La pandémie affecte durement la santé mentale des jeunes adultes montréalais

Selon une analyse publiée mercredi, 46% des Montréalais âgés entre 18 et 24 ans affirment ressentir des symptômes s’apparentant à un trouble d’anxiété généralisée ou à de la dépression majeure.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Selon une analyse publiée mercredi, 46% des Montréalais âgés entre 18 et 24 ans affirment ressentir des symptômes s’apparentant à un trouble d’anxiété généralisée ou à de la dépression majeure.

La pandémie de coronavirus est éprouvante pour de nombreux Québécois, mais elle affecte particulièrement les jeunes adultes de la métropole, constate la Direction régionale de santé publique de Montréal.

Selon une analyse publiée mercredi, 46 % des Montréalais âgés entre 18 et 24 ans affirment ressentir des symptômes s’apparentant à un trouble d’anxiété généralisée ou à de la dépression majeure. Ailleurs au Québec, ce taux atteint 31 %. Près d’un jeune adulte montréalais sur quatre, soit 23 %, rapporte que son foyer a subi des pertes financières majeures en lien avec la pandémie.

« C’est une période de la vie où le social a une place prépondérante. Mais actuellement, on demande aux jeunes de couper leurs contacts sociaux, ce qui peut avoir un impact plus important. Et [il y a aussi] le fait que les jeunes sont principalement au cégep et à l’université et qu’ils suivent leurs cours à distance. Il va falloir qu’on essaie de trouver, de manière créative et innovante, des façons de recréer des contacts sociaux à travers la vie scolaire », a fait valoir la directrice régionale de santé publique de Montréal, Mylène Drouin, qui, mercredi, a fait le point sur la pandémie en compagnie de Sonia Bélanger, p.-d.g. du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal et de la mairesse Valérie Plante.

Les données publiées par la Santé publique proviennent d’un sondage réalisé entre le 4 et le 14 septembre 2020 par la firme Léger basé sur un panel-web, dans le cadre d’un projet de recherche de l’Université de Sherbrooke. La Dre Drouin n’observe cependant pas de hausse du taux de suicide chez cette population.

Le plateau se maintient

La progression de la pandémie se stabilise à Montréal et le nombre de nouveaux cas a atteint un plateau qui se maintient depuis deux semaines, observe la Santé publique. Dans les sept derniers jours, Montréal a recensé 1724 nouveaux cas de COVID-19, soit une moyenne de 245 cas par jour. Le taux de reproduction du virus demeure bas, ce qui est encourageant, estime la Dre Drouin. « Je pense qu’on est collectivement sur la bonne voie », a-t-elle commenté.

La Dre Drouin note par ailleurs que le nombre de personnes qui se font dépister a diminué, ce qui est prévisible compte tenu de la fermeture des bars, des restaurants et des établissements susceptibles d’être des lieux de propagation. Mylène Drouin s’inquiète aussi du taux de positivité qui, sur le territoire montréalais, dépasse 5 %.

Parmi les quartiers les plus touchés par la pandémie figurent Parc-Extension, Snowdon, Côte-des-Neiges et Pointe-Saint-Charles, ainsi que l’arrondissement de Saint-Laurent.

À l’heure actuelle, 140 personnes sont hospitalisées dans la métropole, dont 36 se trouvent aux soins intensifs.

Les itinérants

La situation des personnes en situation d’itinérance demeure aussi préoccupante. La mairesse Plante dévoilera sous peu les détails du plan hivernal pour cette population vulnérable, mais mercredi, elle a fait savoir que 400 lits additionnels seront offerts durant la saison hivernale pour les sans-abri, soit le double du nombre de lits offerts l’an dernier. Des haltes-chaleur seront aussi mises en place.

Ces lits s’ajouteront aux 300 lits disponibles depuis le mois d’août dans l’ancien hôpital Royal-Victoria de même que dans deux YMCA, soit ceux de Guy-Favreau et d’Hochelaga-Maisonneuve. La mairesse avance d’ailleurs que selon les observations, le nombre d’itinérants a doublé à Montréal depuis le début de la pandémie. Ceux-ci seraient désormais au nombre de 6000 au lieu de 3000.

« On est dans une situation jamais vue. Alors, il faut qu’on s’adapte au fur et à mesure », a expliqué la mairesse. Elle souhaite d’ailleurs que les mesures additionnelles permettront aux sans-abri qui vivent sous des tentes dans un campement de fortune de la rue Notre-Dame de se trouver un toit : « Selon moi, il n’y a personne qui doit camper cet hiver. Une tente, ça ne protège pas du froid ».

Menaces de mort

Invitée à commenter les menaces de mort dont elle a récemment fait l’objet, la mairesse Plante a dénoncé la banalisation de ce type de comportement. « Hier, j’ai reçu un commentaire qui disait : “Quand on a cette job-là, il faut s’attendre à ça. Ça fait partie de la job”. Je suis désolée, mais ça ne fait pas partie de la job. Me faire critiquer, ne pas être aimée, être contestée, oui, ça fait partie de la job, mais de recevoir des menaces de mort, ça ne fait pas partie de la job. On ne devrait pas accepter cette prémisse », a-t-elle dit.

Vincent Rochette, un Montréalais qui fait face à deux chefs d’accusation relativement à des menaces de mort proférées à l’endroit de Valérie Plante le 8 septembre dernier, doit d’ailleurs comparaître jeudi matin au palais de justice de Montréal.

Besoin d’aide? N’hésitez pas à appeler la Ligne québécoise de prévention du suicide : 1 866 APPELLE (1 866 277-3553)

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