Québec cherche du personnel pour dépister et vacciner

Le gouvernement du Québec envisage, entre autres, de recourir à des étudiants pour effectuer des prélèvements dans les cliniques de dépistage de la COVID-19 de la province.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Le gouvernement du Québec envisage, entre autres, de recourir à des étudiants pour effectuer des prélèvements dans les cliniques de dépistage de la COVID-19 de la province.

Les campagnes de recrutement se multiplient au Québec pour trouver du personnel prêt à travailler dans les cliniques de dépistage de la COVID-19. Le gouvernement envisage même de recourir à des étudiants pour effectuer des prélèvements. Les professionnels de la santé seront sollicités cet automne, notamment pour vacciner la population contre la grippe.

Beaucoup de cliniques de dépistage sont achalandées au Québec, dans les « zones jaunes » comme Québec et Laval, entre autres. La province a d’ailleurs enregistré un record de dépistage mercredi : plus de 26 000.

Pour maintenir la cadence et l’accélérer, nombre d’établissements de santé recrutent de la main-d’œuvre pour réaliser les prélèvements. Au CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal, 21 postes de dépistage sont affichés. Le CISSS de Laval, lui, veut embaucher une vingtaine de professionnels. « On invite les gens, qui sont toujours disponibles, à s’inscrire à JeContribue, dit sa porte-parole Judith Goudreau. C’est sûr qu’ils seront appelés. »

Étudiants à contribution

L’Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec propose de mettre les étudiants à contribution. « Il y a un besoin criant dans les cliniques de dépistage, dit son président, Denis Pelletier. On est prêts à aider. » Son ordre a d’ailleurs déposé, dès le 17 juillet, une demande à l’Office des professions du Québec afin que les étudiants en physiothérapie soient autorisés à procéder à des prélèvements.

L’Office des professions dit avoir analysé le dossier et transmis ses recommandations au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS). La balle est dans le camp du gouvernement.

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« Le MSSS examine présentement la question, non seulement pour les étudiants en physiothérapie, mais pour d’autres catégories d’étudiants de professions de la santé », répond le ministère de la Santé, dans un courriel.

Le MSSS rappelle qu’un arrêté ministériel a été adopté en mai afin de permettre à davantage de professionnels (orthophonistes, audiologistes, physiothérapeutes, dentistes, hygiénistes dentaires et diététistes-nutritionnistes) d’effectuer des tests de dépistage de la COVID-19. Il souligne toutefois que « des travaux sont en cours pour augmenter le bassin de main-d’œuvre pour effectuer des dépistages ».

Vaccination

Avec la pénurie de main-d’œuvre actuelle, la concurrence est vive entre les établissements de santé pour embaucher des professionnels. « Les CHSLD recrutent aussi en ce moment des infirmières et des infirmières auxiliaires », dit la Dre Marie-France Raynault, spécialiste en santé publique.

Or, les autorités de santé publique lanceront cet automne leur campagne de vaccination contre la grippe. Le MSSS a d’ailleurs contacté jeudi au moins trois ordres professionnels (celui des physiothérapeutes, des ergothérapeutes et des orthophonistes et audiologistes) afin de solliciter leur collaboration, a appris Le Devoir.

Dans une lettre envoyée aux ordres professionnels, le MSSS dit vouloir « constituer un nouveau bassin de professionnels de la santé qui pourraient être habilités, de manière exceptionnelle en raison de la pandémie et sous réserve d’avoir suivi une formation […], à administrer le vaccin contre l’influenza et éventuellement contre la COVID-19 ».

Le MSSS demande aux ordres professionnels de fournir, d’ici lundi, une estimation du nombre de membres souhaitant « agir à titre de vaccinateurs en ces circonstances particulières ».

Les pharmaciens, eux, ont le pouvoir de donner des vaccins depuis le printemps dernier. Un projet de loi a été adopté en ce sens.

219 nouveaux cas au Québec

Le nombre de nouveaux cas de la COVID-19 rebondit au-dessus de la barre du 200, vendredi au Québec, alors qu’on en signale 219.

Le nombre total de personnes infectées depuis le début de la pandémie est donc maintenant de 64 463. Aucun décès n’a été enregistré dans les 24 dernières heures, mais on en ajoute un survenu entre le 4 et le 9 septembre, un autre avant le 4 septembre et un troisième à une date inconnue.

Toutefois, le total des décès s’élève à 5774 en raison du retrait de deux décès pour lesquels l’enquête a démontré qu’ils n’étaient pas attribuables à la COVID-19. Le nombre d’hospitalisations a augmenté de quatre comparativement à jeudi, pour un total de 123. Parmi ces patients, le nombre de personnes se trouvant aux soins intensifs est demeuré stable, à 12.

La Presse canadienne


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