Montréal arrête le dépistage en cliniques mobiles

Déployés à la fin mai pour augmenter la cadence des tests, les autobus de la STM transformés en cliniques mobiles cesseront de se promener de quartier en quartier à compter de vendredi.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Déployés à la fin mai pour augmenter la cadence des tests, les autobus de la STM transformés en cliniques mobiles cesseront de se promener de quartier en quartier à compter de vendredi.

C’est la fin des cliniques mobiles à Montréal. La direction régionale de la santé publique est en train de revoir sa stratégie de dépistage de la COVID-19, encouragée par la baisse constante du nombre de nouveaux cas sur son territoire.

Déployés à la fin mai pour augmenter la cadence des tests, les autobus de la STM — transformés en cliniques mobiles sans rendez-vous — cesseront de se promener de quartier en quartier à compter de vendredi. En un mois, ces cliniques mobiles ont permis de réaliser plus de 21 000 tests auprès de la population montréalaise.

Les centres désignés de dépistage (CDD) continueront toutefois d’offrir ce service, tandis que les cinq CIUSSS du territoire réfléchissent à un « nouveau modèle » pour cet été et dans l’optique d’une seconde vague.

« On veut à moyen terme une offre accessible, donc de proximité dans les quartiers. On veut aussi une offre qui va nous permettre d’aller rapidement dans des lieux où il y a des éclosions, mais aussi une offre qui va pouvoir augmenter sa capacité rapidement advenant une deuxième vague », a indiqué la directrice régionale de santé publique de Montréal, Mylène Drouin, en conférence de presse mardi.

Elle explique ce changement de stratégie par une nette amélioration de la situation à Montréal depuis le début du mois de juin. Dans les dernières 24 heures, seuls 40 nouveaux cas ont été enregistrés et 29 la journée précédente, soit les plus bas chiffres depuis le mois de mars. Et ce n’est sans parler du nombre d’hospitalisations et de personnes admises en soins intensifs qui diminue également jour après jour.

Dans le même temps, la popularité des cliniques mobiles a aussi connu une baisse. Si chacune des cinq unités effectuait en moyenne 115 tests quotidiennement il y a encore quelques semaines, certaines n’en ont réalisé que 30 à 40 lundi.

« Ce modèle n’était pas pérenne à long terme, on devait revoir notre offre », insiste la Dr Drouin, tout en assurant le maintien d’équipes mobiles qui seront plutôt amenées à intervenir sur des sites où surviendra une éclosion.

Préparer la deuxième vague

Advenant une deuxième vague, les autobus pourraient faire leur grand retour. « On a développé différents modèles : on a les centres de dépistage qui sont des sites fixes, il y a eu [les tentes] à la Place des Arts qui ont été un modèle de dépistage massif et les unités mobiles sous différentes formes, pas juste des autobus. […] On pourrait tous les redéployer selon la situation et même plus rapidement que la dernière fois », soutient la Dr Drouin.

 

Car ce n’est pas le temps de baisser la garde, dit-elle, alors que le déconfinement pourrait contribuer à une recrudescence du nombre de nouveaux cas, lui faisant craindre une deuxième vague. « Je n’ai pas de boule de cristal. Est-ce que ça va être des vaguelettes, une grosse vague ou une moyenne vague ? C’est sûr qu’on ne peut pas se permettre de ne pas s’y préparer ».

Et la fin des unités mobiles, ne veut pas dire qu’il faut arrêter de se faire tester, souligne la médecin, invitant les personnes ayant des symptômes ou ayant été en contact étroit avec une personne infectée à se faire dépister.

Depuis le début de la pandémie de COVID-19, 3216 personnes ont perdu la vie à Montréal, des suites de la maladie et 26 757 personnes y ont été infectées. Mardi, encore 76 CHSLD et résidences privées pour aînés de la métropole comptaient au moins un cas de COVID-19 encore actif.

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