Délestage des activités au CHU de Québec

La deuxième vague de COVID-19 prend de l’ampleur dans la région de la Capitale-Nationale, à un point tel que le CHU de Québec — Université Laval procède jusqu’à nouvel ordre à l’annulation et au report de près de 300 chirurgies et de 4000 rendez-vous ambulatoire par semaine. Les blocs opératoires rouleront à 70 % de leur capacité au cours des prochains jours, indique l’établissement dans un communiqué.

En délestant ces activités, le CHU de Québec- Université Laval aura suffisamment de personnel pour ouvrir de nouvelles unités d’hospitalisation destinées aux patients atteints de la COVID-19, selon les autorités.

C’est la deuxième fois cet automne que l’établissement procède à du délestage. À la mi-octobre, 300 chirurgies ont été annulées ou reportées en raison d’un manque de main-d’œuvre. Les cas de COVID-19 avaient diminué depuis, mais ils sont repartis à la hausse dernièrement. La région de la Capitale-Nationale a enregistré 304 nouveaux cas vendredi, 143 samedi et 160 dimanche.

Ce nouveau plan de contingence a été décidé la semaine dernière, signale le directeur des services professionnels (DSP) du CHU de Québec – Université Laval, dans une vidéo d’une douzaine de minutes que Le Devoir a pu visionner. Le Dr Stéphane Bergeron s’est alors adressé vendredi aux médecins, pharmaciens et dentistes de son établissement.

« Aujourd’hui [4 décembre], à l’heure où je vous parle, il y a présentement 64 patients hospitalisés COVID dans le CHU de Québec, a dit le Dr Stéphane Bergeron, dans son message vidéo. C’est le plus gros nombre jamais atteint. Nous avons en plus six patients COVID positifs à l’intérieur de nos urgences. Il nous faut donc faire face à la musique et être en mesure d’accueillir ces patients. »

Dans cette vidéo, le Dr Stéphane Bergeron détaille le plan de contingence du CHU de Québec. L’établissement libérera jusqu’à 76 lits aux étages de l’Hôpital Enfant-Jésus et 18 lits en soins intensifs lors d’une première phase, explique le DSP. « Jusqu’à la fin de la phase 1, ça nécessite 174 employés supplémentaires par rapport à ce que l’on consacre aujourd’hui à la COVID », souligne le médecin.

Selon le Dr Stéphane Bergeron, une deuxième phase est prévue avec l’ajout possible de 24 lits supplémentaires aux étages et de six lits additionnels aux soins intensifs. « Ça nécessiterait 68 employés supplémentaires », précise-t-il. Pour recruter de la main-d’œuvre, un nouvel appel aux retraités a été effectué, signale-t-il.

Les ratios de personnel dans les unités de soins ont également été revus à la baisse « pour permettre de les replacer dans les nouvelles unités qui ont été ouvertes », écrit le CHU de Québec dans son communiqué de presse.

La moitié d’une unité libérée

L’Institut universitaire de pneumologie et de cardiologie de Québec a quant à lui libéré cette fin de semaine la moitié d’une unité afin d’accueillir de futurs patients atteints de la COVID-19, confirme le chef de l’unité des soins intensifs, le Dr Mathieu Simon.

L’établissement compte maintenant une trentaine de lits d’hospitalisation et six lits en soins intensifs. « Ça représente 15 % des lits de l’hôpital, dit le pneumologue. On ne peut donc pas traiter tout ce qu’on traite [habituellement]. »

Le Dr Mathieu Simon s’inquiète de la propagation actuelle de la maladie. « Je me demande si ça [ce délestage] va être assez. » Bien des infirmières et des professionnels de la santé font du temps supplémentaire obligatoire. « On est serrés », dit-il.

Le médecin rappelle qu’un patient atteint de la COVID-19, qui se retrouve aux soins intensifs, y séjourne en moyenne de 10 à 14 jours. « Un malade qui a un pontage reste 24 heures, dit le Dr Mathieu Simon. Un patient COVID peut donc compromettre 10 à 14 pontages. »

C’est la deuxième fois cet automne que l’établissement procède à du délestage. À la mi-octobre, 300 chirurgies ont été annulées ou reportées en raison d’un manque de main-d’œuvre.

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