Le point sur les risques de la COVID-19 pour les enfants d’âge scolaire

«La capacité des enfants à transmettre l’infection dépend aussi de leurs symptômes», remarque le docteur Jesse Papenburg.
Photo: Adam Robison The Northeast Mississippi Daily Journal via Associated Press «La capacité des enfants à transmettre l’infection dépend aussi de leurs symptômes», remarque le docteur Jesse Papenburg.

Alors que la rentrée se rapproche, que savons-nous exactement aujourd’hui sur la susceptibilité des enfants d’âge scolaire à la COVID-19 et sur le risque qu’ils la transmettent ?

« Les données les plus récentes nous indiquent que les enfants de plus de 10 ans peuvent transmettre la COVID-19 autant que les adultes, d’où la recommandation faite par l’Agence de la santé publique du Canada à cette population de porter un couvre-visage », précise la pédiatre Caroline Quach-Thanh, microbiologiste-infectiologue au CHU Sainte-Justine.

Les enfants de moins de dix ans, quant à eux, semblent moins touchés par cette maladie, poursuit-elle.

« Au début de la pandémie, on a affirmé que les jeunes enfants étaient moins susceptibles de contracter l’infection. Je crois que ça demeure probablement vrai. Mais, comme les enfants ont tendance à être peu symptomatiques, voire asymptomatiques, et à souffrir d’une maladie peu sévère, il se peut aussi qu’il y ait beaucoup d’enfants infectés qui n’ont pas été détectés et qui nous ont échappé. Seules des études de séroprévalence nous en diront plus à ce sujet », ajoute le Dr Jesse Papenburg, spécialiste en microbiologie et en infectiologie pédiatrique à l’Hôpital de Montréal pour enfants.

Moins sévère

Chose certaine, « la proportion d’enfants infectés qui a besoin de se rendre à l’urgence et d’être hospitalisée est bien moindre que chez les adultes. La sévérité de la maladie est beaucoup moins grande chez les enfants. Ça n’a rien à voir avec ce qu’on observe chez les adultes », affirme-t-il. De plus, la capacité du virus SRAS-CoV-2 de s’attacher aux cellules épithéliales respiratoires des jeunes enfants semble être moins grande que chez l’adulte, parce que les récepteurs cellulaires sur lesquels le virus se fixe seraient moins nombreux chez les jeunes enfants. « Cette observation biologique renforce l’hypothèse selon laquelle les enfants sont moins susceptibles de contracter la COVID-19 que les adultes », ajoute-t-il.

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Certaines études ont montré que les enfants infectés excrètent des quantités d’ARN viral semblables, voire supérieures à celles qu’expulsent les adultes. « Il faut regarder ces études avec circonspection, car elles ont porté sur des échantillons ayant été prélevés pour des besoins cliniques, à différents moments de l’infection. Or, les complications graves de la COVID-19 apparaissent souvent chez les adultes plus tard dans le cours de la maladie que chez les enfants, alors que leur charge virale est pourtant en train de diminuer. Les adultes ont ainsi tendance à consulter plus tard que les enfants, ce qui pourrait faire en sorte qu’on leur détecte une charge virale moindre. Les enfants n’auraient donc pas une charge virale aussi grande que celle des adultes », précise-t-il.

« De toute façon, la charge virale n’est qu’un des facteurs de transmission de l’infection. La capacité des enfants à transmettre l’infection dépend aussi de leurs symptômes, fait-il remarquer. Or, on sait que les enfants présentent moins de symptômes : ils toussent et éternuent moins que les adultes. La cage thoracique des jeunes enfants est plus petite, ce qui fait qu’ils excrètent probablement moins de virus dans les gouttelettes que les adultes. »

Quelques études ont montré que près de la moitié des enfants infectés étaient asymptomatiques, relate le Dr Papenburg. La proportion d’asymptomatiques semble plus grande parmi les enfants que parmi les adultes. « Si c’est le cas, il faut s’interroger sur le rôle de la personne asymptomatique dans la transmission communautaire de la COVID-19. On soupçonne que les personnes asymptomatiques, enfants comme adultes, transmettent le virus, mais moins que les personnes symptomatiques, parce qu’elles ne toussent pas. Mais tout n’est pas très clair encore », dit-il.

« Quand on regarde les données des camps de jour, des écoles, on voit que les enfants transmettent la maladie, mais, la plupart du temps, le cas index, c’est-à-dire le premier cas à l’origine d’une éclosion, dans une école ou dans une famille, est un adulte. Il est clair que les enfants peuvent se transmettre le virus entre eux, mais la grande majorité des éclosions qui ont eu lieu étaient de petite envergure, soit deux, trois, voire quatre enfants, tout au plus », rapporte la Dre Quach-Thanh tout en affirmant que « l’avantage de permettre aux enfants de retourner à l’école est beaucoup plus grand que le risque d’éclosion ».

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