Les CHSLD doivent exiger le dépistage des employés, pressent les défenseurs des malades

La semaine dernière, <em>Le Devoir</em> révélait qu’aussi peu que 10% des employés de certains CHSLD étaient dépistés régulièrement.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La semaine dernière, Le Devoir révélait qu’aussi peu que 10% des employés de certains CHSLD étaient dépistés régulièrement.

À la lumière des taux de dépistage insuffisants en CHSLD, le Conseil de la protection des malades (CPM) juge la situation « dangereuse et inacceptable » et presse les CIUSSS et CISSS d’exiger de leurs employés et des proches aidants qu’ils soient testés de façon régulière.

« Si les autorités sanitaires ont le droit d’exiger le confinement de millions de citoyens et la fermeture de centaines de milliers de commerces, elles ont aussi le droit d’exiger que les membres du personnel œuvrant dans des lieux sensibles à la contagion, subissent les tests de la COVID-19 », a dénoncé lundi le CPM.

La semaine dernière, Le Devoir révélait qu’aussi peu que 10 % des employés de certains CHSLD étaient dépistés régulièrement, notamment au CIUSSS de l'Ouest-de-l'Île-de-Montréal. Le pourcentage oscillait entre 20 à 30 % dans les CHSLD du CIUSSS du Nord-de-l'Île-de-Montréal, lourdement frappés par la première vague.

De nouvelles données obtenues cette fois du CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal démontrent qu’en moyenne, pas plus de 20 % des employés acceptent de conformer aux mesures de dépistage, alors qu’au CIUSSS du Centre-Ouest-de-l'Île-de-Montréal, ce pourcentage ne dépasse pas 8,7 % dans les résidences pour aînés et ressources intermédiaires, et 19 % dans les CHSLD publics. La situation semble meilleure dans les CHSLD privés, où le taux de dépistage atteint 68 %.

 

Selon le président du CPM, Me Paul Brunet, le ministre de la Santé, Christian Dubé, n’a plus aucune excuse pour ne pas exiger l’application de cette directive identifiée tant par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) que dans le plan gouvernemental de préparation à la deuxième vague, comme une des clés pour protéger les dizaines de milliers de personnes les plus vulnérables vivant dans les milieux de vie pour aînés.

« On le sait depuis six mois ce qu’il faut faire et on s’apprête encore à manger une volée », a insisté M. Brunet, inquiet des nouvelles éclosions qui frappent plus de 40 milieux de vie pour aînés, touchant 369 résidants et causant 123 décès.

Selon ce dernier, le droit des employés à ne pas se faire tester ne constitue pas une excuse acceptable, puisque les droits de tous les citoyens sont présentement lourdement affectés par les mesures sanitaires, certains étant même privés de leurs revenus.

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