Des syndicats veulent des masques N95 pour tous les travailleurs de la santé

L’INSPQ recommande actuellement le port du masque N95 lors de procédures médicales générant des aérosols, comme l’intubation et l’aspiration de sécrétions chez un patient ayant une trachéotomie.
Photo: La Presse canadienne L’INSPQ recommande actuellement le port du masque N95 lors de procédures médicales générant des aérosols, comme l’intubation et l’aspiration de sécrétions chez un patient ayant une trachéotomie.

Après les syndicats de la FIQ et la FIQP, c’est au tour de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) de s’attaquer à la directive des autorités de santé publique, qui limite le port du masque N95 à des interventions bien spécifiques dans les établissements de santé.

Une dizaine de syndicats locaux de la FSSS-CSN déposent ces jours-ci une plainte à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), demandant que l’ensemble des employés du réseau de la santé portent le masque N95 afin d’être mieux protégés durant la pandémie de COVID-19.

L’INSPQ recommande actuellement le port du masque N95 lors de procédures médicales générant des aérosols, comme l’intubation et l’aspiration de sécrétions chez un patient ayant une trachéotomie. Selon l’INSPQ, le masque de procédure suffit pour la réalisation des autres interventions, puisque le SRAS-CoV-2 se transmet principalement par gouttelettes et par contact.

Dans leur plainte, les syndicats jugent « surprenant que l’INSPQ recommande, dans la quasi-totalité des situations, le port d’un masque de procédure alors qu’il y a incertitude scientifique sur le mode de transmission et qu’il existe une réelle possibilité que ça soit par aérosol. »

Il y a deux semaines, 239 scientifiques de 32 pays ont publié un article demandant à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de reconnaître le potentiel de transmission aérienne du coronavirus. À la suite de cette sortie, l’OMS a admis ce risque.

« Plus de 13 000 personnes ont été infectées dans le réseau de la santé, rappelle le président de la FSSS-CSN, Jeff Begley. Il faut regarder comment ça se fait et trouver la meilleure façon pour que ça ne se reproduise pas lors d’une possible deuxième vague. »

En cas de doute, le principe de précaution doit s’appliquer jusqu’à ce qu’il y ait consensus sur le mode de transmission du virus, dit Jeff Begley. Il invoque l’article 51 de la Loi sur la santé et sécurité du travail, qui énonce que « l’employeur doit prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé et assurer la sécurité et l’intégrité physique du travailleur ».

Jeff Begley rappelle que des travailleurs sont décédés des suites de la COVID-19 — 7 de ses membres en sont morts. « La CNESST doit prendre le leadership dans ce dossier », dit-il.

Il y a deux semaines, la FIQ et la FIQP ont demandé à la Cour supérieure d’invalider l’ordonnance du directeur national de santé publique concernant le port des équipements de protection respiratoire et oculaire.

Cette ordonnance du 8 juin dernier limite l’utilisation des masques N95, « ce qui amoindrit les mesures de protection respiratoire chez le personnel soignant au lieu de les rehausser », dénoncent les syndicats, qui représentent des infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et perfusionnistes cliniques des réseaux de santé public et privé.