Plus de troubles de stress post-traumatique à cause du coronavirus

Selon les premiers résultats de l’étude, les gens qui craignent de contracter la COVID-19 ou ont peur que leur famille soit infectée rapportent davantage de symptômes de trouble de stress post-traumatique.
Photo: IStock Selon les premiers résultats de l’étude, les gens qui craignent de contracter la COVID-19 ou ont peur que leur famille soit infectée rapportent davantage de symptômes de trouble de stress post-traumatique.

Des Canadiens sont traumatisés par la pandémie de la COVID-19. Plus du quart des adultes au pays présentent des symptômes de trouble de stress post-traumatique, selon les premiers résultats d’une étude-pilote menée au Canada.

Quelque 600 Canadiens, dont 300 Québécois, ont été interrogés entre le 8 et le 11 avril par des chercheurs canadiens. « 26 % d’entre eux sont potentiellement affectés par un trouble de stress post-traumatique, dit la Dre Mélissa Généreux, professeure à l’Université de Sherbrooke, qui dirige l’étude. C’est beaucoup. » En temps normal, 5 à 10 % de la population développe un trouble de stress post-traumatique au cours de sa vie, indique-t-elle.

Diverses raisons peuvent expliquer l’état psychologique de cette part de la population. Selon les premiers résultats de l’étude, les gens qui craignent de contracter la COVID-19 ou ont peur que leur famille soit infectée rapportent davantage de symptômes de trouble de stress post-traumatique (ex. : cauchemars en lien avec la pandémie, pensées envahissantes, faire de l’évitement, être constamment sur ses gardes, etc.).

Même tendance chez ceux qui disent avoir été stigmatisés depuis le début de la crise, en raison de leur origine ethnique (Chine, notamment), de leur métier (professionnels de la santé, donc potentiellement infectés) ou d’une contamination dans leur entourage.

« On posait l’hypothèse que l’isolement obligatoire ou volontaire ainsi que la perte financière aurait un impact, ajoute la Dre Mélissa Généreux. Au bout du compte, non. Pas pour le moment. » Rappelons que l’étude-pilote a été menée il y a près de deux semaines. « Peut-être qu’il y aura un impact quand l’isolement va avoir duré plus longtemps », remarque-t-elle.

Différence notable : les Canadiens sont davantage affectés par un trouble de stress post-traumatique probable que les Québécois, d’après l’enquête. Au Québec, 19 % des personnes interrogées ont fait état de symptômes, contre 28 % ailleurs au Canada, indique Dre Mélissa Généreux.

« Selon notre étude, les Québécois ont plus confiance dans leurs autorités que le reste des Canadiens, souligne la Dre Mélissa Généreux. C’est ce qui pourrait expliquer cet écart. » L’attitude de « bon père de famille » du gouvernement Legault a rassuré les gens, constate-t-elle. Du moins jusqu’au 11 avril.

Au cours des prochaines semaines, la professeure de l’Université de Sherbrooke pilotera une enquête internationale sur le même sujet, avec des partenaires à Hong Kong, en Nouvelle-Zélande, aux Philippines, au Royaume-Uni et aux États-Unis. Quelque 6500 personnes, dont 1500 Canadiens, seront sondées.