés au Canada, en hausse par rapport aux deux détectés vendredi.

« On est actuellement sur une mer calme, sur un plateau, [il n’y a] pas trop de vagues, mais en dessous, il y a des requins, puis ces requins-là, ce sont les variants », a dit le Dr Arruda, à la veille d’une annonce gouvernementale au sujet des mesures qui seront maintenues après la semaine de relâche.

Dans les écoles, « que ce soit un variant ou pas, on considère que c’est un variant », a résumé le Dr Arruda. Il a ajouté que les inquiétudes entourant les variants avaient notamment motivé la décision de rendre le port du masque médical obligatoire au primaire au retour de la relâche.

Devant les médias, le ministre Dubé a annoncé que des Montréalais pourront se faire vacciner dans 350 pharmacies de la métropole à partir de la semaine du 15 mars. La pratique devrait ensuite être étendue sur le territoire québécois. Les pharmaciens administreront le vaccin de Moderna, plus simple à entreposer que celui de Pfizer.

On est actuellement sur une mer calme, sur un plateau, [il n’y a] pas trop de vagues, mais en dessous, il y a des requins, puis ces requins-là, ce sont les variants.

Christian Dubé a aussi confirmé que la Santé publique étudie des scénarios de transport de personnes et de vaccination à domicile, qui doivent servir à faciliter l’immunisation des personnes qui peuvent difficilement se déplacer.

À Ottawa, le gouvernement Trudeau a dit attendre 945 000 doses cette semaine : 444 600 doses du vaccin de Pfizer/BioNTech et 500 000 du CoviShield, fabriqué en Inde avec la recette d’AstraZeneca.

De nouvelles livraisons bimensuelles de Moderna, totalisant 1,3 million de doses d’ici deux semaines, ont aussi été confirmées. De quoi venir compléter, comme prévu, la commande attendue de 6,5 millions de doses pour le premier trimestre de 2021.

Des avis divergents

L’avis divergent de la santé publique fédérale et de son Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) sur l’utilisation des vaccins d’AstraZeneca a cependant semé la confusion à Ottawa. Santé Canada a approuvé deux versions de ce vaccin vendredi et les a recommandées pour tous les adultes de 18 ans et plus. Or, le CCNI a donné un avis contraire lundi en ne recommandant pas ces mêmes vaccins aux plus de 65 ans.

Le CCNI estime que les données tirées d’essais cliniques à ce jour sont insuffisantes pour mesurer l’efficacité du vaccin sur les personnes plus âgées. La santé publique rétorque que les données probantes tirées de la vaccination avec le vaccin d’AstraZeneca dans divers pays — notamment en France et au Royaume-Uni — ont permis de démontrer son efficacité. L’administratrice en chef de la santé publique du Canada, Theresa Tam, a d’ailleurs prédit que le CCNI mettra ses recommandations à jour au fur et à mesure que ces données probantes s’accumulent.

Interrogé sur ce vaccin, le Dr Horacio Arruda a déclaré qu’il suivrait l’avis du Comité d’immunisation du Québec, attendu « dans les prochains jours, pour ne pas dire [dans les prochaines] heures ». Mais il a laissé entendre que le vaccin ne serait pas laissé de côté, puisque la COVID-19 continue d’être une menace importante.

« Dans le contexte de pénurie de vaccins, l’arrivée de ce vaccin-là — qui est plus facile aussi à déplacer [puisqu’il se conserve dans un simple réfrigérateur] — va nous permettre d’augmenter la quantité de personnes protégées au Québec avant d’avoir une troisième vague ou de voir la montée des variants. Donc, nous, on reçoit ça très positivement », a-t-il affirmé.

Les provinces devront d’ailleurs administrer rapidement 300 000 des 500 000 doses du CoviShield attendues cette semaine, car celles-ci auront une date d’expiration plus rapprochée que d’habitude, soit le 2 avril (30 jours après leur livraison, plutôt que les 60 jours habituels).

Le responsable de la campagne de vaccination au Québec, Daniel Paré, ne s’en est pas formalisé. « Je vous garantis qu’il va être administré, et il va être administré avant la date de péremption », a-t-il assuré.

La ministre fédérale de l’Approvisionnement, Anita Anand, s’est défendue d’avoir acheté une cargaison de vaccins trop près de leur date de péremption. « Nous répondons à un souhait [exprimé par les provinces] d’obtenir des quantités accrues de vaccins », a-t-elle fait valoir.

Près de 2,9 % de la population canadienne a maintenant reçu au moins une dose d’un vaccin contre la COVID-19.

 

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