Québec accélère l’usage des tests rapides ID NOW

L’objectif du ministère de la Santé est d’abord d’arriver à effectuer 2000 tests rapides ID NOW quotidiennement d’ici deux semaines, puis éventuellement d’augmenter à 8000 par jour.
Photo: Carlos Osorio Associated Press L’objectif du ministère de la Santé est d’abord d’arriver à effectuer 2000 tests rapides ID NOW quotidiennement d’ici deux semaines, puis éventuellement d’augmenter à 8000 par jour.

Le gouvernement québécois va accélérer le déploiement des tests rapides ID NOW dans ses centres de dépistage de la COVID-19 au cours des prochaines semaines, alors que les autres tests reçus du fédéral feront l’objet de projets-pilotes. Ils permettent tous d’obtenir un résultat en 15 minutes ou moins, mais leur fiabilité varie.

« On est dans un déploiement prudent, là où il y a une plus-value à avoir un résultat rapide même s’il est un peu moins sensible », a expliqué la médecin spécialiste en santé publique, Isabelle Goupil-Sormany, lors d’une séance de breffage lundi à l’intention des journalistes et des députés de l’opposition. Elle a noté que les ID NOW « ne donnent pas de faux positifs et très peu de faux négatifs » à condition de les offrir à des personnes qui ont des symptômes depuis moins de 7 jours.

L’objectif du ministère de la Santé est d’abord d’arriver à effectuer 2000 tests rapides ID NOW quotidiennement d’ici deux semaines, puis éventuellement d’augmenter à 8000 par jour. Toutes les régions ont reçu tous les appareils requis à l’exception de la Côte-Nord où il en manque encore une dizaine.

« On va prioriser les enfants pour le ID NOW parce que ça a des impacts sur toute la maisonnée », a précisé la Dr Goupil-Sormany, qui avait également coprésidé le comité d’experts sur l’utilisation des tests rapides. Dans son rapport publié à la mi-janvier, le comité avait mis le gouvernement en garde contre une « implantation précipitée de ces tests ».

Le Devoir rapportait la semaine dernière que moins de 1 % des 2,6 millions de tests rapides livrés par le gouvernement fédéral au Québec avaient été utilisés au 21 janvier. Cette statistique n’a pas changé depuis. En tout, 18 000 tests avaient servi au 29 janvier, soit 5000 de plus que la semaine précédente.

Les tests de dépistage rapide sont divisés en deux catégories : ceux qui fonctionnent par amplification des acides nucléiques comme les ID NOW et ceux qui détectent les antigènes comme le Panbio d’Abbott et le BD Veritor Plus System.

Or, le Québec a reçu seulement 240 000 tests ID NOW qui fonctionnent avec un appareil et près de 2 millions de tests Panbio. Les 380 000 tests BD Veritor Plus System, qui requièrent également un dispositif d’analyse, sont déjà utilisés dans le cadre d’un projet-pilote à l’Institut de cardiologie de Montréal.

« Pour les « tests » antigènes, on est plus prudent justement en raison des faux négatifs et des faux positifs », a affirmé la Dr Goupil-Sormany en ajoutant qu’il « fallait vraiment un gain ». Par exemple, ils serviront dans le cadre de projets-pilotes en milieu de travail avec Air Canada qui fera le dépistage de la COVID-19 chez ses employés deux fois par semaine de façon récurrente. Le projet qui utilisera les tests fournis au Québec est chapeauté par le gouvernement fédéral. Un autre projet a été mis sur pied avec Rio Tinto Alcan qui a soumis un protocole de dépistage en cas d’éclosion. Ces projets visent également à accumuler des données sur la meilleure façon de les utiliser pour tenter d’éclairer le débat scientifique sur la question.

Pas question, donc, d’utiliser les tests Panbio pour tenter de détecter des cas de COVID-19 asymptomatiques en milieu scolaire comme c’est le cas en Ontario. « C’est simplement que [ce serait] une grande utilisation de nos ressources, alors qu’il y a peu de gains à faire sur l’action de santé publique », a indiqué la sous-ministre adjointe au ministère de la Santé, Marie-Ève Bédard. « Sans juger de l’option qu’ils ont utilisée, probablement que leur contexte est fort différent du nôtre. » Elle a ajouté que les laboratoires au Québec sont déjà capables de fournir le résultat d’un test de dépistage traditionnel en 24 heures.

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