Un troisième candidat vaccin ravive les espoirs de retour à la normale

L’annonce du laboratoire britannique AstraZeneca ravive les espoirs de retour à la normale.
Photo: Justin Tallis Archives Agence France-Presse L’annonce du laboratoire britannique AstraZeneca ravive les espoirs de retour à la normale.

Avec une pandémie de COVID-19 galopante dans bien des pays, l’espoir de l’humanité réside plus que jamais dans la mise au point de vaccins, dont les premiers sont attendus dans quelques semaines.

Cette espérance a été confortée lundi par l’annonce du laboratoire britannique AstraZeneca qui, associé à l’Université d’Oxford, a annoncé avoir développé un vaccin efficace à 70 % en moyenne, voire à 90 % dans certains cas, selon les résultats d’essais cliniques réalisés au Royaume-Uni et au Brésil.

Ces résultats semblent pour l’heure moins probants que ceux de ses concurrents Pfizer-BioNTech ou Moderna, dont l’efficacité dépasse les 90 %, mais la formule britannique a l’avantage d’utiliser une technologie plus traditionnelle, rendant son futur vaccin moins coûteux et plus facile à stocker puisqu’il n’a pas besoin d’être conservé à très basse température.

Le laboratoire britannique précise qu’il va soumettre rapidement ses résultats aux autorités afin d’obtenir un premier feu vert.

Grâce à une « chaîne d’approvisionnement simple », le vaccin « sera accessible et disponible à travers le monde », a estimé Pascal Soriot, directeur général d’AstraZeneca. La firme dit avancer rapidement dans la fabrication prévue de 3 milliards de doses, qui seront disponibles en 2021.

« Si vous ajoutez les capacités de Pfizer, de Moderna et les nôtres qui sont beaucoup plus grandes, nous n’avons à nous trois pas assez de vaccins pour le monde », a averti M. Soriot. « Nous avons besoin d’autant de vaccins que nous pouvons pour arrêter cette pandémie », a-t-il ajouté, réfutant toute « compétition ».

Les vaccinations, en commençant par les personnels de santé et les personnes vulnérables, devraient commencer à la mi-décembre aux États-Unis puis au début de 2021 en Europe, avec une montée en puissance régulière à mesure que les vaccins seront produits et que d’autres formules, par d’autres laboratoires, seront prêtes et validées.

Sur 48 candidats vaccins en cours de développement dans le monde, 11 sont entrés en phase 3 de tests, la dernière avant homologation par des autorités, selon l’OMS.

En attendant, les mesures de restrictions sociales sont les seules armes contre la pandémie, qui continue de progresser de façon galopante en plusieurs points du globe.

La plus grande ville du Canada, Toronto, a ainsi été placée lundi en confinement pour au moins 28 jours. Tout rassemblement privé intérieur est interdit sous peine d’amende, les commerces non essentiels sont fermés, et les restaurants ne peuvent pratiquer que la vente à emporter ou les livraisons à domicile

Aux États-Unis, les autorités espèrent commencer les vaccinations mi-décembre, dans l’espoir de parvenir au printemps à l’immunité collective. Cette campagne sera lancée sitôt les premiers vaccins approuvés par l’Agence américaine des médicaments (FDA), a déclaré dimanche Moncef Slaoui, un haut responsable de l’opération gouvernementale pour les vaccins. « Notre plan est de pouvoir transporter les vaccins vers les sites d’immunisation dans les 24 heures suivant l’approbation, donc je m’attends à ce que ce soit peut-être au deuxième jour après l’approbation, le 11 ou le 12 décembre », a déclaré M. Slaoui.

Le gouvernement américain prévoit déjà de vacciner 20 millions de personnes à risque en décembre, puis 25 à 30 millions par mois.

L’épidémie continue de progresser de façon galopante aux États-Unis, avec près de 160 000 nouvelles contaminations enregistrées dimanche au cours des dernières 24 heures, selon l’Université Johns Hopkins. Le virus a infecté plus de 12 millions de personnes et fait près de 257 000 morts dans le pays, de loin le plus endeuillé au monde, devant le Brésil (plus de 169 000 morts).

La pandémie a fait au moins 1 388 590 morts dans le monde depuis que le bureau de l’OMS en Chine a fait état de l’apparition de la maladie fin décembre, selon un bilan établi par lundi par l’AFP à partir de sources officielles.

Plus de 58 647 610 cas d’infection ont été officiellement diagnostiqués depuis le début de l’épidémie, dont au moins 37 298 300 sont aujourd’hui considérés comme guéris.

Les effets du reconfinement

En Europe, les confinements et autres restrictions imposées à la population dans de nombreux pays pour faire face à la deuxième vague épidémique commencent à porter leurs fruits.

Ainsi en Espagne, 400 cas de COVID-19 pour 100 000 habitants sont enregistrés en moyenne depuis 14 jours, contre 530 cas au début du mois, a fait valoir le premier ministre Pedro Sanchez. Dans la région de la Catalogne, les bars, restaurants et cinémas rouvrent lundi, avec des capacités d’accueil limitées.

« Aujourd’hui, c’est un jour spécial », se réjouit Andreu Valldeperes, propriétaire du bar Zurich, près des populaires Ramblas. « Il fait beau et tout le monde veut sortir. Mais nous verrons comment ça va se passer, il y a beaucoup d’incertitudes ».

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