Les adolescents ont été altruistes depuis le début de la pandémie

Les adolescents et les jeunes adultes avaient le sentiment que leur entourage était plus vulnérable au coronavirus, et le sentiment de devoir agir pour protéger la société était vraiment fondamental chez eux, selon l'étude.
Photo: Annik MH de Carufel Archives Le Devoir

Les adolescents et les jeunes adultes avaient le sentiment que leur entourage était plus vulnérable au coronavirus, et le sentiment de devoir agir pour protéger la société était vraiment fondamental chez eux, selon l'étude.

Même s’ils ont été frappés de plein fouet par un virus qui leur a souvent coûté leur emploi en plus de les priver de leurs amis, les adolescents font preuve d’un grand altruisme depuis le début de la pandémie en se souciant davantage des autres que d’eux-mêmes, démontre une nouvelle étude réalisée au CHU Sainte-Justine.

Ils ont aussi été nettement moins nombreux qu’on aurait pu le croire (ou le craindre) à se tourner vers des sources comme Facebook pour se renseigner au sujet de la situation.

« Les adolescents et les jeunes adultes, quel que soit l’âge, avaient le sentiment que la COVID n’était pas forcément quelque chose de risqué ou dangereux pour eux », a dit un des auteurs de l’étude, le docteur Prévost Jantchou.

« À l’inverse, ils avaient le sentiment que c’était beaucoup plus dangereux pour leurs proches, que ce soit la famille ou les amis. C’était assez constant pour les catégories d’âge, mais aussi pour les sexes. »

Les adolescents et les jeunes adultes avaient le sentiment que leur entourage était plus vulnérable au coronavirus, a-t-il précisé, et le sentiment de devoir agir pour protéger la société était vraiment fondamental chez eux.

Plus de 3000 jeunes ont répondu au questionnaire mis en ligne au printemps par les chercheurs, qui admettent avoir été surpris par la quantité de réponses obtenues. Les participants étaient âgés en moyenne de 18 ans, et 75 % d’entre eux étaient des filles.

Ce sentiment de devoir agir pour aplanir la courbe et protéger leur entourage motivait grandement les jeunes à respecter les consignes pendant le confinement, poursuit le docteur Jantchou.

« La responsabilité sociale apparaît vraiment comme un élément déterminant », a-t-il dit.

D’un point de vue de santé publique, cet aspect pourrait avoir des implications importantes quand le temps viendra de formuler de nouveaux messages pour mobiliser les jeunes face à la pandémie, croient les auteurs de l’étude.

« Le désir altruiste de protéger les autres qui sont plus vulnérables et d’aider à contrôler la transmission de la maladie est un motivateur suffisant pour entraîner l’adoption de comportements de prévention en dépit de l’impact négatif perçu », peut-on lire dans l’étude.

Facebook ? Pas vraiment

Les jeunes qui se disaient bien informés au sujet de la crise rapportaient un recours plus important à des sources fiables, comme les conférences de presse gouvernementales, et plus faible aux réseaux sociaux.

Facebook, Instagram, Snapchat, TikTok et Twitter n’avaient pas vraiment la cote auprès des jeunes qui souhaitaient se renseigner concernant la pandémie.

Par exemple, un peu moins de 1000 participants ont assuré ne « jamais » consulter Facebook à ce sujet, contre 323 qui ont admis « toujours » le consulter.

Seulement 500 jeunes ont dit rechercher activement de l’information concernant le coronavirus sur les réseaux sociaux.

« C’est intéressant dans le contexte de la vague des » fausses nouvelles « qui a déferlé sur les réseaux sociaux et qui nous a inquiétés puisque les jeunes les utilisent beaucoup, mais on dirait que finalement ce n’était pas là qu’ils allaient chercher leur information », a dit le docteur Jantchou.

Des jeunes ont toutefois indiqué avoir fini par se lasser des conférences de presse gouvernementales, quand ils ont eu l’impression que les sujets traités ne s’adressaient pas vraiment à eux.

Privés de leurs emplois et de leurs amis par la pandémie, les jeunes ont apparemment été capables de se prendre en main, a assuré le docteur Jantchou.

« Ils ont mis en place des stratégies pour supporter le confinement, a-t-il dit. Plusieurs ont mis de l’avant la notion de mettre un rythme dans leur journée en termes d’organisation de leur journée, comme si c’était une journée régulière d’école. L’ennui semblait un élément majeur. »

Enfin, 11 % des participants à l’enquête souffraient d’une maladie chronique, comme le diabète ou un trouble inflammatoire. Ces jeunes percevaient le coronavirus comme étant un peu plus dangereux pour eux-mêmes que pour leur entourage.
 



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