La Croix-Rouge moins sollicitée que prévu

François Legault a beau avoir martelé qu’il avait besoin de 1000 « paires de bras » pour aider les CHSLD à répondre à la pandémie encore cet été, les renforts embauchés par la Croix-Rouge pour ce faire ne sont pas tous sollicités. En fait, moins de 200 membres de la Croix-Rouge ont été déployés à ce jour.

Lorsque l’armée canadienne a confirmé qu’elle quitterait les centres de soins de longue durée du Québec à la fin de juin, le gouvernement fédéral a fait appel à la Croix-Rouge pour qu’elle prenne le relais. Le premier ministre québécois, François Legault, était alors catégorique : les 1400 soldats canadiens qui avaient prêté main-forte dans une quarantaine de CHSLD allaient devoir être remplacés par au moins 1000 nouvelles personnes.

Or, pour l’instant, seulement 160 des personnes embauchées par la Croix-Rouge ont été mobilisées sur le terrain. Une nouvelle cohorte de 75 autres sera à son tour envoyée d’ici la fin de la semaine.

Pourtant, en date de mercredi, la Croix-Rouge avait recruté environ 960 personnes pour l’aider à prêter main-forte dans les CHSLD. Et de ce nombre, 709 avaient déjà terminé leur formation et étaient prêtes à aller rejoindre les travailleurs de la santé à bout de souffle dans les centres de soins de longue durée de la province. Mais près de 500 de ces nouvelles recrues attendent toujours que la Croix-Rouge finalise son plan d’intervention dans les CHSLD où leur présence a été réclamée, ou n’ont tout simplement pas encore été appelées en renfort par les centres intégrés de santé et de services sociaux de la province (CISSS).

« C’est un mélange des deux, entre l’attente d’une assignation [de la part des CISSS] et le fait que nous, à la Croix-Rouge, on doit d’abord procéder à l’évaluation des sites qu’on nous attribue », explique la directrice des communications de l’organisme, Carole Du Sault. Car la Croix-Rouge doit être invitée dans les centres de soins de longue durée par les CISSS qui en sont responsables.

Au mois de juin, le ministère de la Santé du Québec avait averti la Croix-Rouge qu’il aurait besoin de 1000 personnes. L’organisme avait reconnu qu’il lui faudrait quelques semaines pour recruter et former ces nouveaux employés, mais il avait promis d’être en mesure d’en déployer 900 d’ici le 29 juillet. L’objectif n’a pas encore tout à fait été atteint, mais il semble en outre que la demande n’ait pas suivi sur le terrain.

Une situation maîtrisée

Le bureau du premier ministre Legault a fait valoir, mercredi, que « les besoins sont quotidiennement évalués par les CISSS et les CIUSSS ». « À l’heure actuelle, la grande majorité des milieux de vie pour personnes âgées est sous contrôle », a toutefois reconnu le porte-parole de M. Legault, Ewan Sauves, malgré les demandes intransigeantes de son patron qui réclamait de toute urgence l’aide d’au moins 1000 personnes il y a deux mois. Ce sont plutôt 160 employés de la Croix-Rouge qui ont été appelés en renfort pour l’instant.

« Le gouvernement fédéral nous a assuré que des effectifs sont disponibles et prêts à être déployés dans nos CHSLD tant que la pandémie ne sera pas résorbée dans son ensemble. C’est l’engagement que nous avons obtenu. Si la situation sur le terrain le nécessite, les CISSS et CIUSSS n’hésiteront pas à faire appel à davantage de ressources de la Croix-Rouge », a fait valoir M. Sauves au Devoir.

Pendant la crise ce printemps, lorsque la COVID-19 faisait des ravages dans les CHSLD, les soldats canadiens ont été déployés dans 47 centres de soins de longue durée de la grande région de Montréal. La Croix-Rouge est présente ces jours-ci dans 11 centres de soins de l’île de Montréal et prépare l’envoi de ses équipes dans cinq autres établissements.

Le gouvernement fédéral nous a assuré que des effectifs sont disponibles et prêts à être déployés dans nos CHSLD tant que la pandémie ne sera pas résorbée dans son ensemble.

 

Le ministère de la Santé du Québec a indiqué que le personnel de la Croix-Rouge offre un soutien à l’alimentation aux résidents de centres de soins de longue durée, il veille à leur sécurité, assure « l’organisation » et un « nettoyage léger » des lieux, et participe à leur socialisation. « Les Forces armées canadiennes avaient notamment des ressources avec une formation en santé, contrairement aux ressources déployées par la Croix-Rouge du Canada, ce qui explique le fait que les tâches effectuées soient différentes », a expliqué un porte-parole du ministère par courriel.

Avec Marie-Eve Cousineau