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Québec amorce son «petit déconfinement»

Le premier ministre François Legault a annoncé mardi les détails de son « petit déconfinement », qui comprend la réouverture des centres commerciaux, des salons de coiffure et des musées partout au Québec à compter de lundi prochain.

Les nouveaux assouplissements marquent aussi le retour du code de couleurs créé à l’automne. Six régions (Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine, Bas-Saint-Laurent, Saguenay–Lac-Saint-Jean, Abitibi-Témiscamingue, Nord-du-Québec et Côte-Nord) passeront ainsi au palier « orange » lundi.

Le couvre-feu y sera rehaussé, à 21 h 30, et les restaurants pourront y reprendre du service, à condition de recevoir des « bulles familiales » composées de deux adultes et de leurs enfants seulement. Les cinémas, salles de spectacles et salles de sport (gyms) pourront aussi accueillir des clients, sur rendez-vous et à condition de tenir un registre.

 

Là où résident 90 % des Québécois cependant, les mesures actuelles seront pour la plupart maintenues, et il n’est pas question de les assouplir avant le 22 février. D’ici là, « on va revenir vous voir pour dire : voici les nouvelles règles », a fait savoir le premier ministre.

En zone rouge, le couvre-feu demeure donc en vigueur à compter de 20 h. Les commerces « non prioritaires », y compris ceux de soins personnels et esthétiques, de même que les centres commerciaux, pourront accueillir des clients à nouveau. Les musées et les bibliothèques pourront aussi ouvrir leurs portes et accueillir des visiteurs, masqués.

« Quatre personnes de quatre résidences différentes » seront autorisées à pratiquer des activités extérieures ensemble, a annoncé M. Legault. Il a aussi marqué sa volonté de voir les cégeps et universités accueillir des étudiants « au moins une fois par semaine », dans le respect des mesures en vigueur. Dans les résidences privées pour aînés et les CHSLD, les règles pourraient aussi être assouplies, sous certaines conditions, dans « les salles à manger ». Une annonce en ce sens devrait avoir lieu au cours des prochains jours.

Ce n’est pas le temps d’aller réserver des chalets avec plusieurs familles dans le même chalet. On ne peut pas faire ça.

Pour le reste, « ça s’arrête là », a ajouté M. Legault, après avoir noté l’épuisement des travailleurs de la santé. « On garde l’interdiction des visites dans les maisons. On garde les restaurants, théâtres et cinémas fermés, sauf dans [les] six régions », a-t-il énuméré. « [Les] théâtres, pour moi, c’est dans la même catégorie [de risque que les] restaurants », a-t-il dit plus tard.

Aux familles qui souhaiteraient profiter de la relâche pour voir des amis, le premier ministre a lancé un avertissement. « Ce n’est pas le temps d’aller réserver des chalets avec plusieurs familles dans le même chalet. On ne peut pas faire ça », a-t-il rappelé. Pendant cette semaine de congé, il n’est pas prévu de permettre aux personnes seules de joindre une bulle familiale comme cela s’est fait pendant le temps des Fêtes, a aussi précisé le directeur national de la santé publique, Horacio Arruda.

Pour s’assurer du respect des consignes, Québec n’entend pas solliciter davantage les policiers. « Il n’y aura pas de contraventions » pour les personnes qui se déplaceront d’une région à l’autre, a affirmé le premier ministre. « Il n’y aura pas de barrages routiers non plus. » Dans les centres commerciaux, en revanche, des « surveillants » seront déployés afin de repérer les rassemblements.

Trop de délestages

Devant les journalistes, le premier ministre a dit reconnaître que son annonce ferait des mécontents. « J’aurais aimé ça arriver avec plus d’assouplissements », a-t-il admis, avant d’ajouter que cela constituerait cependant un « manque de respect » envers le personnel du milieu de la santé. À l’heure actuelle, le réseau déleste 34 % de ses activités : c’est l’équivalent de 700 chirurgies par jour qui sont ainsi reportées, a illustré le ministre de la Santé, Christian Dubé. « En fin de semaine passée, il n’y avait aucune région qui avait 0 % de délestage », a aussi souligné M. Legault. 

Québec solidaire a profité de l’occasion pour rappeler sa proposition de « donner du lousse à notre personnel du réseau public en rapatriant les ressources des cliniques privées et en mettant au pas les agences de placement privées ». Le parti a par ailleurs salué la décision de Québec au sujet des activités extérieures. « C’était la moindre des choses de permettre aux Québécois de socialiser un peu à l’extérieur en profitant de notre hiver », a déclaré Gabriel Nadeau-Dubois.

Plus tôt dans la journée, la cheffe libérale, Dominique Anglade, avait dit souhaiter que Québec mette fin à son cocktail de mesures « mur-à-mur » et à son approche « en yoyo ». Le Parti québécois avait quant à lui demandé au gouvernement de rétablir le système d’alertes régionales et de permettre aux gymnases et aux salles d’entraînement, partout au Québec, de rouvrir leurs portes.

Québec a imposé le 9 janvier un couvre-feu à l’ensemble de la population. La mesure, qualifiée de « traitement choc » par M. Legault, visait à « envoyer un signal » aux Québécois, nombreux à avoir contourné les règles pendant les Fêtes. Un mois après son entrée en vigueur, le premier ministre estime qu’il constitue une mesure « drastique, mais très efficace », notamment pour éviter les rassemblements dans les maisons.

La relâche demeure

La COVID-19 n’aura pas raison de la semaine de relâche scolaire, a assuré le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, mardi après-midi. « Dans un mois — encore un mois d’enseignement avec des mesures sanitaires exigeantes — je pense que tout le monde aura besoin de cette pause-là », a-t-il déclaré, tout en précisant avoir consulté parents, syndicats, cadres, ordres professionnels avant de prendre sa décision. L’annulation des « fameux voyages à Punta Cana, Cayo Coco, etc. » par le gouvernement fédéral a de quoi « rassur[er] » ceux appréhendant un bond de la COVID-19 après la semaine de relâche, a dit M. Roberge. Le premier ministre François Legault a prié les Québécois de ne pas se regrouper dans « des chalets avec plusieurs familles ». « D’abord, on continue de ne pas recommander les voyagements entre les régions. Deuxièmement, bien, il ne faut pas mélanger les bulles familiales », a-t-il averti.

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1 commentaire
  • Benoit Samson - Abonné 3 février 2021 04 h 27

    Deux poids deux mesures

    Monsieur Legault demande à ses concitoyens de ne pas se rassembler dans des chalets et hors de leurs zones respectives pendant la semaine de relâche. Il refuse cependant de considérer à imposer des contraventions à ceux qui ignoreront cette directive dans sa province.

    Monsieur Legault s'était d'autre part plaint pendant des semaines que le gouvernement fédéral ne surveillait pas assez les voyageurs en quarantaine et ne donnait pas d’amendes aux contrevenants. Il disait en plus ne pas avoir l’autorité pour le faire à cause du gouvernement fédéral alors que d’autres province le faisaient depuis avril dernier. On sait maintenant qu’il aurait pu surveiller les voyageurs en quarataine aussi au Québec depuis avril 2020.

    Pourquoi monsieur Legault refuse-t'il de jouer le rôle du mauvais cop avec les récalcitrants comme il rélclamait le gouvernement fédéral de le faire avec les voyageurs en quarantaine? Son annonce de ne pas avoir l’intention de faire respecter ses directives par les forces de l'ordre québécoises et des amendes pourrait inciter certains individus à ne pas se préoccuper de sa demande de confinement pendant la semaine de relâche de Mars.