Fêter l’Halloween autrement?

Les villes comme Montréal, Laval, Longueuil, Québec et Sherbrooke entendent s’en remettre aux recommandations de la Santé publique en ce qui concerne l’Halloween.
Photo: Vadim Ghirda Associated Press Les villes comme Montréal, Laval, Longueuil, Québec et Sherbrooke entendent s’en remettre aux recommandations de la Santé publique en ce qui concerne l’Halloween.

La COVID-19 aura-t-elle raison de la traditionnelle collecte de bonbons d’Halloween cette année ? En attendant les directives de la Santé publique sur cette délicate question, plusieurs municipalités ont entrepris d’élaborer des plans B afin d’offrir des activités adaptées aux circonstances sans tuer l’esprit de cette fête si chère aux petits.

Cette année, l’île aux fantômes de Sainte-Anne-de-Sorel sera désertée par ses fantômes. Cette fête annuelle, qui attire des hordes de petits monstres depuis cinq ans, a été mise entre parenthèses en raison de la pandémie. « Chaque année, les gens viennent d’aussi loin que de Montréal, Québec et Valleyfield. Mais cette année, on ne peut pas tenir cette belle fête parce que, s’il y a un endroit où les gens sont serrés les uns contre les autres, c’est bien là », reconnaît le maire Michel Péloquin en promettant la tenue d’une fête de moindre envergure à l’école.

Les villes comme Montréal, Laval, Longueuil, Québec et Sherbrooke entendent s’en remettre aux recommandations de la Santé publique en ce qui concerne l’Halloween. Selon le ministre de la Santé, Christian Dubé, il est encore trop tôt pour dire si la cueillette de bonbons d’une porte à l’autre sera permise ou non. « On va tout faire, a-t-il affirmé. La Santé publique travaille en ce moment sur un protocole. […] J’espère qu’on pourra l’offrir à nos tout-petits. Ça dépend de nous. »

Rouyn-Noranda n’a pas attendu la décision des autorités sanitaires et a annoncé mardi qu’elle n’autorisera pas la collecte habituelle de friandises. Mais pas question de renoncer à la fête pour autant, puisque la Ville organisera un concours de décorations.

Sorel-Tracy a aussi élaboré un plan pour fêter l’Halloween autrement. « Je crois qu’on est rendus à notre quatrième scénario. Il est beaucoup plus minimaliste que ce qu’on aurait souhaité, mais dans les circonstances, on veut fêter l’Halloween de façon sécuritaire », explique Dominic Brassard, chef de la division des communications à la Ville de Sorel-Tracy. Au programme : un concours de déguisements et de décorations sur la page Facebook de la municipalité et un spectacle virtuel pour les enfants sur YouTube.

Réduire les risque

La collecte de friandises de porte en porte est-elle risquée en temps de pandémie ? « Il faut réduire les contacts entre personnes. Si les bonbons sont donnés dans des sacs, il n’y a pas trop de risques. Le risque de transmission par contact avec un objet, c’est un ballon qui s’est pas mal dégonflé », explique le Dr Gaston De Serres, épidémiologiste à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

Mêmes échos du côté de la Dre Marie-France Raynault, cheffe du Département de santé publique et de médecine préventive du CHUM, qui croit à la possibilité d’aller de l’avant sans trop de risques avec l’Halloween « si la situation ne dégénère pas d’ici le 28 octobre ».

À son avis, les risques sont faibles pour les enfants, qui se promènent d’ordinaire « en bulles » avec leurs parents, mais plus élevés pour les adultes, et surtout pour les jeunes qui passeraient de porte en porte en groupe.

Plusieurs solutions pourraient être proposées pour « mitiger les risques », comme prévoir des parcours dans les quartiers, offrir les bonbons déjà enveloppés dans des paquets en les disposant sur des tables, plutôt que de les distribuer à la main ou de laisser les enfants piger dans des bols.

Médecin-conseil au Centre de recherche du CHU de Québec, le Dr Marc Dionne estime qu’il faudra agir en fonction de la situation épidémique de chaque région. « Disons qu’à Maria, en Gaspésie, ou à Montréal, ce ne serait peut-être pas une bonne idée de passer l’Halloween en ce moment ! Mais dans certaines régions, le risque est très faible. »

Si dans deux semaines la phase ascendante actuelle commence à s’essouffler, il pourrait être possible de contrôler les contacts et de fêter l’Halloween, estime Benoit Mâsse, épidémiologiste à l’École de santé publique de l’Université de Montréal. « Il faut que les enfants retrouvent un semblant de normalité, dit-il. Je trouve que les enfants paient le prix de l’inaction du gouvernement et de notre grande tolérance à l’égard de ceux qui ne respectent pas les règles. »

Avec Mylène Crête

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