Le Québec aurait assez de lits pour les quatre prochaines semaines

Le Québec dispose d’un nombre suffisant de lits dans les hôpitaux pour accueillir les patients atteints de COVID-19 au cours des quatre prochaines semaines, selon l’INESSS.
Photo: Marie-France Coallier Archives Le Devoir Le Québec dispose d’un nombre suffisant de lits dans les hôpitaux pour accueillir les patients atteints de COVID-19 au cours des quatre prochaines semaines, selon l’INESSS.

Le Québec dispose d’un nombre suffisant de lits dans les hôpitaux pour accueillir les patients atteints de COVID-19 au cours des quatre prochaines semaines, à condition que le taux de transmission demeure le même.

« On est loin de la rupture, pour l’ensemble du Québec », a affirmé mercredi le président directeur de l’Institut national d’excellence en santé et services sociaux (INESSS), Luc Boileau. « Mais il y a une augmentation », a-t-il tout de suite prévenu.

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De concert avec l’Université McGill, l’INESSS a mis au point un modèle de prédiction des besoins en ressources hospitalières. Le modèle, une première canadienne, se base sur des données recueillies par le ministère de la Santé dans la semaine du 7 au 13 septembre. Il sera mis à jour de manière hebdomadaire, afin d’outiller Québec lorsque vient le temps de libérer des lits.

« On initie une nouvelle façon de calibrer l’anticipation des hospitalisations », a résumé le Dr Boileau.

En prévision de la première vague, quelque 8000 lits avaient été réservés dans les hôpitaux. Or ce nombre s’est révélé trop élevé, la COVID-19 faisant surtout des ravages dans les CHSLD.

Cette fois, 2100 lits ont été libérés dans les hôpitaux, a rappelé le Dr Boileau. Et en vertu des données que l’INESSS a recueillies, ce nombre apparaît suffisant. « Actuellement, nous sommes dans une zone qui permettrait, s’il y avait des changements de comportements et de risque de transmission, d’éviter d’atteindre les capacités maximales. Nous sommes encore dans cette zone », a déclaré le médecin.

Un portrait du début de la deuxième vague

Les travaux de l’INESSS permettent en outre d’avoir un meilleur portrait des infections récentes à la COVID-19.

Des 1886 nouveaux cas confirmés hors des CHSLD au cours de la semaine du 7 au 13 septembre, pas moins de 1158 touchent des personnes de moins de 40 ans.

Pour cela peut-être, les chercheurs observent que le taux d’hospitalisation des quatre dernières semaines (5 %) est nettement inférieur à celui de la « cohorte initiale », correspondant aux cas recensés entre le début de la pandémie et le 21 juin (12,9 %).

Avec leur modèle de prévision, les chercheurs ont déterminé les caractéristiques des personnes les plus à risque d’être hospitalisées. Elles sont 72 sur 1886 à être à risque de nécessiter de tels soins (taux d’hospitalisation de 3,8 %), et 52 d’entre elles ont plus de 60 ans.

Une vaste majorité (1601 cas sur 1886) n’a pas un « profil avec comorbidité » — autrement dit, des facteurs de risque pouvant réduire les risques de survie d’une personne touchée.

L’exercice mené par l’INESSS confirme aussi l’unicité de ce début de deuxième vague, en notant que 954 des 1886 nouveaux cas ont été recensés hors de Laval, de Montréal et de sa couronne, toujours dans la semaine du 7 au 13 septembre.

Dans la première vague, 24 % des cas touchaient des gens de l’extérieur de Montréal, Laval et la couronne. Cette fois, ce pourcentage s’établit à 51 %.

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