Santé Canada autorise la poursuite des essais cliniques sur l’hydroxychloroquine

L'institution rappelle qu’elle a approuvé les différents essais cliniques sur l’hydroxychloroquine à la condition qu’«un dépistage adéquat et une surveillance étroite des participants soient mis en place».
Photo: John Locher Associated Press L'institution rappelle qu’elle a approuvé les différents essais cliniques sur l’hydroxychloroquine à la condition qu’«un dépistage adéquat et une surveillance étroite des participants soient mis en place».

Santé Canada autorise la poursuite des essais cliniques sur l’hydroxychloroquine qui se déroulent au pays, malgré les résultats négatifs qui ont été publiés dans la revue The Lancet. L’organisme réglementaire fait valoir qu’aucun cas d’arythmie cardiaque n’a été signalé à ce jour dans le cadre de ces études.

Suite à la publication des résultats d’une vaste étude indiquant que l’administration de chloroquine ou d’hydroxychloroquine seule ou en association avec l’azithromycine à des patients atteints de la COVID-19 qui étaient hospitalisés ne procurait aucun bénéfice dans le traitement de la COVID-19, et même augmentait les risques d’arythmie cardiaque et de mortalité, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a suspendu l’essai clinique SOLIDARITY qu’elle soutenait.

Santé Canada déplore le fait que les auteurs de cette étude ne spécifient pas « le type de précautions qui ont été prises lors de la prescription du médicament », et qu’ils n’ont pas « évalué l’influence de la dose du médicament » sur sa possible toxicité.

Après avoir pris connaissance de l’article du Lancet, Santé Canada a communiqué avec les responsables des différents essais cliniques (au nombre de 9) qui sont menés sur l’hydroxychloroquine au Canada, dont notamment à McGill, afin qu’ils lui fournissent la liste des cas d’arythmie cardiaque qui ont pu se présenter jusqu’à maintenant, ainsi qu’un nouveau rapport du comité de surveillance de l’innocuité, lequel comité est composé d’experts indépendants qui examinent régulièrement les données reliées à l’innocuité du traitement étudié.

En attendant ces informations et compte tenu du fait qu’aucun cas d’arythmie cardiaque n’a été signalé dans le cadre des différents essais cliniques autorisés au pays, Santé Canada ne recommande pas d’interrompre les études en cours.

Concernant le volet canadien de l’essai SOLIDARITY soutenu par l’OMS, le ministère a toutefois décidé de suspendre le recrutement de nouveaux participants jusqu’à la réception du compte rendu du comité de surveillance des données et de la sécurité.

Santé Canada affirme qu’il décidera, à la lumière des informations transmises dans les rapports des comités de surveillance sur l’innocuité, si de nouvelles mesures doivent être prises concernant les essais canadiens.

Dans la réponse qu’il a adressée au Devoir, Santé Canada rappelle qu’il a approuvé ces différents essais cliniques sur l’hydroxychloroquine à la condition qu’« un dépistage adéquat et une surveillance étroite des participants soient mis en place ». Il réitère sa recommandation de ne permettre l’accès à ce médicament que dans le cadre d’essais cliniques.

À voir en vidéo