La campagne de vaccination s’amorce parmi les Premières Nations canadiennes

Eunice Fiddler reçoit une dose de vaccin contre la COVID-19 sous l'oeil de sa fille Margaret Beardy et d'un interprète, Tom Chapman, à Sioux Lookout, en Ontario.
Photo: Sioux Lookout Meno Ya Win Health Centre via La Presse canadienne Eunice Fiddler reçoit une dose de vaccin contre la COVID-19 sous l'oeil de sa fille Margaret Beardy et d'un interprète, Tom Chapman, à Sioux Lookout, en Ontario.

Un peu partout au Canada, les Premières Nations ont commencé à recevoir et à administrer des vaccins contre la COVID-19.

Selon les données du ministère de la Santé du Québec publiées samedi, 808 doses du vaccin avaient été administrées dans la région Terres-Cries-de-la-Baie-James, 540 à Opitciwan, 281 à Wemotaci et 96 dans le Nord-du-Québec.

La Colombie-Britannique a attribué 25 000 doses aux personnes à risque des Premières Nations éloignées pour distribution d’ici la fin février. Lundi, 10 700 doses du vaccin de Moderna étaient disponibles pour les Premières Nations et 5300 avaient été distribuées dans 18 communautés.

Six des 14 Premières Nations Nuu-chah-nulth de l’île de Vancouver ont reçu en priorité la semaine dernière des doses du vaccin de Moderna, a indiqué Mariah Charleson, vice-présidente du Conseil tribal Nuu-chah-nulth qui compte environ 10 000 personnes.

Le Conseil emploie des infirmières qui administrent les doses de vaccin afin que ceux qui les reçoivent voient un visage familier et en qui ils ont confiance, a-t-elle ajouté. Les responsables de la santé doivent travailler avec les communautés autochtones pour s’assurer que le programme de vaccination contre la COVID-19 est culturellement approprié, a souligné Mme Charleson. « Il y a de nombreuses personnes dans nos communautés que nos infirmières n’ont peut-être jamais vues, car [elles] ne demandent jamais de l’aide. »

En Saskatchewan, 4900 doses du vaccin de Moderna ont jusqu’à présent été envoyées dans les régions du Nord, où les travailleurs de la santé, le personnel et les résidents des foyers de soins de longue durée, et les personnes âgées de 80 ans ou plus seront les premiers à être vaccinés, y compris ceux qui vivent dans les communautés des Premières Nations.

Au départ, « les Premières Nations n’étaient pas vraiment impliquées dans l’attribution de ce vaccin », souligne le Dr Nnamdi Ndubuka, médecin hygiéniste de la Northern Inter-Tribal Health Authority. Plus récemment, la communication sur la distribution des vaccins s’est améliorée entre les communautés et les responsables de la santé publique de la Saskatchewan Health Authority, a-t-il ajouté.

La province a déclaré qu’elle s’attendait à recevoir la semaine prochaine 5300 doses supplémentaires du vaccin de Moderna, les petites villes servant de centres de distribution régionaux.

En Alberta, les résidents des Premières Nations éloignées et les personnes âgées de 65 ans ou plus vivant dans une communauté des Premières Nations ou métisse font partie de ceux que la province accorde la priorité à sa troisième phase d’immunisation à partir de février.

Le Manitoba a commencé à expédier 5300 doses du vaccin Moderna la semaine dernière afin de rejoindre les gens des 63 Premières Nations de la province.

Hésitation

Publié en novembre, un rapport de l’ancienne juge Mary Ellen Turpel-Lafond a mis en lumière le profilage racial répandu fondé sur des stéréotypes préjudiciables qui affectent les soins que reçoivent les patients autochtones en Colombie-Britannique. Sur plus de 2700 Autochtones interrogés dans le cadre de l’enquête, 84 % ont déclaré avoir subi une forme de discrimination en matière de soins de santé.

Il est compréhensible que beaucoup hésitent à faire confiance aux responsables de la santé canadiens, dit Mme Charleson, qui encourage les gens à se faire vacciner. « Si vous ne le faites pas pour vous-même, faites-le pour les aînés de la communauté et les personnes vulnérables. »

Le chef Simon John de la Première Nation d’Ehattesaht dit avoir remarqué une certaine hésitation au sujet des vaccins parmi les résidents de la réserve Ehatis sur la côte nord-ouest de l’île de Vancouver. La communauté a été frappée par une éclosion ayant touché 28 des 100 personnes qui y habitent. Quand le chef John a appris que le Conseil allait recevoir le vaccin de Moderna, il a décidé de montrer l’exemple.

« Pour nous, en tant que membres du Conseil, se faire vacciner en premier était une priorité », dit-il. M. John dit avoir reçu lundi sa première dose, en même temps qu’environ 30 autres résidents d’Ehatis et 40 personnes du village voisin de Zeballos.

Vendredi, Services aux Autochtones Canada avait confirmé 3288 cas actifs de COVID-19 parmi les Premières Nations du pays, 452 hospitalisations. Depuis le début de la pandémie, près de 10 000 cas ont été rapportés au sein de la population autochtone. Les autorités déplorent 95 décès.

Le comité consultatif canadien sur l’immunisation a identifié les communautés autochtones parmi les groupes prioritaires pour les vaccins.

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