Les consignes à suivre en cas de risque de contagion

Pour les cas confirmés de COVID-19, si le patient est asymptomatique, il doit rester isolé pendant 10 jours après la date du dépistage.
Photo: Joe Raedle Getty Images via Agence France-Presse Pour les cas confirmés de COVID-19, si le patient est asymptomatique, il doit rester isolé pendant 10 jours après la date du dépistage.

Alors que les cas de COVID-19 ne cessent d’augmenter depuis quelques jours aux quatre coins du Québec, que faire si un proche ou nous-même croyons avoir contracté la COVID-19 ? Mieux vaut courir se faire dépister ou s’isoler aussitôt ? Pendant 10 ou 14 jours ? Le Devoir fait le point avec des experts du monde de la santé.

« Règle générale, le plus important pour freiner la transmission est de s’isoler rapidement », explique d’emblée le microbiologiste Michael Libman, également professeur à l’Université McGill. Selon lui, le réflexe de se faire dépister dès qu’un doute s’installe n’est pas le bon. « On peut être négatif aujourd’hui et positif le lendemain », en raison de la période d’incubation du virus dans l’organisme, souligne-t-il. D’autant plus que les files d’attente se sont allongées devant plusieurs cliniques dernièrement.

« À moins que vous ne passiez des tests en série, un test négatif ne signifie pas que vous n’avez pas le virus », a également rappelé cette semaine l’administratrice en chef de la santé publique du Canada, Theresa Tam. L’isolement ne doit donc pas être écourté, même si on reçoit entre-temps un résultat de test négatif.

Une fois isolé, on informe la Santé publique de la situation, ajoute Christina Zarowsky, professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal. Elle évaluera ensuite les mesures à prendre.

Suivez l'évolution de la COVID-19 au Québec

Consultez notre tableau de bord interactif

Isolement

Le besoin — ou non — de s’isoler et la durée de cette quarantaine varient en fonction de la situation. Un isolement préventif doit durer 14 jours et s’applique à une personne ayant côtoyé de près un individu infecté. Selon la Santé publique, une exposition de plus de 15 minutes, sans masque et à moins de deux mètres de distance équivaut à un « contact étroit ». Et le risque augmente dans les espaces intérieurs.

Pour les cas confirmés de COVID-19, si le patient est asymptomatique, il doit rester isolé pendant 10 jours après la date du dépistage. Si des symptômes apparaissent, l’isolement sera aussi de 10 jours, mais à partir du moment où la fièvre, la toux ou les difficultés respiratoires ont commencé.

Quant aux voyageurs de retour d’un séjour à l’étranger, l’isolement de 14 jours est obligatoire, et ce, partout au Canada.

Il est temps de se faire tester quand des symptômes apparaissent, précise Michael Libman, permettant du même coup à la Santé publique de mieux documenter les possibles éclosions. « Et on ne s’y rend pas en transports en commun. »

Advenant que notre état de santé se détériore, il ne faut pas hésiter à composer le 1 877 644‑4545 — la ligne d’information sur la COVID-19 du gouvernement — ou même le 911, ajoute le Dr Libman. La Santé publique recommande en outre aux citoyens éprouvant de l’anxiété ou du stress, ou étant envahi par la peur d’avoir attrapé le virus de contacter le 811 (Info-Santé).

Règles

Une personne qui s’isole doit respecter un certain nombre de règles. Elle doit d’abord éviter de sortir, que ce soit pour faire ses emplettes ou se promener dans un parc. Chez elle, elle doit se mettre à l’écart des autres membres de la maisonnée.

Dans son guide « Mesures pour la gestion des cas et des contacts dans la communauté », l’Institut national de santé publique du Québec va même plus loin. Les proches n’ayant pas été exposés à la personne infectée depuis le début de ses symptômes devraient se tenir loin du domicile tant que celle-ci est isolée, recommande l’organisme.

Ces conditions sont toutefois difficiles, voire impossibles à respecter pour la plupart des gens, relève Benoit Mâsse, épidémiologiste à l’École de santé publique de l’Université de Montréal. « Ce n’est pas tout le monde qui a une grande maison, qui peut s’installer dans le sous-sol et utiliser une deuxième salle de bains », illustre-t-il.

Dépistage

Dans ce genre de circonstances, un dépistage rapide s’impose. Autre exemple : un proche aidant devant prendre soin de son parent âgé de plus de 70 ans et donc plus à risque de complications graves s’il contracte le virus. Dans ce cas aussi, selon M. Mâsse, il est préférable de se faire tester le plus tôt possible.

Le test PCR — actuellement utilisé pour dépister la COVID-19 au Québec — est « excessivement sensible », et peut détecter des « fragments de virus », explique le spécialiste. D’autant plus que lorsqu’une personne est informée par la Santé publique qu’elle a été en contact étroit avec un cas positif, il s’est généralement écoulé une, deux, voire trois journées. « Si vous avez été infecté lors de ce contact-là, le test sera positif », assure-t-il.

À voir en vidéo