Pas de primes COVID-19 pour les intervenants en santé mentale

Photo: Filippo Bacci Getty Images

Contrairement à leurs collègues du réseau des services sociaux, des milliers d’intervenants en santé mentale n’ont pas accès la prime-COVID-19 de 4 %. Une situation qui demeure sans explication.

Mario Bousquet dirige Clés-en-main, un organisme de Québec qui aide les personnes avec des problèmes de santé mentale à se loger. « Nos travailleurs ont travaillé d’arrache-pied à se conformer aux directives de la santé publique en matière de COVID-19 tout en répondant aux besoins des personnes », raconte-t-il.

Avec la création en août d’un fonds d’urgence en santé mentale, son Centre universitaire intégré en santé et services sociaux (CIUSSS) l’avait invité à faire une demande pour obtenir la prime COVID-19 de 4 %.

Or, il vient d’apprendre que son personnel n’y a plus accès, ce qui donne lieu à des situations paradoxales. Par exemple, l’intervenant en santé mentale du CIUSSS, avec qui ses intervenants collaborent au sein d’une équipe mixte, a accès a sa prime, « mais les autres travailleurs qui font le même boulot ne l’ont pas », note M. Bousquet. « On ose espérer que c’est une erreur ».

À ses yeux, c’est injuste parce que « tout le réseau institutionnel a eu cette prime », tout comme des organismes communautaires en itinérance ou en aide aux personnes handicapées. Tout cela dans un contexte où « tout le monde dit que la santé mentale se détériore de plus en plus », fait-il remarquer.

Une situation généralisée

M. Bousquet n’est pas le seul dans cette situation, ce serait le cas de la majorité des organismes communautaires en santé mentale, selon le président du Réseau communautaire en santé mentale (COSME), Charles Rice.

« Nous avons toujours le sentiment que l’on n’apprécie pas à sa juste valeur le rôle essentiel que jouent les organismes en santé mentale, et plus particulièrement durant la crise sanitaire actuelle », écrit-il dans une lettre transmise lundi au ministre délégué à la Santé, Lionel Carmant.

Le manque de personnel dans le réseau communautaire en santé mentale est « exacerbé » par les faibles salaires, fait-il aussi valoir dans sa lettre. À titre indicatif, le salaire moyen d’un intervenant en santé mentale à Montréal est de 37 500 $.

Questionné à ce sujet mercredi, le cabinet du ministre Carmant et le ministère de la Santé n’étaient pas encore en mesure de fournir des réponses, jeudi.

C’est la deuxième fois cette semaine que des injustices liées aux primes COVID-19 sont dénoncées sur la place publique. Plus tôt cette semaine, un syndicat de Québec affilié à la CSN a révélé que plusieurs centaines de ses membres travaillant en zone rouge n’avaient pas accès aux primes de 4 et 8 %, soit des éducateurs, des travailleurs sociaux, des physiothérapeutes, des ergothérapeutes, des orthophonistes, des nutritionnistes et des thérapeutes en réadaptation physique.

« Ces primes sont hautement discriminatoires », a fait valoir Nicole Cliche, présidente du Syndicat des professionnel (les) et des technicien (ne) s de la santé et des services sociaux Capitale-Nationale (SPTSSS).

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