Les cas de COVID-19 en hausse chez les aînés de la métropole

Photo: Jacques Nadeau Le Devoir

Le nombre de cas de coronavirus est en hausse chez les personnes âgées dans la métropole, a observé la Direction de la santé publique (DSP) de Montréal qui s’inquiète de cette tendance et presse la population à faire preuve d’une plus grande vigilance.

Depuis le mois de septembre, la deuxième vague touche dans une plus grande proportion les jeunes âgés de 18 à 34 ans. Mais depuis deux semaines, la DSP note que la part de personnes âgées de plus de 65 ans parmi les cas de COVID-19 augmente rapidement. Ainsi, les aînés comptaient pour 6 % des cas à Montréal il y a deux semaines. Ce taux est maintenant passé à environ 15 %. « On a doublé le nombre de cas dans cette catégorie d’âge et, on le sait, ce sont des groupes beaucoup plus à risque pour développer des formes sévères [de la maladie] et être hospitalisés », a indiqué la directrice régionale de santé publique de Montréal, Mylène Drouin.

La DSP remarque aussi qu’à la différence de la première vague, ce sont les aînés vivant à domicile ou dans des résidences qui sont les plus touchées, témoignant ainsi d’une transmission communautaire accrue. Si les CHSLD publics semblent épargnés pour l’instant, une importante éclosion est survenue dans une résidence privée. Il s’agit des Résidences Soleil Manoir Plaza qui comptent 28 cas de contamination chez les résidents et quatre chez les employés avec six hospitalisations dont un décès.

Relâchement estival

« Il faut collectivement qu’on rehausse notre vigilance et qu’on protège la population aînée », a insisté la Dre Drouin qui attribue la situation au relâchement généralisé quant aux règles sanitaires. Elle dit avoir remarqué que dans la rue, les Montréalais étaient moins respectueux de la règle des deux mètres de distanciation. « Il y a des gens qui nous ont dit qu’en entreprises, ils changeaient beaucoup moins les bouteilles de Purell parce que les gens se lavent moins les mains. »

Depuis une semaine, de 300 à 350 nouveaux cas de COVID-19 sont recensés en moyenne chaque jour et le taux de reproduction et de positivité demeure élevé, « ce qui témoigne clairement d’une transmission communautaire soutenue dans l’ensemble du territoire montréalais », a fait remarquer la Dre Drouin. Trois territoires sont considérés comme plus chauds, soit Outremont, Montréal-Nord et Centre-Sud, et des interventions spécifiques y seront déployées.

La DSP compte 130 éclosions à Montréal en ce moment, dont 42 en milieu scolaire avec 336 écoles ayant au moins un cas, 18 en service de garde, 12 en milieux de soins, 50 dans les lieux de travail et huit dans les gyms et équipes sportives.

Au-delà des 28 jours

Le déconfinement de l’été a entraîné un relâchement général, ce qui a conduit à une deuxième vague, selon la Dre Drouin qui croit que certaines mesures de confinement devront vraisemblablement être maintenues après le 28 octobre. « Probablement qu’on n’aurait jamais dû parler de « déconfinement ». Je pense que ce qu’on est en train d’apprendre avec ce début de vague-là, c’est qu’il faut arriver à identifier des mesures avec lesquelles on va devoir vivre pour beaucoup de mois à venir. Elles vont nous amener à avoir une certaine circulation du virus, mais elles vont nous permettre de vivre dans une certaine normalité », a-t-elle expliqué.

À son avis, il importe de maintenir les gens au travail et de garder les écoles et les centres de la petite enfance ouverts : « C’est essentiel pour moi parce que derrière la pandémie, il y a aussi des impacts collatéraux et il faut trouver le juste équilibre ».

La situation est sous contrôle dans les hôpitaux, a pour sa part soutenu Sonia Bélanger, présidente-directrice générale du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal. À l’heure actuelle, 129 personnes sont hospitalisées dans la métropole, dont 25 aux soins intensifs. L’ensemble des hôpitaux montréalais ont un total de 1000 lits réservés aux cas de COVID-19, dont 150 pour les soins intensifs. « Donc, on a encore beaucoup de capacité en termes de lits et en termes d’infrastructures », a commenté Mme Bélanger, tout en insistant sur l’importance de protéger le personnel durement éprouvé lors de la première vague.

La situation est stable pour les préposés aux bénéficiaires, mais il demeure encore difficile d’empêcher le déplacement du personnel infirmier entre deux établissements, a-t-elle admis.

À l’approche de la longue fin de semaine de l’Action de grâce, la mairesse Valérie Plante a lancé un appel à la prudence, demandant aux Montréalais de limiter les contacts et de remettre à plus tard les rassemblements familiaux.