Québec resserre les règles en zone rouge

Le gouvernement Legault renforce les mesures dans l’espoir de freiner la deuxième vague d’infections au coronavirus dans les régions situées en zone rouge. Le port du masque devient obligatoire sur le terrain de l’école, y compris en classe, pour les élèves du secondaire. Les sports d’équipe sont suspendus, tant en milieu scolaire que dans les ligues organisées.

Les élèves de quatrième et de cinquième secondaire auront aussi un horaire en alternance — une journée en classe et une journée en cours à distance — pour diminuer le nombre d’élèves dans les écoles, dans les autobus et dans les autres lieux où les jeunes se rassemblent.

Les restrictions montent jusque dans les cégeps et les universités, où le gouvernement demande de limiter autant que possible les activités sur les campus. Les stages, notamment en enseignement, et les activités de recherche et de laboratoire peuvent toutefois continuer.

En vigueur jeudi

Ces mesures entreront en vigueur à compter de jeudi pour une période de 20 jours uniquement dans les régions situées en zone rouge, soit la grande région de Montréal, Québec, Chaudière-Appalaches et certaines municipalités des Laurentides, de Lanaudière et de la Gaspésie. Dans les autres régions, les mesures de prévention restent les mêmes qu’à l’heure actuelle.

Les écoles ont-elles assez d’ordinateurs pour les élèves qui passent en enseignement hybride ou à distance ? La question est sur toutes les lèvres dans le réseau de l’éducation. La fermeture pour deux semaines de l’école secondaire Jacques-Rousseau, à Longueuil, annoncée dimanche soir, est perçue par plusieurs comme un test.

Cette polyvalente de 2184 élèves doit fermer temporairement parce que 20 cas de contamination au coronavirus (18 élèves et 2 enseignants) ont été confirmés. Quelque 521 élèves de cette école ont besoin d’un ordinateur et 61 familles d’élèves n’ont pas accès à Internet, a confirmé au Devoir le Centre de services scolaire Marie-Victorin (CSSMV).

Le Centre de services fournira un ordinateur et un branchement à Internet à tous les élèves qui en ont besoin, indique le porte-parole Alexandre Kozminski Martin. Dès 13 h 24 lundi, l’école Jacques-Rousseau a envoyé aux parents l’horaire des cours à distance des deux prochaines semaines. En soirée, des parents sont venus à l’école chercher des ordinateurs portables et des tablettes. « Je suis impressionnée. L’école s’est vite organisée », a dit au Devoir la mère d’un élève.

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a assuré que le réseau est prêt, « sauf de très rares exceptions, à fournir les outils informatiques à ceux qui en ont besoin ».

Hélène Bourdages, présidente de l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire (AMDES), indique que les réserves d’ordinateurs sont basses dans le réseau. Les équipements ont été commandés, mais ne sont pas nécessairement arrivés dans les écoles, selon elle.

Certaines écoles distribueront aux élèves dans le besoin les ordinateurs qui sont déjà en classe, comme lors du printemps, en cas de fermeture temporaire d’un groupe ou d’enseignement hybride, comme en quatrième et cinquième secondaire en zone rouge.

Le gouvernement a resserré les mesures de prévention dans le but ultime de garder les écoles ouvertes, a fait valoir le ministre Roberge. « On ne peut pas dire que les écoles sont un vecteur majeur de transmission, […] mais la COVID s’est invitée dans nos écoles par la voie parfois du personnel, parfois des élèves », a expliqué lundi le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

Il a souligné que le nombre d’élèves et de membres du personnel infectés augmente, tout comme le nombre de classes et d’écoles forcées de fermer temporairement à cause d’éclosions. En date du 2 octobre, le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES) rapportait au moins un cas actif dans 666 des 2997 écoles primaires et secondaires. Plus de 1100 élèves étaient déclarés positifs.

Les sports d’équipe et les activités parascolaires sont suspendus en zone rouge, non seulement dans les écoles, mais aussi dans les ligues organisées, a précisé Isabelle Charest, ministre déléguée à l’Éducation. Les centres d’entraînement, ou « gyms », doivent aussi fermer temporairement leurs portes.

« Je suis tout à fait consciente qu’il s’agit de mauvaises nouvelles qui vont en décevoir plusieurs », a-t-elle ajouté. Les salles d’entraînement auront droit à une aide financière du ministère de l’Économie, a fait valoir Mme Charest.

Ce resserrement des mesures de prévention a été bien accueilli dans le réseau de l’éducation. Parents, directions d’école et syndicats d’enseignants ont salué l’amélioration de la « cohérence » des directives visant les jeunes.

« Les comportements attendus sont maintenant les mêmes à l’école et dans la société civile, comme dans les ligues de sports d’équipe », a déclaré Sylvain Martel, porte-parole du Regroupement des comités de parents autonomes du Québec, qui rassemble les parents de Montréal et de Laval.

Il devenait embarrassant de dire aux jeunes de se limiter à leurs « bulles-classes » à l’école, mais de leur permettre de jouer dans leur ligue de hockey sans distanciation avec les mêmes amis, souligne-t-on dans le réseau scolaire.

Les syndicats d’enseignants, notamment la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), ont souligné qu’ils réclament depuis le début de l’année scolaire certaines mesures annoncées lundi, dont le port du masque en tout temps pour les élèves du secondaire. Ils reprochent au gouvernement de réagir à retardement à la hausse des infections.

De leur côté, les pédiatres ont dénoncé le resserrement des mesures sanitaires à l’école. « On sait que les jeunes sont capables de s’adapter pour quelque temps, mais nous observons des signes inquiétants. Il y a une augmentation de l’anxiété dans nos cabinets, on voit que le recours à la médication augmente. La toxicomanie bat des records et on ne parle pas de l’usage pathologique d’Internet », a fait savoir le Dr Jean-François Chicoine, pédiatre au CHU Sainte-Justine et porte-parole de l’Association des pédiatres du Québec.

Avec Isabelle Paré

À voir en vidéo

3 commentaires
  • Benoit Samson - Abonné 6 octobre 2020 05 h 38

    Statistiques significatives différentes que celles rapportées

    ''En date du 2 octobre, le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES) rapportait au moins un cas actif dans 666 des 2997 écoles primaires et secondaires. Plus de 1100 élèves étaient déclarés positifs.''
    Or, les faits sont différents:
    Le nombre total de cas rapportés dans les écoles depuis le début du retour en classe est 1,987 et non pas 1,100.
    Le nombre d'écoles qui ont eu des cas actifs depuis le retour en classe est 839 et non pas 666.
    L'Ontario, qui a plus d'écoles dans la province que le Québec et qui exige le port du masque en classe a eu quatre fois moins de cas que le Québec dans ses écoles, soit 539 comparativementà 1,937 au Québec. L'Ontario a ussi présentement deux fois moins de ses écoles affectées soit 335 dans ses 4,828 écoles comparativement à 666 pour le Québec.dans ses 2,997 écoles.
    Il faut noter que depuis le 28 septembre on ampute du compte rapporté dans le rapport du ministère les écoles qui n'ont plus de cas actifs depuis 14 jours tel qu'indiqué dans le rapport:
    ''NOUVEAUTÉ
    À partir de la publication du 28 septembre 2020, les écoles ne présentant aucun cas rapporté avec diagnostic depuis 14 jours sont retirées de la liste. Afin de présenter un portrait plus juste de la situation, nous indiquerons donc, dans chaque publication, le nombre d’écoles retirées depuis le dernier rapport, ainsi que le nombre d’écoles avec au moins 1 cas actif en date de la collecte.''

    Ref 1: https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/education/publications-adm/covid-19/reseauScolaire_faitsSaillants.pdf?1601312270
    Ref 2 : https://www.ontario.ca/page/covid-19-cases-schools-and-child-care-centres

  • Benoit Samson - Abonné 6 octobre 2020 06 h 09

    Illogismes flagrants de la décision du port du masque en classe du ministère de l’éducation

    La décision du ministère de l’éduction d’imposer le port du masque en classe à la lumière des récentes ( 5 octobre) directives du CDC confirmant l’importance de la transmission par aérosol et en considérant le nombre de cas beaucoup plus élevé (1987 v/s 539) dans les écoles du Québec comparativement à celles de l’Ontario dans lesquelles on l’impose depuis la réouverture est une décision logique et longuement attendue.
    Cependant, il est illogique de limiter l’imposition de ces mesures aux écoles secondaires à l’exclusion des écoles primaires. Les paramètres qui facilitent la transmission dans les classes chargées des écoles primaires sont les mêmes qui ont servi de justification pour imposer le masque dans les écoles secondaires. En excluant les écoles primaires de ces directives, on inflige à leurs élèves des taux d'infections qui pourraient être évités, comme ils le seront dans les écoles secondaires et dans les écoles primaires de l’Ontario dont tous les élèves portent le masque en classe.
    Les inquiétudes rapportées par le Dr Chicoine méritent l’analyse. Il serait approprié de comparer l’incidence des difficultés qu"il signale avec l’Ontario pour pouvoir conclure qu’il y a une incidence plus élevées de problèmes dans les écoles dans lesquelles le port du masque est obligatoire en classe. De plus se replier sur l’argument que ces dommages pourraient survenir à long terme est aussi illogique pour ne pas exiger le port du masque car on annonce que ces mesures seront temporaires pour traverser la deuxième vague.
    Finalement, il est aussi illogique de limiter ces mesures aux zones rouges car c’est par ces transmissions, entre autre, que l’on finit par passer du vert au jaune et du jaune au rouge de toutes les teintes. Il serait plus logique d’imposer le port du masque en classe dans toutes les zones multicolores jusqu’à ce que la deuxième vague soit terminée pour éviter de toujours essayer de rattraper le temps perdu, toujours trop peu, trop tard.

  • René Racine - Abonné 6 octobre 2020 10 h 03

    Le plus gault gault mène

    Le Québec, le pire record de COVID19 au Canada et un des pires au monde sinon le pire. Le Québec en entier est aux prises à une terrifiante maladie et le beau TRIO donneur de leçons lance à tout vent leurs incohérences et leur statistique pompeuse sur le nombre de cas, d'hospitalisation et décès. Réinventer la roue à tous les jours quand on en a les moyens, pourquoi s'en priver et battre des records. Il y a des exemples "à succès" à suivre pas très loin, les autres provinces canadiennes par leurs directives bien différentes du Québec ont des bilans positifs bien supérieurs.