Décès d’une jeune préposée dans les Laurentides

Le décès de la jeune préposée aux bénéficiaires de 31 ans, Stéphanie Tessier, emportée lundi dernier par la COVID-19, a ébranlé ses collègues de travail, qui recevront bientôt 3000 visières pour mieux se protéger du virus, achetées à même les fonds syndicaux.

La jeune femme travaillait depuis 10 ans au CHSLD Lucien-G.-Rolland, où neuf autres employés et 10 résidents sur 80 ont contracté la COVID-19 depuis avril. La jeune préposée aux bénéficiaires est décédée deux semaines après son hospitalisation.

« Son jeune âge a bouleversé tout le monde », a confié mardi, sous le choc, Dominic Presseault, président du Syndicat des travailleurs et travailleuses des Laurentides-CSN équipe Sud.

Mardi, en début de journée, la directrice générale du CIUSSS des Laurentides, Rosemonde Landry, a imploré, dans une lettre interne envoyée aux employés, de « porter les équipements de protection de façon adéquate ». « Pour ma part, je continuerai de veiller à ce que vous ayez tout ce qu’il vous faut pour vous protéger et pour soigner les plus vulnérables », a-t-elle indiqué.

Ce commentaire a laissé plusieurs employés perplexes, car si la protection semblait adéquate au CHSLD où travaillait Stéphanie Tessier, l’accès aux équipements de protection individuelle semble toujours inégal dans certains établissements de la région.

C’est pourquoi, à la demande pressante de ses membres, le syndicat regroupant les préposés s’est entendu avec l’employeur pour faire don de 3000 visières pour le personnel. « On se fout de qui fournit l’équipement, l’important, c’est de se protéger. On ne veut pas d’autres drames ! » a souligné M. Presseault. Selon ce dernier, l’employeur se serait aussi engagé à fournir d’autres visières.

Le port des visières, combiné au masque de procédure et aux jaquettes, est la combinaison minimale jugée assez efficace pour protéger des gouttelettes contaminées.

Il y a deux semaines, des frictions étaient survenues dans un CHSLD, où un chef de service avait confisqué les visières dont les préposés s’étaient munis pour se protéger. « Mais depuis, c’est réglé », affirme M. Presseault.

« Passer la journée avec un masque de procédure, c’est légal. Est-ce que c’est normal ? Non. On continue à demander que tous ceux qui s’occupent des résidents portent des masques N95 », a-t-il ajouté, faisant écho à la Fédération de la santé et des services sociaux-CSN qui réclame le rehaussement des mesures de protection en CHSLD depuis plusieurs semaines. Compte tenu des stocks limités, le gouvernement se fonde toujours sur l’avis de l’Institut national de santé publique du Québec pour refuser l’accès au N95, jugé essentiel que lors de procédures médicales favorisant l’aérosolisation du virus.

La direction du CISSS des Laurentides a indiqué par voie de communiqué que des mesures « suffisantes » de protection et de prévention sont en place dans les CHSLD, mais qu’elle ne pouvait « éliminer entièrement le risque de transmission compte tenu du nombre de gestes humains engagés. »

Le 17 avril, une préposée aux bénéficiaires était aussi décédée de la COVID-19 au CHSLD Grace Dart dans l’est de Montréal.

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