Course pour obtenir le vaccin contre la grippe saisonnière

Le gouvernement québécois a commandé deux millions de doses de vaccin contre la grippe cet automne, soit 25% de plus que l’an dernier.
Photo: Lars Hagberg La Presse canadienne Le gouvernement québécois a commandé deux millions de doses de vaccin contre la grippe cet automne, soit 25% de plus que l’an dernier.

La campagne de vaccination contre la grippe débute dans une dizaine de jours au Québec. Mais déjà, elle suscite de l’engouement dans bien des régions. Les plages horaires de rendez-vous, destinés aux clientèles plus vulnérables, se remplissent rapidement. À un point tel qu’à Montréal, les cliniques de vaccination affichent déjà complet.

Aucun rendez-vous n’est en effet disponible pour se faire vacciner dans les CIUSSS de la métropole actuellement, indique Sonia Bélanger, présidente-directrice générale du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal et représentante du Centre de commandement du réseau de la santé montréalais.

« Dès demain [jeudi] matin, on va regarder au centre de commandement la possibilité d’augmenter les plages horaires pour rendre davantage accessible la vaccination, assure-t-elle. On va le faire dans chacun des CIUSSS. »

Le CISSS de Laval constate aussi que la vaccination contre l’influenza est populaire cette année. « Les plages horaires, pour les trois premières semaines de novembre, ont été comblées en quelques heures », dit sa porte-parole Judith Goudreau. D’autres rendez-vous seront offerts prochainement.

Au CISSS de la Montérégie-Est, la centrale téléphonique a été prise d’assaut mercredi par des citoyens souhaitant être vaccinés contre la grippe. « Nous éprouvons des difficultés techniques dus à un fort volume pour la prise de rendez-vous par téléphone », était-il écrit sur son site Internet.

Des clientèles prioritaires

Le gouvernement québécois a commandé deux millions de doses de vaccin contre la grippe cet automne, soit 25 % de plus que l’an dernier, indique le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS). Québec vaccine gratuitement des clientèles jugées prioritaires, comme les personnes âgées de 75 ans et plus ainsi que les gens ayant une maladie chronique (voir encadré plus bas).

« Le groupe qui est extrêmement touché par l’influenza, en terme d’hospitalisation et de décès, c’est les personnes âgées, dit le Dr Gaston De Serres, membre du Comité sur l’immunisation du Québec, qui relève de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). Mais pas les 60 ans et les 65 ans. C’est vraiment à partir de 75 ans. »

C’est pour cette raison que l’INSPQ a recommandé au gouvernement, il y a deux ans, de cibler les 75 ans et plus dans le cadre de son programme de vaccination contre la grippe. Le MSSS a toutefois décidé de maintenir la vaccination gratuite pour les personnes de 60 à 74 ans en bonne santé. Ces derniers peuvent faire une demande afin d’être vaccinés, indique le MSSS.

En cette pandémie de COVID-19, le vaccin contre la grippe suscite toutefois de l’intérêt dans l’ensemble de la population. « Il y a un fort engouement, à la fois parmi les clientèles prioritaires et non prioritaires », observe le pharmacien communautaire Alexandre Chadi, qui travaille dans le quartier Parc-Extension, à Montréal.

Des parents, entre autres, souhaitent immuniser leur enfant contre la maladie afin de leur éviter une fièvre et un isolement préventif à la maison, indique Benoit Morin, président de l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires. « Ils veulent éviter cette situation même si leur enfant n’est pas éligible au vaccin gratuit », précise-t-il.

Des travailleurs se tournent aussi vers les pharmacies. Contrairement aux années précédentes, des employeurs n’offrent pas la vaccination contre la grippe sur les lieux de travail. C’est notamment le cas de l’UQÀM. « Les fournisseurs qui organisent des cliniques en milieux de travail et avec lesquels nous avons communiqué nous ont dit que cette année les doses de vaccins pour la grippe saisonnière étaient réservées pour les personnes âgées ou ayant un risque particulier pour leur santé », dit la porte-parole de l’université, Jenny Desrochers.

Même son de cloche chez Biron Groupe Santé, qui n’effectuera pas de vaccination en entreprise cet automne. « Nous n’avons pas été en mesure de nous en procurer auprès des différents fabricants », dit sa porte-parole Annie Gauthier.

La firme Servirplus, elle, détient 29 000 doses de vaccin contre l’influenza. Elle est en rupture de stock. Des clients, dont les employés sont en télétravail, ont passé leur tour cette année, mais d’autres ont tenu à faire vacciner leur personnel présent sur le plancher. « Ce sont des entreprises de tous les secteurs, du domaine manufacturier ou alimentaire, entre autres », précise Stéphane André, directeur des ventes.

Le Dr Gaston De Serres croit que la population en bonne santé ne devrait pas trop s’en faire avec l’influenza cette année. Dans l’hémisphère Sud, la saison de la grippe, qui a lieu durant notre été, a été calme. « En Australie, en Argentine, au Chili et en Afrique du Sud, ils ont vu à peu près pas d’influenza, précise-t-il. Les mesures prises pour arrêter la COVID-19 semblent avoir un effet très très important sur l’influenza. »

L’influenza circule peu actuellement aux États-Unis, ajoute le Dr Gaston De Serres. « Habituellement, dans le mois de septembre, il y a toujours des milliers de personnes positives à ce temps-ci de l’année », dit-il. Or, les laboratoires américains rapportent très peu de cas jusqu’à présent. Selon le Centers for Disease Control and Prevention, 60 personnes ont contracté l’influenza depuis le 27 septembre.

Avec Annabelle Caillou

Vaccination gratuite et recommandée

- Les personnes âgées de 75 ans et plus

- Les adultes ayant des maladies chroniques

- Les femmes enceintes atteintes de maladies chroniques, quel que soit le stade de leur grossesse

- Les femmes enceintes aux 2e et 3e trimestres de leur grossesse

- Les enfants de 6 mois à 17 ans atteints de certaines maladies chroniques

- Les proches et aidants naturels des personnes mentionnées plus haut

- Les personnes vivant sous le même toit qu’un enfant âgé de moins de 6 mois

- Les travailleurs de la santé