COVID-19 au Québec: une situation «sous contrôle, mais préoccupante»

Des clients portant un couvre-visage faisaient leurs emplettes dans un marché public montréalais, dimanche. Le nombre de cas de COVID-19 a bondi ce week-end.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Des clients portant un couvre-visage faisaient leurs emplettes dans un marché public montréalais, dimanche. Le nombre de cas de COVID-19 a bondi ce week-end.

Le nombre de nouveaux cas de COVID-19 a poursuivi sa progression dimanche au Québec, où pas moins de 279 nouvelles infections ont été signalées.

Un nouveau décès a également été enregistré dans les dernièresheures, mais un autre a été retiré puisqu’une enquête a démontré qu’il n’était finalement pas attribuable à la COVID-19. Le bilan se maintient donc à 5780 morts.

Les autorités sanitaires du Québec ont déclaré dimanche que 124 personnes avaient été hospitalisées dans la province en raison de la COVID-19, soit 1 de moins que la veille. Parmi elles, 19 personnes étaient aux soins intensifs, soit une augmentation de 3 par rapport à samedi.

« On observe des [hausses] importantes presque partout au Québec », a signalé le ministre de la Santé, Christian Dubé, sur Twitter, décrivant la situation comme étant « sous contrôle, mais préoccupante ».

Cette augmentation coïncide avec une première journée de « bris de service » en soins intensifs à l’Hôpital de Gatineau, dans la région de l’Outaouais, en raison d’un manque de personnel. Les patients qui devaient être traités aux soins intensifs ont été transportés dans des hôpitaux de la région. Dans un communiqué diffusé samedi, le CISSS avait affirmé qu’il ferait tout ce qui était en son pouvoir « dans les prochains jours » pour rouvrir les soins intensifs.

Patrick Guay, président du Syndicat des professionnels en soins de l’Outaouais (SPSO), ne semble pas surpris de cette situation, y voyant le « point culminant » de plusieurs mois de difficultés. Il n’y avait que deux infirmières pour s’occuper des quatre lits aux soins intensifs de l’hôpital, indique-t-il.

« S’il y en a une qui va manger, ça veut dire que ça tombe à une infirmière pour quatre patients. C’est impensable et pas sécuritaire », a-t-il soutenu.

M. Guay ne serait pas surpris que d’autres unités ferment prochainement dans la région, rappelant que les services d’obstétriques ne sont plus disponibles depuis déjà plusieurs mois dans le Pontiac.

« Il va y en avoir d’autres, a-t-il prévenu. À certains endroits, j’ai de 60 à 70 % des postes qui sont vacants, en assurance invalidité ou en congé de maternité ou de paternité. »

« Il n’y a aucune entreprise au Québec qui peut faire fonctionner son entreprise avec 30 % de son monde. »

Une rencontre est prévue entre la partie patronale et le syndicat prochainement, mais « le mal est déjà fait », déplore M. Guay.

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