L’Hôpital général juif permet à nouveau l’accompagnement à l’accouchement

L’Hôpital général juif de Montréal avait décidé d’interdire l’accompagnement à l’accouchement le 3 avril dernier en raison de la pandémie de coronavirus.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir L’Hôpital général juif de Montréal avait décidé d’interdire l’accompagnement à l’accouchement le 3 avril dernier en raison de la pandémie de coronavirus.

Après avoir interdit aux femmes enceintes la présence d’un proche pendant leur accouchement — une décision qui a soulevé un tollé au sein de la population —, l’Hôpital général juif de Montréal a assoupli ses règles mercredi.

« Les données épidémiologiques de la pandémie ont changé depuis notre décision du 3 avril. Ce qui nous permet de nous ajuster et de permettre à une personne accompagnante de venir assister à l’accouchement », a fait savoir mercredi la directrice des services professionnels du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal, Louise Miner.

Un accompagnateur sera autorisé dans la salle d’accouchement, mais il ne pourra être présent lors du transfert de la nouvelle maman à l’unité de soins post-partum. Il devra quitter l’hôpital après la naissance du bébé.

Celui-ci devra également se plier à des consignes sanitaires strictes et ne poser aucun risque d’infection au nouveau coronavirus. Avant d’entrer, il « fera l’objet d’un dépistage et devra répondre à un questionnaire relatif à la COVID-19 », précise une note interne consultée par Le Devoir. Le port du masque sera aussi exigé, de même qu’un confinement dans la chambre de la patiente « en tout temps ».

L’Hôpital général juif avait décidé d’exclure tout accompagnateur afin de protéger ses employés d’une éventuelle contamination. Certains avaient en effet vécu des épisodes stressants. Des femmes et leur proche ont entre autres refusé de porter un masque alors qu’ils présentaient des symptômes de rhume ou de grippe. D’autres ont circulé dans les couloirs malgré la consigne de ne pas sortir.

Rapidement, l’interdiction a soulevé un vent de panique chez bon nombre de femmes enceintes, qui craignaient que la mesure ne s’étende à d’autres hôpitaux de la province. Plus d’une cinquantaine de professeurs des facultés de droit de huit universités ont également signé une lettre pour interpeller le gouvernement et rappeler à l’ordre l’Hôpital général juif.

« Beaucoup de gens n’étaient pas d’accord et aucun autre établissement n’a adopté la même directive. Ç’a sans doute mis de la pression », avance Julie*, une médecin accoucheuse qui avait exprimé au Devoir sa vive inquiétude lors de l’entrée en vigueur de la mesure.

Mercredi, elle s’avouait « très heureuse » que la décision ait été infirmée. Plusieurs femmes ont néanmoins dû accoucher seules dans le dernier mois, mais « dans la grande majorité des cas, ça s’est très bien passé », indique Julie.

« Il y a eu beaucoup d’accouchements où la patiente avait son partenaire au téléphone ou sur FaceTime », ajoute celle qui a somme toute été « surprise » de la résilience des femmes prises en charge et de leur proche forcé de rester à la maison.

« J’ai transféré quelques patientes dans d’autres hôpitaux, surtout quand c’était le premier bébé, mais pas beaucoup », conclut Julie.

*Nom fictif

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