COVID-19: appel à la vigilance en famille et entre amis à Montréal

Négliger les règles sanitaires, c’est mettre à risque l’ensemble de la société, rappellent les autorités de santé publique.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Négliger les règles sanitaires, c’est mettre à risque l’ensemble de la société, rappellent les autorités de santé publique.

Montréal est toujours au « vert », mais risque de passer en pré-alerte jaune dès la semaine prochaine si la hausse des cas de COVID-19 observée ces jours-ci se maintient.

C’est du moins ce qu’a indiqué jeudi la directrice régionale de santé publique (DRSP) de Montréal, la Dre Mylène Drouin, en dressant le dernier bilan de la pandémie dans la métropole.

Alors que le taux de positivité au virus est en hausse dans certains quartiers, dont Saint-Léonard, Bordeaux-Cartierville, Snowdon et Parc-Extension, les cas d’infection découlant de rencontres privées en famille ou entre amis préoccupent grandement les autorités.

« Une grosse proportion des nouveaux cas provient d’activités sociales non organisées et de rassemblements privés : les fêtes, les barbecues, les sorties entre amis, les Airbnb et tout ce qui tourne autour de “ l’après-activité sportive” », a affirmé la Dre Drouin. Des cas ont aussi été associés au covoiturage pratiqué sans les mesures de protection adéquates.

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La Dre Drouin a appelé les Montréalais à « rehausser la vigilance avec les gens qu’on connaît », notamment « entre frères, entre sœurs, entre amis et collègues », lors de soupers ou d’autres rencontres privées. Car ces infections contractées lors d’activités sociales, notamment par des travailleurs de la santé ou des professeurs, sont souvent la cause de l’intrusion du virus dans les écoles ou les résidences pour aînés.

Si ces éclosions sont pour l’instant maîtrisées, la DRSP a appelé les travailleurs en contact avec le public à faire preuve de « professionnalisme » en limitant leurs activités. « On a collectivement une responsabilité sociale pour arriver à ne pas passer au jaune à Montréal », a-t-elle affirmé.

Selon la Dre Drouin, le portrait est pour l’instant au « vert » en milieu scolaire à Montréal, même si 69 cas ont été recensés dans 60 écoles différentes depuis la rentrée, provoquant la mise en isolement de 700 personnes. Ces cas n’ont généré que deux petites éclosions de faible ampleur, rapidement maîtrisées, a-t-elle affirmé. À ce jour, un seul service de garde a connu une éclosion.

La DRSP presse d’ailleurs les parents inquiets de ne pas se ruer dans les centres de dépistage si leur enfant fréquente une école où des cas ont été déclarés. « Les parents recevront un appel de la Santé publique si leur enfant est considéré comme un “contact” », a-t-elle dit. Autrement, le test n’est pas nécessaire, a ajouté la Dre Drouin, qui souhaite préserver les capacités de dépistage pour « les bonnes personnes ». En cas de contact avec un élève ou un professeur infecté, les enfants doivent s’isoler pendant 14 jours, soit durant la période d’incubation du virus. La période d’isolement est de 10 jours pour les personnes infectées, période durant laquelle elles peuvent transmettre le virus.

Approche chirurgicale

On n’a dénombré à Montréal qu’une vingtaine d’infections en milieu de travail ces derniers jours, une baisse par rapport aux semaines précédentes. Maintenant que les nouveaux cas découlent davantage de la participation à certaines activités, la DRSP dit devoir déployer une approche « plus chirurgicale » pour les dépister, notamment dans certains groupes d’âge plus affectés, comme les jeunes adultes.

La Dre Drouin a soutenu que les enquêteurs de la Direction de la santé publique de Montréal se heurtent aussi ces jours-ci à « des enjeux de collaboration » dans le suivi de certains cas. Notamment dans les quartiers où les taux de positivité grimpent, comme à Saint-Léonard, Snowdon, Bordeaux-Cartierville et Parc-Extension. Autant de secteurs abritant une forte proportion de populations démunies et issues de l’immigration. La Direction de la santé publique dit travailler activement à renforcer la communication dans ces secteurs, notamment pour mieux faire connaître ses services de dépistage.

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