Le port d’une visière peut-il remplacer celui d’un masque?

Photo: Cecilia Fabiano / Associated Press
Efficace, la visière couvrant le visage entier? L’Institut national de santé publique (INSPQ) a récemment préparé un avis, à l’intention des travailleurs hors du système de la santé, sur le port de la visière et de masques improvisés. On recommande actuellement aux personnes ne pouvant respecter une distance de deux mètres avec autrui dans le cadre de leur travail de porter un masque de procédure (les petits masques rectangulaires qui ne sont pas étanches) et des lunettes de protection ou une visière. Dans le cas d’un problème éventuel d’approvisionnement, les experts de l’INSPQ se sont demandé — exactement comme l’une de nos lectrices — si une visière seule pourrait faire l’affaire.

En général, les visières sont utilisées en complément à un masque. Leur format varie: certaines couvrent surtout la partie supérieure du visage, d’autres descendent jusqu’au menton et s’étendent au-delà des oreilles. Les auteurs d’une étude citée dans l’avis de l’INSPQ, datant de 2014 et concernant l’influenza, constataient que les visières réduisaient de façon considérable (96%-97%) l’exposition inhalée aux grosses particules infectieuses projetées par une personne toussant à proximité — ce qui représente une protection intéressante contre la contagion au SRAS-CoV-2. Toutefois, les petites particules, davantage volatiles, pouvaient s’infiltrer sous la visière. Dans le cas du coronavirus, la possibilité de transmission par ces aérosols de moins de cinq micromètres fait justement débat dans la communauté scientifique.

D’autres travaux de recherche, réalisés pour le contexte médical (notamment dentaire), laissent croire que la protection offerte par les visières est incomplète. «Il est difficile d’extrapoler les résultats des études évaluées au contexte d’exposition potentielle à la COVID-19 auprès de personnes asymptomatiques ou présymptomatiques dans des milieux hors du secteur de la santé», écrit l’INSPQ. En conclusion, le port de la visière seule pourrait être considéré comme «solution de tout dernier recours» si le port d’un masque de procédure et de lunettes met en danger la sécurité du travailleur (notamment à cause de la création de buée dans les lunettes) et qu’il ne porterait autrement aucun équipement de protection contre la contagion.

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