Les vaccins empêchent-ils la transmission de la COVID-19?

Jusqu’à présent, les taux d’efficacité se rapportaient à l’efficacité des vaccins pour empêcher l’apparition de symptômes.
Photo: Andrew Vaughan Archives La Presse canadienne Jusqu’à présent, les taux d’efficacité se rapportaient à l’efficacité des vaccins pour empêcher l’apparition de symptômes.

Alors que la vaccination continue son petit bonhomme de chemin, des analyses statistiques indiquent que les vaccins aident non seulement à prévenir les symptômes de la COVID-19, mais aussi à bloquer la transmission.

Jusqu’à présent, les taux d’efficacité cités par les compagnies pharmaceutiques et rapportés dans les premières publications scientifiques — 92 % pour le vaccin de Moderna, 95 % pour le vaccin de Pfizer-BioNTech — se rapportaient uniquement à l’efficacité des vaccins pour empêcher l’apparition de symptômes de la COVID-19. Ce choix découle de considérations pratiques : dans un essai clinique, il est beaucoup plus facile de surveiller l’apparition de symptômes que de faire passer chaque semaine des tests de dépistage aux milliers de participants. En conséquence, on ne savait pas si les personnes vaccinées pouvaient contracter la maladie de façon asymptomatique et la transmettre à autrui.

Pour savoir si les vaccins, en plus d’empêcher les hospitalisations et les décès, empêchent aussi la transmission, des études plus fines devaient suivre les essais cliniques initiaux. « Ces études sont parmi les plus difficiles à réaliser », disait récemment Marc Lipsitch, un épidémiologiste de l’Université Harvard, en entrevue à la revue Nature. Heureusement, plusieurs analyses à cet effet doivent aboutir dans les prochaines semaines, et de premiers résultats paraissent progressivement.

Par exemple, les auteurs d’un article paru jeudi dernier dans The Lancet ont étudié une cohorte de quelque 9000 employés du plus grand hôpital israélien, le centre médical Sheba. Il s’est avéré que le vaccin de Pfizer-BioNTech n’empêche pas seulement l’apparition des symptômes (efficacité de 85 %), mais bloque aussi les infections asymptomatiques (efficacité globale de 75 %). Certes encourageante, l’étude ne répond pas définitivement à la question, car tous les travailleurs n’ont pas subi un dépistage systématique de la COVID-19 dans les semaines suivant leur vaccination.

Une autre étude, celle-là concernant le vaccin d’AstraZeneca, faisait également état d’une diminution des résultats positifs à un test de COVID-19 chez des participants britanniques vaccinés et dépistés aléatoirement, sans égard à la présence de symptômes. Les auteurs ont constaté une réduction de la prévalence de l’ordre de 50 à 67 %, en fonction du calendrier de vaccination. « Ces données indiquent [que le vaccin] peut avoir un effet substantiel sur la transmission en réduisant le nombre de personnes infectées dans la population », écrivent-ils.



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