Québec garde des doses du vaccin en réserve

Pfizer Canada s’attend à produire des volumes «plus prévisibles» durant le premier trimestre de 2021 et prévoit donc une ligne directrice plus flexible.
Photo: Frank Gunn La Presse canadienne Pfizer Canada s’attend à produire des volumes «plus prévisibles» durant le premier trimestre de 2021 et prévoit donc une ligne directrice plus flexible.

Le Québec garde en réserve 27 000 doses du vaccin de Pfizer contre la COVID-19 pour pouvoir administrer la deuxième dose à partir du 4 janvier. Il s’agit d’une « exigence » du fabricant, selon le ministre de la Santé, Christian Dubé, alors que la compagnie pharmaceutique indique plutôt qu’il s’agit d’une recommandation.

« On a reçu 55 000 doses jusqu’à maintenant, a indiqué M. Dubé en conférence de presse. De ces 55 000 doses-là, il y en a 27 000 qu’on doit garder, qui est une exigence de Pfizer. » Il s’attend à ce que ces 27 000 doses soient administrées d’ici deux jours. Jusqu’à maintenant, 22 000 doses ont été utilisées.

« J’ai demandé au Dr Arruda, avec certaines autres provinces, […] de voir si on pouvait continuer à forcer la main à Pfizer pour libérer ces doses-là », a-t-il affirmé, avant de passer la parole au directeur national de santé publique.

On a reçu 55 000 doses jusqu’à maintenant. De ces 55 000 doses-là, il y en a 27 000 qu’on doit garder, qui est une exigence de Pfizer.

« Dès le début, quand on a su qu’on avait des vaccins, on a voulu évaluer la possibilité d’utiliser toutes les doses pour protéger le maximum de personnes », a soutenu Horacio Arruda. Cet élan aurait également été freiné, selon lui, par la logistique, puisque le vaccin exige de puissants congélateurs pour être conservé. La Santé publique doit bientôt faire une recommandation au ministre Dubé pour déterminer s’il serait souhaitable, étant donné la transmission élevée du virus, de donner toutes les doses immédiatement, quitte à dépasser le délai prévu pour l’administration de la deuxième dose si cela n’a pas d’effet sur l’efficacité du vaccin.

Pfizer Canada a confirmé au Devoir qu’elle avait demandé aux gouvernements provinciaux de conserver « une partie des doses du vaccin reçues, afin d’éviter tout retard dans le déploiement de la deuxième dose », mais ajoute qu’il leur appartient « de déterminer comment ils administreront leur programme de vaccination ».

« Il s’agit de recommandations que nous avons formulées au fur et à mesure de l’accélération de notre chaîne d’approvisionnement afin de livrer les doses du vaccin aux provinces de manière régulière à l’avenir », a ajouté la directrice des affaires de l’entreprise, Christina Antoniou. Les deux doses du vaccin contre la COVID-19 doivent être administrées à 21 jours d’intervalle, soit dès le 4 janvier au Québec.

Il s’agit de recommandations que nous avons formulées au fur et à mesure de l’accélération de notre chaîne d’approvisionnement afin de livrer les doses du vaccin aux provinces de manière régulière à l’avenir

La compagnie pharmaceutique s’attend à produire des volumes « plus prévisibles » durant le premier trimestre de 2021 et prévoit donc une ligne directrice plus flexible.

Le gouvernement québécois avait d’abord indiqué le 7 décembre qu’entre 22 000 et 28 000 Québécois seraient vaccinés d’ici le 4 janvier. Le lendemain, il indiquait par communiqué que ce nombre pourrait doubler pour atteindre 57 000 personnes vaccinées dans le même laps de temps, parce qu’il comptait utiliser l’ensemble des doses livrées par Pfizer. Ce sont finalement 27 000 doses qui auront été administrées d’ici là.

Le ministre Dubé a tout de même avancé en conférence de presse que plus de 100 000 personnes pourraient être vaccinées à la fin de janvier. Le Québec attend l’arrivée de 40 000 doses du vaccin de Moderna au cours des prochains jours et reçoit 30 000 doses de celui de Pfizer par semaine. « J’aimerais que les vaccins rentrent plus vite, pour qu’on puisse vacciner nos plus vulnérables le plus rapidement possible », a dit le ministre. Il soutient que Québec n’a pas de problème pour ce qui est de la capacité à vacciner, l’ayant fait pour d’autres vaccins. « Ils savent que [les vaccins] ne resteront pas dans les entrepôts », a-t-il signalé.

Avec Jeanne Corriveau

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