Forte éclosion après une soirée de karaoké

Le bar Kirouac a annoncé lundi qu’il fermait ses portes jusqu’au 9 septembre.
Photo: Google Maps Le bar Kirouac a annoncé lundi qu’il fermait ses portes jusqu’au 9 septembre.

La soirée karaoké du bar Kirouac de Québec est à l’origine d’une quarantaine de cas de COVID-19, mais également de dix nouveaux cas hors des murs de l’établissement, dont trois dans des écoles.

« On pense qu’on a atteint un certain pic », a déclaré le directeur de la santé publique par intérim de la Capitale-Nationale, Jacques Girard. « Mais c’est sûr que ce chiffre [le nombre d’infections] va légèrement augmenter », a-t-il prévenu.

Un premier cas de COVID-19 lié au bar karaoké Kirouac, dans le quartier Saint-Sauveur de Québec, a été signalé samedi. Les tests de dépistage positifs se sont ensuite succédé, et la présence de clients du Kirouac dans au moins un autre bar de la ville a contribué à la propagation du virus.

« Il y en a un [client] en particulier, c’était la grande tournée. La grande virée des grands ducs. Il y en a un, vraiment, qui est allé partout. Il y en a d’autres [au moins trois personnes], quand le bar a fermé, ils se sont déplacés ailleurs », a-t-il ajouté.

Six écoles de la Capitale-Nationale rapportent actuellement des cas de COVID-19. Au total, trois cas sont liés à la soirée karaoké.

Une activité à risque

Devant les journalistes, le Dr Girard a affirmé que le karaoké représentait une activité « particulièrement à risque », puisqu’« on postillonne beaucoup plus loin et même plus [loin] que deux mètres ».

« Personnellement je n’irais pas dans un karaoké », a-t-il statué.

Le médecin a dit avoir discuté de ces questions avec ses collègues des autres régions et le directeur national de santé publique, Horacio Arruda. À son avis, si on n’interdit pas la pratique du karaoké, il faudra à tout le moins « être particulièrement strict sur les aménagements ». Il suggère par exemple d’installer des plexiglas entre les personnes qui chantent et l’assistance.

Le Dr Girard a aussi invité les personnes qui ont fréquenté des bars à Québec depuis le 24 août à se faire dépister « si moindrement ils ont des symptômes ». Il a aussi assuré que des inspecteurs en santé et sécurité allaient cibler les établissements de karaoké pour y mener des inspections.

Des fermetures en série

Le bar Kirouac a annoncé lundi qu’il fermait ses portes jusqu’au 9 septembre. À deux kilomètres de là, le bistro Vanier a aussi annoncé sa fermeture, de manière préventive, puisque des habitués du bar Kirouac auraient tenté d’y entrer.

En fin d’après-midi mercredi, la microbrasserie La Souche, du quartier Limoilou, a annoncé la fermeture de son établissement en raison du diagnostic positif de l’un de ses employés.

Depuis le début de la pandémie, 2116 cas de COVID-19 ont été répertoriés dans la Capitale-Nationale. Au total, 1772 personnes sont désormais considérées comme guéries.

En parallèle de l’annonce au sujet des karaokés, la santé publique de la Capitale-Nationale a d’ailleurs annoncé la fin de l’éclosion qui sévissait à l’Auberge des trois pignons. De quoi marquer la fin des 22 éclosions en milieu d’hébergement, a souligné le Dr Girard.


Une version précédente de ce texte attribuait par erreur deux citations au Dr Drouin. Elle auraient dû être attribuées au directeur de la santé publique par intérim de la Capitale-Nationale, le Dr  Jacques Girard. 

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