Québec dit n’avoir presque plus de vaccins

Le ministre québécois de la Santé, Christian Dubé
Photo: Ryan Remiorz Archives La Presse canadienne Le ministre québécois de la Santé, Christian Dubé

Les problèmes de livraison des vaccins contre la COVID-19 n’incitent pas le gouvernement du Québec à changer de stratégie. Il continuera de donner la deuxième dose aux premières personnes inoculées dans un délai de 42 à 90 jours.

« Il faut comprendre que l’enjeu [de livraison] est beaucoup au premier trimestre, donc d’ici le mois de mars, après ça, ça va s’améliorer », a expliqué le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, en conférence de presse vendredi. « La raison pour laquelle on ne donne pas deux doses, c’est qu’on veut protéger plus de monde, a-t-il répété. On va donner deux doses, puis on va les donner le plus rapidement possible dès qu’on va avoir la quantité de vaccin qui va être nécessaire et si jamais les données d’efficacité vaccinale nous disent que c’est trop long en haut de 42 jours et qu’il faut le faire avant, on va s’ajuster. »

Il a ajouté que des données indiquent que certains groupes d’âge auraient une meilleure protection 21 jours après une première dose et qu’il serait préférable pour ces gens d’attendre au-delà de 21 jours avant de leur injecter la deuxième dose. Les fabricants des vaccins contre la COVID-19, Pfizer-BioNTech et Moderna, préconisent de donner la deuxième dose dans un intervalle de 21 à 28 jours.

Le Québec disposait vendredi de 55 000 vaccins, après en avoir reçu 38 500 de Moderna et 16 500 de Pfizer BioNTech. « Le fédéral continue de nous confirmer qu’ils vont livrer 1,3 million de doses d’ici la fin mars, alors on travaille encore avec cette hypothèse-là », a signalé le ministre de la Santé, Christian Dubé. Celui-ci s’impatiente face aux problèmes de livraison qui ralentissent la campagne de vaccination contre la COVID-19 au Québec.

« Je pense qu’on était bien partis, mais là on ne vaccine presque plus », a-t-il affirmé en insistant sur la préparation effectuée en amont par le gouvernement québécois. « C’est un peu comme si on avait une voiture neuve, bien réglée, puissante, solide, mais qu’on n’avait pas d’essence. C’est carrément ça, a-t-il ajouté. Le gouvernement fédéral est incapable de nous fournir des vaccins. »

En début d’année, le gouvernement s’était donné pour objectif de vacciner 250 000 personnes au 8 février, date limite du couvre-feu. Il a par la suite révisé son objectif à la baisse à environ 226 000 en raison des problèmes de livraison du vaccin de Pfizer-BioNTech. Finalement, il s’approche de sa cible initiale puisqu’à ce jour, 248 673 Québécois ont reçu leur première dose.

Le calendrier qui détaillait combien de personnes ont été vaccinées dans chacun des six groupes prioritaires n’est plus mis à jour si bien qu’on ne sait pas combien de personnes qui demeurent en résidence privée pour aînés ont été vaccinées jusqu’à maintenant. Les fonctionnaires qui s’en occupaient ont été affectés à d’autres tâches plus prioritaires, selon le cabinet du ministre Dubé.

Le dernier bilan fait état de 4140 personnes vaccinées jeudi. Un blitz qui contraste avec les données des jours précédents. Entre le 30 janvier et le 2 février, le Québec a vacciné de 300 à 700 personnes par jour.

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