La santé mentale, la victime oubliée de la pandémie, selon l’OMS

Photo: Pierre-Philippe Marcou Archives Agence France-Presse

Le père du DJ Avicii plaidera samedi pour que plus de fonds soient consacrés à la santé mentale, qui selon l’OMS est la « grande oubliée » d’une pandémie qui a dévasté les services spécialisés.

L’Organisation mondiale de la santé a préparé le terrain lundi en présentant un état des lieux, qui souligne l’ampleur des dégâts.

L’événement visant à lever des fonds, qui se tiendra sur les réseaux sociaux, verra aussi la participation de la mère de la chanteuse Lady Gaga, Cynthia Germanotta, ou encore de la reine Mathilde de Belgique, mais aussi de la veuve du chanteur de Linkin Park, Chester Bennington, qui comme DJ Avicii s’est suicidé.

Selon une enquête effectuée auprès de 130 pays pour tenter de quantifier l’impact, 93 d’entre eux ont fait état de graves perturbations dans les services spécialisés dans la santé mentale. Et si 83 % des pays sondés ont réservé des fonds à la santé mentale dans les plans de sauvetage anti-COVID-19, seulement 17 % y ont alloué les sommes jugées nécessaires.

« C’est l’aspect oublié de la COVID-19 », a souligné Devora Kestel, la directrice de l’OMS en charge de la santé mentale lors d’une conférence de presse virtuelle, en insistant sur le besoin d’argent.

Les pays ne consacraient en général que 2 % de leur budget santé à la santé mentale et étaient déjà assez souvent incapables de répondre à la demande.

Mais avec la pandémie et son cortège de morts — ou encore l’isolement forcé pour empêcher la contagion —, la demande pour ces services a bondi. « Le deuil, l’isolation, la perte de revenus et la peur ont déclenché des problèmes de santé mentale ou exacerbé ceux déjà existants », a rappelé l’organisation, ajoutant que « de nombreuses personnes pourraient faire face à la consommation accrue d’alcool et de stupéfiants, l’insomnie ou de l’anxiété ».

Quelque 30 % des pays ont signalé des perturbations dans l’aide psychiatrique d’urgence et l’approvisionnement de médicaments. Les services de prévention ont été particulièrement touchés, mais l’OMS note que là comme ailleurs les pays s’adaptent notamment par le biais de la télémédecine.

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