12e Congrès international d'immunologie - Maladies infectieuses et bioterrorisme: le vaccin reste le maillon faible

Les vaccins ont toujours été considérés comme de simples médicaments.
Photo: Agence Reuters Les vaccins ont toujours été considérés comme de simples médicaments.

Depuis une dizaine d'années, fouetté par le 11 septembre 2001, le SRAS et les alertes à l'anthrax, le Québec a mis en place un mécanisme de surveillance et d'action pour gérer les maladies infectieuses d'origine naturelle ou criminelle, mécanisme qui fait l'envie de plusieurs pays. Le hic, c'est que le vaccin, clef de voûte de ce système, est aussi son maillon le plus faible, a déploré hier le responsable des maladies infectieuses à la Direction de la santé publique de Montréal-Centre, le Dr John Carsley.

Le Canada est confronté depuis quelques années au désintérêt croissant des manufacturiers pour les vaccins, qui préfèrent se tourner vers le marché des molécules, beaucoup plus lucratif. «Au Québec, nous avons encore la capacité de générer des vaccins, explique le Dr Carsley. Malheureusement, le fait qu'il y ait de moins en moins de manufacturiers intéressés à développer des vaccins nous préoccupe énormément à la Direction de la santé publique puisque les vaccins sont notre arme principale pour combattre les maladies infectieuses.»

L'inquiétude est d'autant plus vive qu'elle est généralement partagée par le gouvernement et le secteur privé, croit le Dr Carsley, qui précise que, jusqu'à récemment du moins, les vaccins ont toujours été considérés comme de simples médicaments. «C'est un marché libre et les gens sont libres d'en faire ou non. L'État doit-il intervenir? C'est un sujet délicat, ce qui n'empêche pas qu'on serait plus heureux s'il y avait davantage de manufacturiers parce que cela nous permettrait d'éviter des pénuries comme celles vécues par les États-Unis récemment.»

Les CLSC appelés à intervenir

La Direction de la santé publique désire également mobiliser les intervenants du réseau des CLSC, confinés pour le moment au soutien psychosocial des sinistrés. «Cet automne, on va travailler avec les CLSC afin de mettre sur pied leur propre plan de mobilisation en soins de première ligne et redéterminer leur rôle, annonce le Dr Carsley. Ils s'occupaient déjà très bien du soutien psychosocial, maintenant il faut organiser la partie "santé physique", notamment pour les infections.»

Même si le US Center for Disease Control and Prevention a énuméré une trentaine d'agents biologiques qui peuvent poser une sérieuse menace terroriste, le Dr Carsley croit que Montréal a bien peu à craindre du bioterrorisme mais beaucoup de l'influenza. «Notre préoccupation numéro un à nous, c'est l'influenza. On sait qu'inévitablement il y aura une pandémie; on ignore son étendue, mais il faut se préparer pour le pire.»

Dans un cas comme dans l'autre toutefois, la préparation et l'intervention restent sensiblement les mêmes. Il faut être en mesure de mobiliser tous les intervenants de la santé mais aussi ceux de la sécurité publique. À cet égard, le Québec a montré par trois fois déjà qu'il avait les moyens d'entamer rapidement une vaccination de masse, ce qui augure bien, croit la Direction de la santé publique. «Évidemment, on ne peut jamais dire qu'on est prêt pour la "vraie affaire", mais ce que je sais, c'est que, depuis six à sept ans à Montréal, on est beaucoup mieux préparé, notamment grâce à l'étroite collaboration que nous entretenons avec la Ville et le Service de police», note John Carsley.

Autre défi en perspective, la communication entre le laboratoire principal canadien, basé à Winnipeg, et les autres laboratoires provinciaux, une communication qui gagnerait à faire l'objet d'un réseau complètement intégré. La mise sur pied du Réseau canadien pour l'élaboration de vaccins et d'immunothérapies (CANVAC), parce qu'il crée des ponts entre les communautés de pratique, est toutefois un geste qui va dans la bonne direction, estime le Dr Carsley.
1 commentaire
  • michel nicodeme/quenon - Inscrit 22 juillet 2004 18 h 33

    Sujet banal

    Je trouve scandaleux que l'on puisse fournir et dilapider d'énormes sommes pour des sujets banals alors que l'on pourrait utilisé ceux-ci a des fins médicales. La vie et la santé de nos jours, n'a pas de prix. Je suis pour la santé et le bien être de tout le monde. Particulierement pour notre héritage à savoir nos enfants.

    merci a tous de prendre en considération mon courrier.
    michel nicodeme/quenon.