Un premier foyer d’éclosion de coronavirus dans une garderie au Québec

12 enfants sur 27 ont contracté la COVID-19 dans une garderie d'urgence pour travailleurs essentiels à Mascouche.
Photo: iStock 12 enfants sur 27 ont contracté la COVID-19 dans une garderie d'urgence pour travailleurs essentiels à Mascouche.

Une garderie de Mascouche est devenue le premier foyer d’éclosion connu dans un service de garde du Québec. Des employés et près de la moitié des enfants de l’établissement — aujourd’hui fermé — ont contracté le virus.

Le directeur de santé publique de Lanaudière, le Dr Richard Lessard, en a fait l’annonce mercredi lors d’un point de presse virtuel. Cette situation inédite sera « investiguée à fond » afin d’en tirer les « leçons » qui s’imposent, a-t-il promis. Car selon lui, « il faut s’attendre à d’autres éclosions dans d’autres garderies ».

Au total, 12 enfants sur 27 ont contracté la COVID-19 dans ce service de garde d’urgence réservé aux travailleurs essentiels. Quatre membres du personnel ont aussi été infectés.

Un enfant pourrait être à l’origine de la propagation, a fait savoir le Dr Lessard. Pris de symptômes similaires à ceux de la maladie, il a été testé « autour du 23 avril ». Il a été déclaré positif à la COVID-19 quelques jours plus tard, le 30.

Le lendemain, la santé publique de Lanaudière a ouvert une enquête. Elle a également recommandé un dépistage pour l’ensemble des enfants et des employés de cette garderie rattachée à l’école La Mennais. Les tests ont été menés entre le 2 et le 5 mai.

« Nous avons recommandé que la garderie soit fermée pour au moins 14 jours, tant que nous n’aurons pas réussi à contrôler l’épidémie », a aussi précisé Richard Lessard. Bien que l’établissement ne soit fermé que depuis lundi, tout le monde avait déjà reçu la consigne de s’isoler à la maison, a-t-il indiqué.

Pour le moment, on ignore comment le premier enfant a contracté le virus. L’enquête de la Santé publique doit faire la lumière en remontant la chaîne de transmission des personnes contaminées. Mais il faudra encore « plusieurs jours et plusieurs personnes » pour savoir exactement ce qu’il s’est passé, a noté le Dr Lessard.

Il faut dire que le processus implique son lot de coups de fil et de recherche. Une trentaine de personnes de la Direction régionale de santé publique et du CISSS de Lanaudière y travaillent à temps plein.

Déconfinement reporté

Aux prises avec une sérieuse éclosion à Joliette, les autorités de santé publique de Lanaudière ont reporté au 18 mai mercredi la réouverture des garderies et des écoles primaires de la région.

Au cours de la dernière semaine, le nombre de cas d’infection a explosé dans la municipalité régionale de comté (MRC) de Joliette. Cette éclosion « soudaine » est désormais comparable à celles secouant les régions de L’Assomption et des Moulins, plus au sud.

Le calendrier du déconfinement graduel sera donc le même pour les trois agglomérations, a décidé le Dr Richard Lessard. Ainsi, les écoles primaires et les garderies de la région n’ouvriront pas leurs portes le 11, mais le lundi 18 mai, soit une semaine plus tard.

Selon le plus récent bilan, daté de lundi, la MRC de Joliette compte 485 personnes contaminées à la COVID-19. Il s’agit d’un taux de 697 cas par tranche de 100 000 habitants, bien au-delà de la moyenne dans Lanaudière (492). Et d’après les autorités, la situation risque fort de se détériorer au cours des prochains jours.

Du côté des MRC de L’Assomption et des Moulins, on enregistre respectivement 695 et 871 cas de contamination au virus. Pour l’ensemble de Lanaudière, il y en a 2606, dont 106 décès.

Pour en arriver à cette décision, la Santé publique a analysé la propagation du virus dans la MRC de Joliette. À partir du nombre de cas total de contamination, elle a soustrait tous ceux provenant de milieux fermés (CHSLD, résidences privées pour aînés et la prison de Joliette, entre autres) et ceux concernant des travailleurs du réseau de la santé.

Résultat ? Le nombre de cas « dans le reste de la communauté » demeure « très élevé », a tranché le Dr Lessard. Les raisons expliquant cette éclosion rapide doivent encore être éclaircies, mais Joliette est « tributaire » de ce qui se passe à Montréal et à Laval, a-t-il relevé, citant en exemple le flux de travailleurs entre ces régions.

Le directeur a en outre pressé les citoyens éprouvant des symptômes similaires à ceux de la COVID-19 d’aller se faire tester sans tarder. « Ça nous permettra de mieux comprendre la situation », a-t-il fait valoir.

La capacité de dépistage a également été bonifiée par le CISSS de Lanaudière, à près de 500 tests de plus par jour, a renchéri de son côté son président-directeur général, Daniel Castonguay. Des employés et des plages horaires ont aussi été ajoutés.

Quant au nombre de lits d'hospitalisation disponibles dans la région, la marge de manœuvre est mince, a indiqué M. Castonguay. Autant du côté du Centre hospitalier de Lanaudière, à Saint-Charles-Borromée, qu’à l’hôpital Pierre-Le Gardeur, à Terrebonne. Ce dernier, désigné pour accueillir des patients atteints de la COVID-19, doit aujourd’hui composer avec 100 lits en moins, car des chambres ont été transformées.

On dispose néanmoins d’un nombre suffisant de respirateurs artificiels, a tenu à préciser Daniel Castonguay.

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