L’OMS étudie un possible lien entre la COVID-19 et la maladie de Kawasaki chez les enfants

La maladie de Kawasaki intrigue les autorités sanitaires de plusieurs pays depuis deux semaines, alors même que les enfants ne sont que très peu atteints par les formes graves de la COVID-19.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir La maladie de Kawasaki intrigue les autorités sanitaires de plusieurs pays depuis deux semaines, alors même que les enfants ne sont que très peu atteints par les formes graves de la COVID-19.

L’OMS a indiqué vendredi étudier un possible lien entre la maladie COVID-19 et la maladie de Kawasaki, un syndrome inflammatoire touchant les enfants et dont une forme proche a fait un premier mort en France.

« Des hypothèses initiales indiquent que ce syndrome pourrait être lié à la COVID-19 […]. Nous appelons tous les cliniciens dans le monde à travailler avec leurs autorités nationales et l’OMS pour être en alerte et mieux comprendre ce syndrome chez les enfants », a déclaré le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d’une conférence de presse virtuelle à Genève.

« Il est crucial de caractériser précisément et urgemment ce syndrome clinique, pour comprendre sa causalité et décrire des protocoles de traitement », a-t-il ajouté.

L’OMS, avec son réseau mondial de cliniciens, a développé une définition préliminaire et mis à disposition des médecins un formulaire de déclaration pour tout cas suspect de Syndrome de réponse inflammatoire systémique (SRIS).

Les cas recensés dans le monde sont rares et le rôle du nouveau coronavirus dans le développement de l’infection demeure inconnu, a souligné Michael Ryan, responsable des programmes d’urgence à l’OMS.

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« Nous ne savons pas si c’est le virus qui attaque les cellules ou si c’est la réponse immunitaire » excessive qui entraîne l’inflammation, comme c’est le cas pour la fièvre Ebola, a-t-il expliqué.

La maladie intrigue les autorités sanitaires de plusieurs pays depuis deux semaines, alors même que les enfants ne sont que très peu atteints par les formes graves de la COVID-19.

Après une première alerte au Royaume-Uni fin avril, des cas similaires ont été signalés à New York, en Italie ou en Espagne. Les morts sont extrêmement rares, avec un enfant de cinq ans à New York et un adolescent de 14 ans à Londres.

Un premier cas mortel a été révélé vendredi en France.

Un garçon de neuf ans est décédé à Marseille (sud) le 8 mai de lésions cérébrales, suite à une atteinte cardiaque, a indiqué à l’AFP le professeur Fabrice Michel, chef du service de réanimation pédiatrique à l’hôpital de La Timone.

Des tests de sérologie ont montré que cet enfant « avait été en contact » avec le coronavirus, mais il n’avait pas développé les symptômes de la COVID-19.

Les symptômes du syndrome inflammatoire sont une forte fièvre, des douleurs abdominales et troubles digestifs, une éruption cutanée, une conjonctivite et la langue qui rougit, gonfle et prend un aspect de framboise. Ils sont proches de la maladie de Kawasaki, qui touche les enfants et entraîne une inflammation des vaisseaux sanguins.

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