Des tests rapides au Saguenay–Lac-Saint-Jean dès vendredi

Les tests ID NOW (photo) requièrent une machine pour leur analyse tandis que les Panbio s’apparentent davantage à un test de grossesse.
Photo: Carlos Osorio Associated Press Les tests ID NOW (photo) requièrent une machine pour leur analyse tandis que les Panbio s’apparentent davantage à un test de grossesse.

Le Saguenay–Lac-Saint-Jean aura ses tests de dépistage rapide dès vendredi. C’est ce qu’a indiqué le ministère de la Santé et des Services sociaux au Devoir, sans préciser combien la région en recevrait. Il a toutefois précisé que les tests ne seront utilisés qu’à partir de la mi-décembre, le temps de les acheminer aux bons endroits.

D’autres régions pourront aussi en bénéficier bientôt : la Capitale-Nationale, Lévis, Montréal, la Montérégie, les Îles-de-la-Madeleine, la Côte-Nord et le Nunavik. D’autres régions pourraient s’ajouter. Des tests seront également envoyés à l’aéroport de Montréal pour les voyageurs qui doivent se rendre dans le Nord dans le but de protéger les populations autochtones.

Le Québec dispose d’un peu plus de 1,2 million de tests qui permettent de déterminer en 15 minutes ou moins si une personne est infectée par le coronavirus. Ces tests achetés par Ottawa ont commencé à être livrés à la fin du mois d’octobre, mais le gouvernement québécois tardait à les utiliser à grande échelle.

Talonné sur cette question par la députée libérale Marie Montpetit mardi, le ministre de la Santé, Christian Dubé, avait répondu que le gouvernement préférait jouer de prudence. « Si les tests rapides sont moins sécuritaires et que le fédéral nous recommande, c’est très clair, de faire des tests rapides seulement à condition qu’ils soient faits en complémentarité avec les tests normaux, bien chaque fois qu’on fait des tests rapides, il faut aussi utiliser les autres tests, a-t-il fait valoir. On ne sauve rien. »

Problèmes de fiabilité

Le problème est la fiabilité des tests de dépistage rapide, qui peuvent produire un nombre élevé de faux négatifs, selon une source au sein du gouvernement. Une information confirmée par le médecin-épidémiologiste de l’Institut national de santé publique (INSPQ) Gaston De Serres. Celui-ci fait partie du comité d’experts mis sur pied par le ministère de la Santé pour le conseiller sur la façon la plus judicieuse de les utiliser. « Les tests rapides vont parfois manquer des gens qui sont malades et vont parfois indiquer que des personnes non malades sont positives à la COVID-19 », a-t-il expliqué en entrevue.

Deux types de tests rapides sont disponibles au Québec, soit ID NOW et Panbio, tous deux produits par la compagnie pharmaceutique Abbott. Les tests ID NOW ont été utilisés à la Maison-Blanche et n’ont pas réussi à prévenir l’éclosion survenue en octobre même si leur fiabilité est supérieure aux tests Panbio. Les tests ID NOW requièrent une machine pour leur analyse, tandis que les tests Panbio s’apparentent davantage à un test de grossesse. Québec veut donc éviter que des résultats négatifs erronés de tests de dépistage rapide ne donnent un faux sentiment de sécurité et ne finissent, en bout de piste, par causer de nouveaux foyers d’éclosion.

Ils sont tout de même utiles, selon le Dr De Serres. « On sait qu’ils détectent bien lorsqu’il y a beaucoup de virus chez quelqu’un, a-t-il constaté. […] Il y a peut-être des situations où on a à refaire des tests régulièrement et où on risque d’attraper des gens avant qu’ils atteignent des niveaux élevés et contaminent des gens pendant une certaine période. »

Le gouvernement prévoit surtout d’en faire usage dans les centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), les résidences pour personnes âgées, les centres de dépistage et les communautés autochtones en région éloignée.

En données

Québec signale mercredi 1514 nouveaux cas de la COVID-19 dans la province. Les données quotidiennes font état de 43 nouveaux décès : neuf survenus dans les 24 dernières heures, 29 entre le 25 et le 30 novembre et cinq avant le 25 novembre. Deux décès sont toutefois retirés du bilan — qui s’élève maintenant à 7125 décès —, puisqu’une enquête a démontré qu’ils n’étaient pas attribuables à la COVID-19. Le nombre total de cas depuis le début de la pandémie au Québec est maintenant de 145 062.

La Presse canadienne


Une version précédente de ce texte indiquait par erreur que le Québec disposait d’un peu plus de 1,2 milliard de tests de dépistage rapide. Cette erreur a depuis été rectifiée. Nos excuses.

 



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