Legault reconnaît que les consignes sont difficiles à appliquer

Malgré la hausse du nombre de cas, un reconfinement comme celui que le Québec a connu au printemps n’est pas envisagé, a répété le premier ministre.
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne Malgré la hausse du nombre de cas, un reconfinement comme celui que le Québec a connu au printemps n’est pas envisagé, a répété le premier ministre.

Les faits saillants du jour

  • Le nombre de nouveaux cas signalés au Québec dépasse la barre du 300, alors que l'on en rapporte 303.
  • Le nombre total de personnes infectées depuis le début de la pandémie s'élève donc maintenant à 65 857.
  • Un décès est survenu dans les 24 dernières heures, auquel s'ajoutent deux décès survenus entre le 9 et le 14 septembre, pour un total de 5788 décès.
  • Le nombre d'hospitalisations a diminué de trois comparativement à la veille, pour un total de 130. Parmi ces patients, le nombre de personnes se trouvant aux soins intensifs a augmenté de trois, pour un total de 26.

Le gouvernement québécois est aux prises avec un épineux problème pour stopper la propagation du coronavirus : l’inapplicabilité des mesures de la santé publique dans les rassemblements privés. Le premier ministre François Legault en a de nouveau appelé mercredi à la collaboration des Québécois lorsqu’ils se rassemblent en famille ou entre amis.

« C’est difficile, a-t-il reconnu en mêlée de presse. Vous savez qu’au Québec, pour pouvoir entrer dans une maison, ça prend un mandat. Donc, effectivement, ce n’est pas simple, mais on n’exclut rien à ce moment-ci, là. »

Le ministère de la Sécurité publique et le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) sont en discussion pour tenter de trouver des pistes de solutions. « Je n’ai pas entendu personne, là, me suggérer concrètement comment on peut, demain matin, intervenir dans toutes les maisons, comment on peut donner des mandats, a-t-il constaté. Est-ce qu’on demande aux policiers de rentrer sans mandat dans les maisons ? Ce n’est pas simple. » Il a également fait valoir « qu’il y a beaucoup de maisons au Québec ».

L’une des options envisagées serait de permettre aux policiers de donner un constat d’infraction rapide comme ceux qu’ils remettent pour les excès de vitesse. Autrement, la procédure administrative est fastidieuse puisque le policier doit remplir un long rapport et le soumettre au DPCP.

La propagation de la COVID-19 a surtout lieu présentement dans ces rassemblements privés. « Oui, il y en a un peu dans les bars, peut-être qu’il y en a dans les manifestations, mais le principal problème, c’est dans les maisons », a indiqué le premier ministre. Une manifestation contre le port obligatoire du masque a rassemblé des centaines de personnes en fin d’après-midi devant l’Assemblée nationale la veille, ce qui contrevient aux recommandations de respecter la distanciation physique entre les gens et d’éviter les rassemblements de plus de 250 personnes.

« N’est-ce pas là un rassemblement qui pourrait être un foyer potentiel donc qui mettrait à mal la sécurité des gens », a demandé le chef intérimaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, en mêlée de presse. Il y a, selon lui, « un drôle de message » entre ces manifestations d’un côté et la consigne que « 10 personnes, c’est beaucoup quand on sait très bien que les policiers ne peuvent pas intervenir dans les résidences privées à moins d’avoir l’autorisation pour le faire ».

« Faut-il vraiment attendre, justement, que ça devienne des foyers de contamination, de contagion pour agir », a fait valoir la députée libérale Marie Montpetit.

« Est-ce qu’on veut faire des martyrs, entre guillemets, de ces personnes-là ?, a réagi M. Legault. Donc, il y a des pour, il y a des contres. Ce n’est pas blanc ou noir. » Il a évoqué les dérives auxquelles avaient mené les manifestations étudiantes en 2012.

« Est-ce que quelqu’un qui se promène avec un drapeau des Patriotes ou un drapeau du Québec est un antimasque automatiquement ? Est-ce qu’on veut interdire toutes les manifestations ? Est-ce que les personnes qui sont collées, ce sont des personnes qui habitent ensemble ? Si c’est le cas, ils ont le droit. Donc, ce n’est pas si simple que ça. »

Le député solidaire Sol Zanetti a invité le gouvernement à « trouver un équilibre » entre le droit de manifester et les mesures de santé publique. « Ce n’est pas parce que c’est une manifestation pour exprimer un point de vue politique qu’il faut que ça soit exempté d’efforts de santé publique, a-t-il dit. Alors, il faut que le gouvernement donne des balises claires là-dessus puis qu’elles soient respectées, puis je pense qu’on peut trouver un équilibre là-dedans. »

Le Québec a enregistré 303 nouveaux cas d’infection au coronavirus mercredi, ce qui porte leur nombre total à 65 857 depuis le début de la pandémie. Un nouveau décès s’est ajouté au bilan portant le total à 5788. Deux décès survenus entre le 9 et le 14 septembre ont aussi été ajoutés. En tout, 26 personnes sont alitées aux soins intensifs, soit trois de plus que la veille. Le nombre d’hospitalisations pour soigner la COVID-19 est de 130, soit trois de moins que la veille.

Malgré la hausse du nombre de cas, un reconfinement comme celui que le Québec a connu au printemps n’est pas envisagé, a répété le premier ministre. « On ne veut pas ça cet automne, ça serait catastrophique », a-t-il affirmé en reprenant le qualificatif utilisé par le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, un peu plus tôt.