Les commerces non essentiels fermés après Noël

Par souci d’équité avec les petits commerçants, l’État québécois obligera les grandes bannières de vente au détail à s’en tenir à vendre des produits de base.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Par souci d’équité avec les petits commerçants, l’État québécois obligera les grandes bannières de vente au détail à s’en tenir à vendre des produits de base.

Le premier ministre François Legault « met[tra] sur pause » une nouvelle fois l’activité économique du Québec, du 17 décembre au 11 janvier, afin de couper l’élan de la COVID-19. « Il faut fait un dernier effort », a-t-il fait valoir, brandissant son « plan qu’on pourrait appeler “Pause du temps des Fêtes… jusqu’au 11 janvier” ».

Le télétravail sera de mise pendant ces trois semaines et demie pour les employés de bureau des secteurs public et privé, sauf ceux dont « la présence est jugée nécessaire pour la poursuite des activités » de leur organisation, a annoncé M. Legault mardi soir, au terme « de grosses discussions » avec la Santé publique.

Il s’attend aussi à ce que les activités des secteurs de la construction et du manufacturier tournent au ralenti.

Le gouvernement québécois repoussera d’une semaine la réouverture des écoles primaires après la période des Fêtes. Les écoles primaires et secondaires demeureront donc fermées du 17 décembre au 8 janvier. En début de semaine, la COVID-19 forçait la fermeture de plus de 1500 classes, ce qui a fait dire au premier ministre qu’« il est temps que les vacances arrivent ». Les élèves effectueront donc théoriquement leurs apprentissages à la maison les 17, 18, 21 et 22 décembre ainsi que les 4, 5, 6, 7 et 8 janvier. « Les enfants qui écoutent : vous allez être à l’école le 11 janvier », a-t-il ajouté lors de son point de presse.

Seuls les travailleurs des « services prioritaires » — agents des services correctionnels, professionnels de la santé, pompiers et policiers, par exemple — pourront envoyer leurs enfants dans un service de garde en milieu scolaire d’urgence, a ajouté M. Legault.

Les centres de la petite enfance (CPE), garderies privées subventionnées et services de garde en milieu familial demeureront ouverts afin d’accommoder les parents « [in]capables de garder leur enfant à la maison ».

Les portes des commerces non prioritaires demeureront fermées du 25 décembre au 11 janvier, a aussi tranché François Legault. Les salons de coiffure, centres d’esthétiques et spas font partie du lot, a-t-il précisé.

Par souci d’équité avec les petits commerçants, l’État québécois obligera les grandes bannières de vente au détail — Walmart et Costco par exemple — de s’en tenir à vendre des produits de base que l’on retrouve dans toute bonne épicerie, quincaillerie, animalerie, garage ou pharmacie restés ouverts. Que les coureurs d’aubaines d’après Noël se le tiennent pour dit.

Des « assouplissements »

François Legault autorisera les Québécois à « bouger » en petit groupe — maximum huit participants qui maintiennent en tout temps une distance d’au moins deux mètres entre eux — dans des lieux publics extérieurs ; sur une patinoire, une piste de ski, un parc ou au Jardin botanique de Montréal par exemple. « C’est une bonne chose d’aller dehors », a-t-il fait remarquer, précisant à la presse que « ça fait trois semaines » qu’il demandait la réouverture du Jardin botanique au directeur national de santé publique, Horacio Arruda. Après une longue réflexion, le sous-ministre adjoint a donné son feu vert. « Si vous avez des activités, faites-les à l’extérieur », a insisté le Dr Arruda mardi soir, disant avoir accepté un « risque calculé », un « risque équilibré » pour ce deuxième confinement depuis le début de la pandémie.

Le gouvernement dissuade toutefois les Québécois à inviter leurs proches à s’arrêter dans leur cour arrière afin de bavarder. « On ne veut pas que ce soient des rassemblements statiques », a dit M. Legault mardi soir.

Le chef du gouvernement donne toutefois la permission aux personnes vivant seules de passer un moment dans une autre bulle familiale pendant la période des Fêtes. Ils pourront retourner dans cette bulle — mais seulement dans cette bulle — du 17 décembre au 11 janvier. « Je vais sûrement être comme vous : on va se payer tout un Noël en 2021 », a-t-il lancé.

Le ministère de la Santé a recensé 1741 nouvelles personnes atteintes de la COVID-19 mardi. Aux yeux de M. Legault, « la propagation du virus est quand même forte au Québec ».

Le nombre d’hospitalisations a aussi bondi. En effet, 69 personnes déclarées positives à la COVID-19 ont été admises à l’hôpital. Au total, 959 personnes étaient hospitalisées, dont 125 aux soins intensifs (+3). « [C’est] là où ça nous fait vraiment mal. […] Ça, c’est très dur. C’est beaucoup de pression sur les hôpitaux », a souligné le premier ministre.

À 10 jours de Noël, la liste des personnes décédées de la COVID-19 continue de s’allonger. Elle comporte désormais 7571 noms, dont 39 nouvelles inscriptions.

Par ailleurs, le ministre de la Santé, Christian Dubé, a révélé mardi soir que quelque 1200 personnes ont été vaccinées contre la COVID-19 lundi et mardi, dans la foulée de l’arrivée des premières doses de Pfizer et BioNTech sur le territoire québécois. « Je prends ça comme une très, très bonne nouvelle », a dit M. Dubé, se disant « encouragé » de voir davantage de professionnels de la santé accepter de recevoir le vaccin.

Rassemblements permis dans deux régions

Les rassemblements privés de six personnes ou moins demeureront permis seulement en Abitibi-Témiscamingue et sur la Côte-Nord du 17 décembre au 11 janvier pourvu que ces deux régions ne basculent pas en zone rouge d’ici là.

En données

Québec rapportait mardi 1741 nouveaux cas de COVID-19 et 38 décès. Le nombre total de personnes infectées s’élève donc maintenant à 167 276 depuis le début de la pandémie dans la province, et on déplore 7571 décès.

La Presse canadienne

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