Moderna annonce un vaccin efficace à près de 95%

La société américaine Moderna a annoncé lundi que son vaccin expérimental contre la COVID-19 est efficace à 94,5 %, un niveau comparable au vaccin contre la rougeole. Cette nouvelle vient apporter un peu d’espoir dans le monde alors que plusieurs pays font face à une importante deuxième vague et multiplient les restrictions pour freiner la pandémie.

Le résultat de Moderna signifie que le risque de tomber malade du virus a été réduit de 94,5 % entre le groupe placebo et le groupe vacciné. Plus précisément, 90 participants du groupe placebo ont attrapé la COVID-19, contre 5 dans le groupe vacciné. On ignore par contre la durée de la protection conférée par le vaccin, ce que seul le temps révélera.

Cette nouvelle survient une semaine après que les laboratoires américain Pfizer et allemand BioNTech ont annoncé eux aussi avoir développé un vaccin, efficace à 90 %.

Les deux vaccins pourraient être autorisés par l’Agence américaine des médicaments (FDA) dans la première quinzaine de décembre, a indiqué lundi Moncef Slaoui, responsable scientifique de l’opération Warp Speed, montée par le président américain sortant, Donald Trump, pour vacciner la population américaine.

Cela permettrait de vacciner 20 millions d’Américains, en priorité sans doute les plus âgés et à risque, dès la seconde quinzaine de décembre, puis 25 millions de personnes par mois à partir de janvier, selon lui.

Il s’attend aussi à ce que le vaccin de Johnson & Johnson, en une seule dose, donne des résultats dans la seconde moitié de janvier, ce qui ouvrirait la voie à une autorisation dans la seconde quinzaine de février. Sans compter l’autorisation possible d’un quatrième en phase avancée d’essais, AstraZeneca-Oxford.

Les États-Unis estiment qu’avec plusieurs vaccins, il y aura assez de doses d’ici début avril pour toute la population. En Europe, on envisage de commencer des vaccinations en janvier, sous réserve d’autorisation. Quoi qu’il en soit, il faudra sans doute attendre l’été 2021 pour connaître un retour à la normale, avec une proportion élevée de la population vaccinée.

Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a salué « ces nouvelles encourageantes », tout en invitant à rester « prudemment optimistes ».

Il s’est aussi dit « extrêmement préoccupé par l’augmentation du nombre de cas dans certains pays », pointant la situation en Europe et sur le continent américain.

L’immunologue Anthony Fauci, figure très respectée aux États-Unis, a aussi salué l’annonce. « L’idée d’avoir un vaccin efficace à 94,5% est incroyablement impressionnante », a-t-il déclaré à l’AFP. « C’est un résultat vraiment saisissant, je pense que personne ne s’attendait à ce qu’il soit si bon. »

Multiplication des restrictions

Depuis la fin décembre, la pandémie a fait plus de 1 319 500 morts dans le monde, selon un décompte de l’AFP.

En Allemagne, où une forte hausse des infections a été observée depuis plusieurs semaines, la chancelière Angela Merkel a appelé les Allemands à réduire les contacts au strict « minimum », soit de se limiter aux « membres du foyer et un maximum de deux personnes d’un autre foyer ».

La Suède a annoncé lundi limiter les rassemblements publics à huit personnes maximum face au rebond des contaminations, une première pour ce pays qui mène une stratégie moins stricte que ses homologues européens.

En Norvège, où le taux de contamination reste relativement bas, la municipalité d’Oslo a durci ses règles de « confinement social » pour les adolescents, à l’origine d’un récent rebond de l’épidémie.

C’est un résultat vraiment saisissant, je pense que personne ne s’attendait à ce qu’il soit si bon

 

L’Autriche amorcera mardi un second confinement : fermeture des écoles et des magasins non essentiels et appel à rester chez soi.

En France, si le nombre de nouveaux cas était à la baisse, 508 nouveaux décès ont été enregistrés dans les  24 dernières heures et le nombre de personnes actuellement hospitalisées a battu un nouveau record, à 33 466, avec 2 065 nouveaux patients en 24 heures.

De l’autre côté de l’Atlantique, la lutte contre la COVID-19 s’intensifie aussi. De New York à Seattle, États et métropoles ont réintroduit des restrictions ces derniers jours, alors que le nombre de cas recensés dans le pays dépasse les 11 millions, avec plus de 247 000 morts depuis le début de la pandémie.

Différence notoire par rapport au printemps : une majorité d’États — 31 sur 50 — imposent désormais le port du masque. Le reste des mesures diffèrent d’un endroit à l’autre.

Le Nouveau-Mexique a décrété un confinement pour deux semaines. Une mesure adoptée pour 30 jours dans la métropole de Chicago, dans l’Illinois. Dans l’État de New York, on mise sur un couvre-feu dans les bars et restaurants dès 22 h.

À voir en vidéo