Justin Trudeau a trop misé sur le vaccin chinois, selon Erin O’Toole

Le chef conservateur Erin O’Toole
Photo: Justin Tang La Presse canadienne Le chef conservateur Erin O’Toole

Bien que le Canada soit parmi les pays en tête de liste pour recevoir le vaccin contre la COVID-19 de la société Moderna, le chef conservateur Erin O’Toole accuse Ottawa d’avoir trop mis l’accent sur son partenariat avec une entreprise chinoise pour un vaccin, qui a finalement échoué.

« Je n’aurais pas mis tous nos œufs dans le panier de la Chine », a soutenu M. O’Toole lors d’une conférence de presse matinale.

Celui-ci a déclaré que le gouvernement Trudeau avait commencé à précommander des dizaines de doses de vaccin à des sociétés telles que Pfizer et Moderna seulement en août, lorsque sa collaboration entre le Conseil national de recherches et le fabricant de vaccins chinois CanSino s’est finalement effondrée après des mois de retards.

Le Conseil avait délivré à CanSino un permis pour utiliser un produit biologique canadien dans le cadre d’un vaccin contre la COVID-19. CanSino était censé fournir des échantillons du vaccin pour les essais cliniques au Centre canadien de vaccinologie de l’Université Dalhousie, mais le gouvernement chinois a bloqué les envois.

« Si vous regardez le calendrier, c’est à ce moment que le Canada a commencé à devenir sérieux avec Pfizer, Moderna, les autres options », a noté M. O’Toole.

 
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C’est le nombre approximatif de doses, en millions, du vaccin contre la COVID-19 fabriqué par la société Moderna commandées jusqu’ici par le Canada.

Le gouvernement a annoncé ses principaux achats de vaccins en août après avoir confirmé que le partenariat CanSino avait échoué. À l’époque, il a déclaré que sa décision était intervenue après des consultations approfondies avec son groupe de travail d’experts sur les vaccins.

Le partenariat de CanSino avec Dalhousie datait d’avant le gel profond des relations entre le Canada et la Chine, qui s’est produit après que la République populaire eut emprisonné deux Canadiens, Michael Kovrig et Michael Spavor, apparemment en représailles à l’arrestation par la GRC de la dirigeante du géant chinois Huawei, Meng Wanzhou, en vertu d’un mandat d’extradition américain.

Le premier ministre Justin Trudeau a provoqué une tempête, mardi, lorsqu’il a déclaré que les Canadiens allaient devoir patienter un peu plus longtemps pour avoir accès aux vaccins contre la COVID-19 parce que les premières doses produites seront utilisées dans les pays où ils sont fabriqués.

Le Canada bien positionné

Face aux questions croissantes sur l’accord avec CanSino, M. Trudeau a continué de défendre la politique d’approvisionnement en vaccins de son gouvernement, qui, selon lui, a garanti plusieurs options pour le pays. Le premier ministre Trudeau a également nommé un général des Forces armées canadiennes pour diriger la logistique d’un éventuel déploiement de vaccins avec l’Agence de la santé publique du Canada.

Dimanche, le président de la société Moderna, Noubar Afeyan, aconfirmé que le Canada sera servi avant d’autres pays parce qu’il avait précommandé ses doses. « Ceux qui étaient prêts à prendre une décision, avant même d’avoir des preuves de l’efficacité [du vaccin], sont assurés de recevoir le nombre de doses qu’ils ont commandées », a-t-il déclaré lors d’un entretien diffusé pendant l’émission Rosemary Burton Live sur les ondes de la CBC.

M. Afeyan a aussi confirmé que le nombre de doses commandées par le Canada s’élevait à environ 20 millions. « Le Canada, comme d’autres pays, s’est réservé la possibilité d’accroître ce nombre. Des discussions sont en cours », a ajouté M. Afeyan.

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