Les vaccins contre la COVID-19 sont efficaces à 80% après la première dose, constate l’INSPQ

Photo: Nathan Denette Archives La Presse canadienne

Les vaccins contre la COVID-19 sont suffisamment efficaces au Québec pour maintenir la stratégie de reporter l’inoculation de la deuxième dose, selon l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). Les personnes vaccinées sont protégées à 80 % et cette immunité se maintient au fil des semaines pour l’instant.

« Pour le moment, selon ce qu’on peut voir dans les données au Québec, il n’y a pas de grande urgence à donner la deuxième dose parce que cette première dose-là protège bien », a expliqué le médecin épidémiologiste de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), Gaston De Serres, lors d’un breffage technique. « Les données scientifiques sont très rassurantes », a-t-il ajouté.

Il est encore trop tôt pour déterminer à quel moment cette efficacité commencerait à diminuer. « Mais de façon rassurante on n’a pas de signal de perte d’efficacité avec le temps, a souligné le président du Comité sur l’immunisation du Québec, Nicholas Brousseau. À l’heure actuelle, les données disponibles ne permettent pas de déterminer le degré exact de protection supplémentaire qui serait relié à la deuxième dose. »

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Par ailleurs, les chercheurs ont remarqué que les personnes âgées mettaient 21 jours à développer une immunité contre la COVID-19, contrairement aux personnes plus jeunes pour qui le délai est de 14 jours.

Le CIQ avait recommandé au gouvernement de faire fi des indications des fabricants et d’utiliser le 1,3 million de doses attendues d’ici la fin mars pour vacciner les personnes les plus vulnérables. Elles sont divisées en six groupes prioritaires, soit les résidents de CHSLD, les travailleurs de la santé, les personnes en résidence privées pour aînés, les résidents de communautés isolées et éloignées, les personnes âgées de 80 ans et plus et, enfin, les septuagénaires.

Les deux fabricants des vaccins contre la COVID-19, Pfizer-BioNTech et Moderna, recommandent de donner la deuxième dose dans un intervalle de 21 jours et 28 jours respectivement. Le Québec avait d’abord décidé de reporter cette deuxième injection à la mi-mars, soit un délai de 90 jours. Il avait finalement assoupli quelque peu sa stratégie après avoir essuyé les critiques du gouvernement fédéral et avait annoncé qu’il administrerait la deuxième dose dans un intervalle de 42 à 90 jours à condition qu’il y ait des livraisons additionnelles. Or, le Canada a connu des problèmes d’approvisionnement par la suite.

Certains scientifiques craignaient que la stratégie québécoise ne stimule l’émergence de nouvelles mutations du coronavirus résistantes aux vaccins. Il s’agit toutefois de considérations théoriques, selon le CIQ. « On n’a pas de données scientifiques à l’appui de ça, a affirmé le Dr Brousseau. Un variant apparaît souvent quand il peut infecter une personne très vulnérable, par exemple une personne au système immunitaire affaibli. » L’infection peut alors durer des semaines et ainsi permettre au virus de muter plusieurs fois.

« Avec la stratégie actuelle de protéger le plus de personnes possibles dans les milieux comme les CHSLD et les résidences privées pour aînés où on va réduire de façon importante le nombre de cas, ça apparaît comme une façon efficace de limiter l’apparition de variants, a-t-il ajouté. Ce qu’on veut c’est le moins possible de transmission rapidement dans ces milieux-là. »

La recommandation du CIQ pourrait changer selon l’évolution de la situation. Par exemple, si l’arrivée de nouveaux variants comme le britannique devenait trop préoccupante, le CIQ pourrait recommander de reporter la deuxième dose plus longtemps. Il pourrait également suggérer qu’elle soit donnée plus rapidement s’il se rend compte que l’efficacité du vaccin diminue au fil du temps.

Bien qu’elle soit élevée, l’efficacité de la première dose de vaccin au Québec est en deçà de celle qui avait été constatée lors des essais cliniques. Pfizer rapportait alors une efficacité de 92 %. Le Dr De Serres a rappelé que les essais cliniques sont fait dans les meilleures conditions possibles et qu’ils excluent les personnes déjà malades, contrairement à la vaccination dans les CHSLD.



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