Un examen empêche des finissants en médecine d’aider dans les CHSLD

De nombreux finissants en médecine se sont portés volontaires pour prêter main-forte dans le réseau de la santé.
Photo: Jonathan Hayward La Presse canadienne De nombreux finissants en médecine se sont portés volontaires pour prêter main-forte dans le réseau de la santé.

Des finissants en médecine ont dû renoncer à prêter main-forte en CHSLD en raison d’un examen du Conseil médical du Canada tenu en pleine pandémie de COVID-19. Une situation d’autant plus frustrante, disent-ils, que le processus d’inscription a connu une série de ratés. Certains finissants devront effectuer leur examen en pleine nuit, à 1 h ou à 3 h du matin.

« C’est inacceptable que des dizaines d’étudiants doivent effectuer leur examen durant la nuit, ditRoxanne St-Pierre-Alain, vice-présidente de la Fédération médicale étudiante du Québec (FMEQ). D’autant plus que c’est un examen qui dure huit heures. »

Une fois leurs études terminées, les finissants en médecine doivent passer un examen de synthèse de leur université, qui couvre l’ensemble de la matière apprise. Ils sont aussi obligés de se soumettre à une épreuve similaire, celle du Conseil médical du Canada (CMC). L’examen d’aptitude (partie 1) coûte 1400 $ et se tient habituellement peu de temps après celui des facultés de médecine.

« C’est un doublon, estime Samuel Villeneuve, un finissant en médecine de l’Université de Montréal, campus Mauricie. Il porte sur la même matière. » Il s’agit néanmoins d’un passage obligé, le Collège des médecins exigeant sa réussite pour l’obtention du permis de pratique.

Avec la pandémie, le CMC a d’abord reporté l’examen à une date indéterminée, puis l’a finalement remis à l’horaire du 1er juin au 20 septembre. Les finissants entament leur résidence le 1er juillet.

« On aurait pu le reporter à un contexte plus favorable ou simplement l’annuler, croit Samuel Villeneuve. Je serais allé travailler en CHSLD. » Le finissant dit devoir plutôt se consacrer à l’étude de son examen. « Ça prend trois ou quatre semaines pour se préparer », dit-il.

Roxanne St-Pierre-Alain déplore que le réseau de la santé, aux prises avec une pénurie de main-d’œuvre, ne puisse compter sur ce bassin potentiel d’employés, « bien formés avec les équipements de protection personnelle ».

« Il y a environ 900 étudiants en médecine qui doivent étudier pour cet examen de juin, alors qu’ils auraient pu offrir leurs services », dit la vice-présidente de la FMEQ, indiquant toutefois que tous ne se seraient pas nécessairement portés volontaires.

Marie-Pier Veillet, elle, a décidé de travailler à temps plein de nuit à l’urgence de l’hôpital Fleury, en dépit de son examen, fixé à la fin juin.

« La priorité est d’aller aider, dit la finissante en médecine de l’Université de Montréal, une infirmière. Je vois mes collègues à bout de souffle. Mais je me tire un peu dans le pied. »

Elle tentera d’étudier le jour. Elle aurait souhaité que le CMC reporte l’épreuve et que les étudiants soient libérés deux semaines pour étudier, sans pour autant avoir à piger dans leur banque de congés personnels.

En données



Le nombre de Québécois ayant contracté la COVID-19 a franchi la barre des 50 000 vendredi, avec l’ajout de 530 nouveaux cas — pour un total de 50 232. Le virus a aussi fait 61 nouvelles victimes, pour un total de 4363 décès. Quelque 1265 personnes sont présentement hospitalisées, une diminution de 66 par rapport à la veille.

Des examens de nuit

La firme américaine Prometric organise pour le CMC les examens, qui ont lieu cette année sur Internet (surveillés par caméra) et en personne afin de respecter la distanciation physique.

Le système a connu des ratés. Des finissants, contactés par Le Devoir, ont attendu jusqu’à neuf heures pour s’inscrire à l’examen. Selon la FMEQ, des étudiants nécessitant des accommodements se sont retrouvés avec des plages horaires de nuit pour réaliser leur épreuve, d’une durée plus longue.

Une étudiante, qui veut garder l’anonymat, devra être postée devant son ordinateur à 3 h 30. « Je devrai me lever à 3 h du matin pour déjeuner, dit-elle. On n’a pas le droit de manger durant l’examen. Je crains d’être moins performante. »

Le CMC assure que Prometric tente « d’atténuer les problèmes liés à la réservation de rendez-vous d’examen ». Le CMC ajoute que les candidats devant faire leur examen la nuit seront contactés afin de « leur rappeler qu’ils peuvent modifier la plage horaire de l’examen ». Une étudiante, qui devait effectuer son examen à 1 h, a confirmé au Devoir qu’elle venait d’obtenir un nouvel horaire de jour.

Le Collège des médecins du Québec signale que les étudiants peuvent passer cet examen à « n’importe quel moment entre la fin de la formation médicale et la fin de la résidence ».

« Il n’y a donc aucune condition qui restreint le moment de devoir passer ces examens au point de devoir les passer la nuit », écrit le Collège dans un courriel. Le Collège se dit « toutefois bien conscient » que la « très grande majorité des étudiants » voudront passer cet examen le « plus tôt possible » parce que leurs « connaissances fondamentales sont à jour » et qu’ils n’ont pas autant d’obligations que lors de leur résidence.

EN RÉSUMÉ

Québec confirme la réouverture des salons de coiffure

Fini les repousses et les mèches rebelles. À partir du 15 juin, les salons de coiffure et de barbier pourront rouvrir leurs portes dans la grande région de Montréal et dans la MRC de Joliette, a fait savoir Québec vendredi. En région, la relance débutera dès lundi prochain, le 1er juin. Les centres d’esthétique, les services de manucures et pédicures, d’épilation, de soins de la peau et les studios de tatouage et de perçage ont également reçu le feu vert de la Santé publique. Les entreprises concernées doivent toutefois suivre les consignes sanitaires en vigueur. Les patrons et les employés sont d’ailleurs invités à consulter les guides préparés par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), afin de bien se préparer au retour des clients. Le secteur des soins personnels et esthétiques regroupe environ 4000 entreprises et quelque 49 000 emplois au Québec.

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