Étude américaine - Prendre l'avion ne serait pas si dangereux pour le coeur

Philadelphie — Prendre l'avion n'est pas aussi risqué pour les personnes souffrant de problèmes cardiaques que les médecins le pensaient jusqu'ici, affirme une nouvelle étude américaine publiée hier dans la revue Annals of Internal Medicine.

«Toutes les données indiquent que le transport aérien est sûr pour les gens qui ont une maladie coronarienne stable», souligne le Dr Stephen Possick, cardiologue de l'université Yale et auteur de l'étude.

Les chercheurs ont toutefois conclu que les patients ne devaient pas prendre l'avion s'ils avaient subi une crise cardiaque ou une angioplastie, reçu un implant endovasculaire («stents») dans les deux semaines précédentes ou subi un pontage trois semaines auparavant.

Les patients doivent également s'abstenir de prendre l'avion s'ils ont une angine de poitrine instable, un rythme cardiaque anormal ne pouvant être bien corrigé par des médicaments ou encore une insuffisance cardiaque qui ne réagit pas bien aux traitements.

Bas de compression

L'étude recommande également aux patients de porter des bas de compression sous les genoux et de se dégourdir les jambes durant les longs vols pour prévenir les risques de thrombose ou de formation de caillots de sang dans les jambes, ce qui peut être douloureux, voire fatal.

Les vols commerciaux ne sont pas pressurisés à un niveau équivalant à celui des conditions qui prévalent au sol et le taux d'oxygène est plus faible en haute altitude. Ces facteurs ont longtemps fait craindre que l'avion puisse affecter la circulation sanguine et mettre en danger les passagers ayant des problèmes de coeur ou d'artère.

Pour cette nouvelle étude, les chercheurs ont passé en revue des dizaines de recherches récentes sur des personnes présentant différents types de maladie cardiovasculaire, des patients équipés de stimulateurs cardiaques et d'autres qui avaient récemment subi une intervention cardiaque comme l'angioplastie ou la pose d'implants endovasculaires, dits «stents».

Pour ceux dont la maladie est sous contrôle et qui n'ont pas de troubles postopératoires, d'accès majeurs de douleur à la poitrine ni d'autres symptômes inquiétants, le risque que le transport aérien crée des problèmes est faible, estime le Dr Possick.