Un autre CHSLD, celui de Sainte-Dorothée à Laval, est visé par une action collective

On reproche au CHSLD Sainte-Dorothée et au CISSS une série de fautes, dont la maltraitance des aînés, de ne pas avoir mis en place les mesures de protection nécessaires pour leur santé et leur vie.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne On reproche au CHSLD Sainte-Dorothée et au CISSS une série de fautes, dont la maltraitance des aînés, de ne pas avoir mis en place les mesures de protection nécessaires pour leur santé et leur vie.

Après le CHSLD Herron, c’est au tour du CHSLD de Sainte-Dorothée, à Laval, d’être visé par une action collective. Au moins 56 de ses résidents sont morts depuis le début de la pandémie de la COVID-19, et les trois quarts des aînés qui y habitent ont été contaminés, y est-il allégué.

Le Centre hospitalier de soins de longue durée (CHSLD) est nommé dans l’action de plus de 10 millions $, tout comme le CISSS de Laval.

Toute action collective au Québec doit d’abord recevoir le feu vert d’un juge avant de pouvoir aller de l’avant.

Si c’est le cas, l’action sera intentée au bénéfice de ceux qui habitaient dans ce CHSLD à partir du 13 mars, ainsi que leurs proches, aidants naturels, enfants, petits-enfants et héritiers.

On reproche au CHSLD et au CISSS plusieurs fautes et une grossière négligence dans leur gestion de la pandémie.

La procédure rédigée par le cabinet d’avocats Ménard Martin fait état de maltraitance, d’absence de mesures de protection nécessaires pour éviter que les aînés ne soient contaminés, ainsi que d’avoir obligé des employés présentant des symptômes à travailler, augmentant le risque d’infecter les résidents.

Celui qui propose d’être le représentant du groupe de résidents et de leurs proches est Jean-Pierre Daubois.

Sa mère, Anna José Maquet, habitait au CHSLD de Sainte-Dorothée depuis 2014 et y est morte le 3 avril 2020 à l’âge de 94 ans.

Dans la poursuite, il est allégué que la situation a commencé à se détériorer le 22 mars.

Ce jour-là, deux employés présentant des symptômes compatibles avec la COVID-19 se seraient fait refuser une demande d’arrêt de travail. Ils ont donc continué à travailler, circulant de chambre en chambre et étant ainsi en contact avec de nombreux résidents et employés.

Pourtant, dès le 16 mars, une directive avait été donnée aux établissements de retirer les employés présentant des symptômes, souligne la procédure.

Puis, le 26 mars, un premier résident est déclaré infecté.

Malgré cela, le CHSLD et le CISSS « omettent fautivement et négligemment de mettre en application le protocole d’isolement conformément aux directives du ministère de la Santé et des Services sociaux, de placer en isolement les employés ayant eu des contacts avec le patient positif et de fournir aux employés des équipements de protection », est-il allégué.

Lorsqu’une « zone rouge » est créée dans le CHSLD pour les patients infectés, la direction y envoie aussi des résidents en attente de leurs de tests de dépistage, et des préposés circulent d’un secteur à l’autre de cette zone, sans prendre de précautions.

De plus, malgré l’éclosion au sein du CHSLD Sainte-Dorothée, le CISSS de Laval continue d’y transférer de nouveaux patients en provenance des milieux hospitaliers.

Il n’a pas non plus envoyé au CHSLD son équipement inutilisé qui aurait pu aider à soigner les résidents, est-il reproché.

« Ces manquements sont la cause directe et probable de l’ampleur, de la durée et de la gravité de l’éclosion de COVID-19 survenue au CHSLD Sainte-Dorothée à partir de mars 2020 », est-il allégué.

Le 16 avril 2020, le CHSLD Sainte-Dorothée compte 150 cas chez les résidents, soit 78 % du nombre total de résidents, et 56 décès, en plus de 79 cas de contamination chez les employés, est-il indiqué.

Pourtant, le jour même où ce constat est dressé, une infirmière symptomatique en attente du résultat d’un test de COVID-19 aurait été contrainte de compléter son quart de travail. Elle a appris en soirée que le résultat de son test est positif.

« Devant l’ampleur de l’éclosion, le CHSLD est aux prises avec une importante pénurie de personnel donnant lieu à une situation de négligence et de maltraitance systémique envers les résidents », peut-on lire dans le document de cour.

Il est réclamé notamment 20 000 $ par résident, en plus de 30 000 $ pour chacun d’entre eux ayant été infectés. Pour ceux qui sont décédés de la COVID-19, une somme de 100 000 $ est entre autres réclamée au nom du conjoint survivant.

Des dommages punitifs d’un million $ sont demandés.

Il est impossible de calculer le montant total réclamé dans cette action puisque des sommes sont aussi exigées pour les conjoints, enfants, petits-enfants et aidants naturels, alors que le nombre de ces proches est inconnu pour le moment.