Coup d’envoi de la vaccination de masse contre la COVID-19 à Montréal

Martin Dubreuil est arrivé avec son père Marcel dès 9h30. Deux heures plus tard, ce dernier attendait toujours son tour
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Martin Dubreuil est arrivé avec son père Marcel dès 9h30. Deux heures plus tard, ce dernier attendait toujours son tour

La campagne de vaccination de masse contre la COVID-19 a débuté sur les chapeaux de roues lundi à Montréal. Mais bien des aînés ont dû s’armer de patience devant de longues files d’attente, notamment au Stade olympique.

« J’étais excitée comme une puce ce matin au réveil. Peut-être trop, car je suis arrivée trop d’avance, ce qui est déconseillé pour éviter les rassemblements », lance Janette Bertrand en entrevue, un sourire dans la voix.

La dame de 96 ans avait rendez-vous à 10 h 10 au Stade olympique lundi pour recevoir le fameux vaccin. « Si on oublie le fait que j’ai dû attendre parce que je suis arrivée tôt, c’était tout de même rapide, et je n’ai ressenti aucune douleur, indique-t-elle. Quand on est sorti avec mon conjoint, il semblait y avoir beaucoup plus de monde par contre. »

De son côté, Martin Dubreuil s’est présenté avec son père, Marcel, dès 9 h 30. Lors du passage du Devoir, deux heures plus tard, ce dernier attendait toujours son tour. « La patience fait partie du patient », philosophait-il à la blague, préférant voir le bon côté des choses.

Ailleurs dans la file, où la distanciation de deux mètres n’était pas toujours respectée, d’autres tapaient cependant davantage du pied. « L’information, on ne la sait pas, ce n’est pas indiqué », s’impatientait Francine Forest, venue avec sa mère, Rita.

À ses côtés, sa mère laissait toutefois deviner un sourire sous son masque. Et sa fille se disait somme toute contente, malgré ces inconvénients. « C’est sûr qu’on a hâte d’avoir le vaccin. On l’attend depuis tellement longtemps. Au moins, là, ça avance. »

Anicroches

Ceux qui n’en pouvaient plus d’attendre au Stade olympique ont été invités à prendre un second rendez-vous dans un autre centre de vaccination. Jusqu’à 3000 personnes peuvent se faire vacciner par jour au Stade olympique. « Ça demande un peu de patience », a concédé un des responsables de l’opération de vaccination, Pedro Mukuwa, dont l’équipe s’est affairée pendant une partie de la journée à distribuer des chaises à ceux qui en réclamaient.

Outre quelques anicroches liées au système informatique, c’est surtout l’âge avancé et la surdité de certains patients au moment de l’inscription pour une seconde dose qui ont mené à ces files d’attente, explique Caroline St-Denis, directrice de la campagne de vaccination du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal. « L’étape où ça bloquait, c’est l’inscription. […] C’est [dû au] type de clientèle. Vous et moi, probablement que, lorsque ce sera notre tour de nous faire vacciner, nous n’aurons pas les mêmes problèmes à cette étape-là. »

L’endroit a surtout accueilli lundi des gens de 85 ans et plus, puisqu’ils ont été les premiers à pouvoir réserver leur place. Or, les Montréalais et les Lavallois de 70 ans peuvent d’ores et déjà prendre rendez-vous pour se faire vacciner. Le vaccin est déjà offert depuis vendredi aux 80 ans et plus.

Recevoir cette première dose du vaccin représente pour Janette Bertrand « l’espoir d’en terminer bientôt avec le virus ». Mais surtout l’espoir de pouvoir enfin retrouver ses proches, sans masque et sans distanciation sociale. « J’ai eu un down la semaine dernière. Je suis tannée d’être confinée, de ne pas voir mes enfants, mes petits-enfants et mes arrière-petits-enfants. J’ai hâte de retrouver une vie normale. J’en ai marre des Zoom, ce n’est pas pareil. »

Il lui faudra attendre encore un peu toutefois, le rendez-vous pour sa deuxième dose du vaccin n’étant prévu que le 21 mai prochain. « Je compte déjà les jours ! » lance-t-elle en riant.

Vaccination fluide

Pendant ce temps, au Palais des congrès, où près de 2000 inoculations par jour sont prévues, la vaccination s’est déroulée sans pépin. À la mi-journée lundi, les patients pouvaient même se faire vacciner avec quelques minutes d’avance. « On se sent débarrassé. C’est une bibitte de moins dans la tête », s’est réjoui Gilles Bengle, qui est passé avec une trentaine de minutes d’avance sur son rendez-vous.

Dans le nord de la métropole également, la vaccination allait bon train au moment où ces lignes étaient écrites. Les responsables ont demandé aux gens de ne pas se présenter à l’avance à leur rendez-vous pour assurer le respect des consignes sanitaires.

Une quinzaine de sites de vaccination sont ouverts à Montréal. Le vaccin contre la COVID-19 est gratuit pour le public.

Les personnes admissibles doivent prendre rendez-vous sur le site Internet ou, si elles n’ont pas accès à Internet, en composant le 1 877 644-4545. Aucun vaccin ne se donne sans rendez-vous.

Avec La Presse canadienne

Huitième semaine de couvre-feu

Censé être une mesure d’exception, le couvre-feu sera appliqué au Québec pour une huitième semaine d’affilée.

Cette mesure est toutefois toujours ignorée par un noyau de citoyens : les policiers ont remis plus de 1000 constats d’infraction pour non-respect du couvre-feu la semaine dernière. En fait, depuis près de deux mois, le nombre de contraventions se maintient à environ 1000 par semaine.

Plus précisément, entre les 22 et 28 février, les corps de police du Québec ont distribué 1084 constats d’infraction, selon le ministère de la Sécurité publique. Entre les 15 et 21 février, les policiers avaient remis au total 1081 constats d’infraction à ceux qui ne respectaient pas le couvre-feu.

Durant la dernière semaine de février, la Sûreté du Québec (SQ) a dressé 307 constats d’infraction pour non-respect du couvre-feu, dont 14 sur le réseau autoroutier de la grande région de Montréal. Pour la même période, le Service de police de la Ville de Montréal rapporte avoir donné 332 contraventions, une augmentation par rapport à la semaine précédente. Le Service de police de la Ville de Québec a, quant à lui, remis 40 contraventions, ce qui représente également une augmentation, de 26.

Le couvre-feu — qui vise à empêcher les rassemblements — est en vigueur de 20 h à 5 h dans les zones rouges, et de 21 h 30 à 5 h dans les zones orange. Le Québec est la seule province au Canada qui impose un couvre-feu à sa population.

La Presse canadienne


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