Un bilan sous la barre des dix décès au Québec

Après plusieurs ratés, le Québec a atteint puis dépassé il y a deux semaines environ son objectif de 14 000 tests quotidiens de dépistage de la COVID-19.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Après plusieurs ratés, le Québec a atteint puis dépassé il y a deux semaines environ son objectif de 14 000 tests quotidiens de dépistage de la COVID-19.

Les chiffres sont de plus en plus encourageants au Québec. Faisant état de huit nouveaux décès dimanche, laprovince a enregistré son plus bas bilan depuis le 1er avril, tandis que le nombre de nouveaux cas se stabilise.

L’ajout de ces huit nouveaux décès porte le bilan total à 4978 morts liées à la COVID-19 au Québec, dont 3067 à Montréal. Le ministère de la Santé a également recensé dimanche 225 nouveaux cas dans les 24  heures. Depuis le début de la crise sanitaire, 52 848 personnes ont été infectées par la COVID-19, dont 18 714 se sont rétablies.

« C’est encourageant et en un sens rassurant quand on sait qu’on est en plein déconfinement à Montréal, la région la plus touchée, et qu’on arrive à faire entre 10 000 et 12 000 tests par jour. Ça donne espoir », confie la Dre Caroline Quach-Thanh, microbiologiste-infectiologue à l’Hôpital Sainte-Justine à Montréal.

Mais il ne faut pas uniquement se fier au nombre de décès pour évaluer où en est la pandémie, prévient-elle. « C’est plus difficile de se fier aux décès au jour le jour, car il y a souvent du retard et on nous le répète depuis le début. On peut avoir huit nouveaux morts déclarés dans les 24 dernières heures aujourd’hui, mais dans les trois ou quatre prochains jours, on va découvrir qu’il y en avait davantage finalement », explique la Dre Caroline Quach-Thanh.

Si les gens se déconfinent sans faire attention, sans se protéger ou protéger les autres, on pourrait avoir une seconde vague dans quelques semaines

La baisse des contaminations ainsi que celle des hospitalisations donnent un portrait plus juste de la situation, selon elle. Cela fait une semaine que le nombre de nouveaux cas reste inférieur à 300, signe d’une certaine stabilisation. De plus, le nombre de personnes hospitalisées baisse un peu plus chaque jour. Il a glissé à 972 dimanche, une baisse de 9 par rapport à la veille. Quant aux patients aux soins intensifs, on en dénombre 128, une baisse de 1.

Pour la microbiologiste-infectiologue, les deux prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si le déconfinement graduel de la grande région de Montréal aura pour conséquence de faire gonfler le nombre de cas. « Si les gens se déconfinent sans faire attention, sans se protéger ou protéger les autres, on pourrait avoir une seconde vague dans quelques semaines. J’espère que la deuxième vague va attendre l’automne. En fait, j’espère qu’on ne vivra juste pas de deuxième vague. »

Ailleurs au pays

« N’oublions pas que nous continuons de vivre avec la COVID-19 et que nous devons continuer le lavage des mains et [la distanciation] physique, a commenté pour sa part l’administratrice en chef de la santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam, sur son compte Twitter dimanche. Aux endroits où la COVID-19 est encore active, le port d’un masque non médical est recommandé lorsqu’il est difficile de maintenir un éloignement physique de 2 mètres des autres personnes. »

La Dre Tam a également présenté un bilan de la pandémie à travers le pays. À ce jour, près de 1,87 million de personnes ont passé un test de dépistage de la COVID-19 au Canada. Environ 5 % d’entre elles ont obtenu un résultat positif.

On recense au total 95 699 cas confirmés ou probables dans l’ensemble du pays et 7800 Canadiens ont perdu la vie en raison du virus.

 

L’armée pourrait être appelée à témoigner

Les membres des Forces armées canadiennes venus prêter main-forte dans des foyers de soins de longue durée pourraient témoigner dans le cadre de poursuites contre les établissements. En avril et en mai, des centaines de militaires ont été déployés dans environ 25 foyers durement touchés par la COVID-19 au Québec et en Ontario. Les troupes ont rapporté des abus et de la négligence, notamment des infestations d’insectes ou encore une alimentation agressive des résidents (jusqu’à l’étouffement). Stephen Birman et Lucy Jackson, du cabinet d’avocats Thomson Rogers, mènent un projet d’action collective de 20 millions de dollars contre Altamonte Care Community, au nom des résidents du centre torontois et de leurs familles. Selon eux, les observations des troupes pourraient être essentielles pour prouver les réclamations.

À voir en vidéo